Catéchisme

8 Les sacrements

Les sacrements sont des grâces divines fondamentales, des actes saints accomplis à l´égard de l´homme, pour qu´il accède au salut, qu´il soit admis dans la communion de vie avec Dieu et qu´il y demeure. La réception des trois sacrements crée la possibilité de l´union avec le Seigneur lors de son retour.

Le salut sacramentel est fondé sur l´incarnation, la mort sacrificatoire et la résurrection de Jésus-Christ ainsi que sur l´envoi et l´activité du Saint-Esprit.

La notion de sacrement n´apparaît pas dans le Nouveau Testament. Le terme de « mysterion », rendu, dans certaines anciennes traductions latines de la Bible, par « sacramentum » n´a, au départ, aucun rapport avec les actes qui, par la suite, seront appelés des sacrements. Dans l´Antiquité, le terme de « mysterion » désigne une chose secrète, accessible seulement à des initiés.

Pour les Romains, « sacramentum » est notamment synonyme de « serment de fidélité au drapeau », « consécration » et « caution ». Au cours des IIe et IIIe siècles, les termes de « mysterion » et « sacramentum » sont utilisés pour décrire des actes rituels. C´est ainsi que Tertullien (160-220 ap. J.-C.), par exemple, établit un lien entre le serment militaire et, non pas l´acte baptismal, mais le vœu baptismal et la profession de foi qui en font partie. C´est Augustin d´Hippone (354-430 ap. J.-C.), docteur de l´Église, qui, vers la fin de l´Antiquité, apporte la contribution majeure à la conception d´un sacrement : Le sacrement est l´association d´un élément visible avec une parole qui renvoie à la réalité qui se cache derrière elle.

Le sacrement est valablement constitué par la présence de quatre éléments liés les uns aux autres :

  • le signesignum » / « materia »), c´est-à-dire le rite ou l´élément visible,

  • la réalitéres » / « forma »), la présence du salut,

  • le dispensateur (celui qui administre le sacrement),

  • la foi (de la personne qui reçoit le sacrement), afin que le sacrement soit reçu en vue du salut.

La validité des sacrements ne dépend pas de leur interprétation ou de la conception qu´on en a, mais uniquement de la réunion de ces quatre éléments. Le signe (signum) et la réalité (res) sont associés l´un à l´autre par le verbe (verbum), c´est-à-dire la parole d´institution ou de consécration prononcée par le dispensateur.

Comme il ne s´agit pas d´un processus magique, pour ainsi dire automatique, la foi de la personne qui reçoit le sacrement est la condition nécessaire au déploiement de l´efficacité salvifique du sacrement. Pour autant, l´incrédulité n´annule pas le sacrement, car le bénéficiaire incrédule ne peut pas abolir ce que Dieu fait.

La véritable administration des sacrements incombe aux apôtres. Christ leur a donné mandat de rendre les sacrements accessibles d´une manière appropriée. Même si tous ne sont pas dispensés par eux ou par les ministres mandatés par eux, les sacrements ne s´inscrivent pas moins dans un contexte apostolique.

Il existe trois sacrements (1 Jn 5 : 6-8) : le saint baptême d´eau, le saint-scellé et la sainte cène. Tous trois sont institués par Jésus-Christ [15].

Le saint baptême d´eau place l´homme dans une première sphère de proximité avec Dieu, faisant de lui un chrétien, membre de l´Église par sa foi et sa profession de foi en Christ (cf. 8.1). Par le saint-scellé, Dieu offre au baptisé le don du Saint-Esprit. Ensemble, ces deux sacrements constituent la régénération d´eau et d´Esprit. Par elle, l´homme obtient la filiation divine et est appelé à faire partie de la cohorte des prémices lors du retour de Christ (cf. 8.3). La sainte cène garde ceux qui sont régénérés dans l´étroite communion de vie avec Jésus-Christ. A cette fin, ils doivent recevoir régulièrement ce sacrement dans un cœur croyant.

Les sacrements sont aussi dispensés aux enfants (Mt 19 : 14).

EN BREF Retour en haut de page

Les sacrements sont des grâces fondamentales de Dieu. (8)

Le salut sacramentel est fondé sur l´incarnation, la mort sacrificatoire et la résurrection de Jésus-Christ ainsi que sur l´envoi et l´activité du Saint-Esprit. La véritable administration des sacrements incombe aux apôtres envoyés par Jésus-Christ. (8)

Le sacrement est constitué par l´association d´un élément visible avec une parole qui renvoie à la réalité qui se cache derrière elle. (8)

Le sacrement est constitué par quatre éléments liés les uns aux autres : le signe, la réalité, le dispensateur et la foi. (8)

La foi est la condition nécessaire au déploiement de l´efficacité salvifique du sacrement. (8)

Jésus-Christ a institué trois sacrements : le saint baptême d´eau, le saint-scellé et la sainte cène. (8)

[15] Cf. Mt 28 : 19-20 ; Jn 3 : 5 ; Lu 22 : 19-20 ; Jn 6 : 53-58 ; 1 Co 11 : 23-26 ; pour la distinction entre le saint baptême d´eau et le saint-scellé : cf. Ac 8 : 14-17 ; 19 : 1-6.

8.1 Le saint baptême d´eau Retour en haut de page

Le saint baptême d´eau est la première grâce fondamentale accordée par la Trinité divine à l´homme qui croit en Jésus-Christ. Le baptême lave l´homme du péché originel ; le croyant est conduit hors de son éloignement d´avec Dieu, mais, pour autant, sa propension au péché (concupiscence) subsiste.

Par le saint baptême d´eau, le baptisé a part au mérite acquis par Jésus-Christ pour les hommes au moyen de sa mort sacrificatoire. C´est ainsi que l´homme parvient dans une première sphère de proximité avec Dieu : il devient chrétien. Par -même, il est intégré dans l´Église, c´est-à-dire dans la communauté de ceux qui croient en Jésus-Christ et le professent comme étant leur Seigneur.

En toute cohérence, l´article 6 de la confession de foi dit ceci :

« Je crois que le saint baptême d´eau constitue le premier pas vers le renouvellement de l´être humain dans le Saint-Esprit, et que, par cet acte, le baptisé est admis dans la communauté de ceux qui croient en Jésus-Christ et le professent comme étant leur Seigneur. »

8.1.1 La dénomination du sacrement Retour en haut de page

Le terme de « baptême » vient du grec « baptizein » qui signifie : « immerger ». Au temps des premiers chrétiens, on pratiquait sans doute avant tout le baptême par immersion.

8.1.2 Le fondement biblique du saint baptême d´eau Retour en haut de page

Les ablutions rituelles prescrites dans divers passages de la loi mosaïque peuvent être considérées comme des préfigurations du baptême. Elles opéraient la purification cultuelle de ceux qui, en raison de leur état physique, passaient pour impurs. Ces ablutions n´avaient cependant pas valeur de conclusion d´alliance.

8.1.2.1 Indications vétérotestamentaires au sujet du saint baptême d´eau Retour en haut de page

Comme pour les autres sacrements, l´Ancien Testament fournit aussi des indications au sujet du saint baptême d´eau.

Le sauvetage de Noé et des siens dans l´arche est considéré, en I Pierre 3 : 20-21 comme une « figure du baptême », une allusion au salut à venir. De même, la tradition chrétienne voit, dans le passage de la mer Rouge par les Hébreux, c´est-à-dire leur délivrance de la captivité égyptienne, une indication au sujet de l´affranchissement opéré par le baptême d´eau.

La loi mosaïque fait une distinction très stricte entre ce qui est « pur » et ce qui est « impur ». L´eau est un des moyens servant à opérer la pureté cultuelle. Les gens considérés comme étant cultuellement impurs devaient pratiquer des ablutions ( 13-15).

Le passage en Ézéchiel 16 : 9 fait état d´une ablution et d´une onction avec de l´huile, par lesquelles Jérusalem a été intégrée dans une alliance en vue du salut. Cela peut se comprendre comme étant une indication au sujet du saint baptême d´eau et du saint-scellé.

De la même manière, on peut aussi voir un lien entre l´histoire de Naaman, le général araméen, et le baptême : Sur l´ordre du prophète Élisée, ce lépreux s´est immergé à sept reprises dans les eaux du Jourdain, et il a été guéri de sa maladie (2 R 5 : 1-14). On peut y voir le symbole du lavement du péché originel, opéré par le baptême.

8.1.2.2 Le saint baptême d´eau dans le Nouveau Testament Retour en haut de page

Dans le Nouveau Testament, le terme de « baptême » recouvre souvent un baptême en deux actes, celui d´eau et celui du Saint-Esprit (Ac 8 : 14 sqq. ; 10 : 47 ; 19 : 1-6 ; Tit 3 : 5). Le saint baptême d´eau et le saint baptême de l´Esprit sont ainsi liés l´un à l´autre.

Jésus-Christ s´est soumis au baptême par Jean-Baptiste pour montrer comment obtenir la justice valable devant Dieu (Mt 3 : 15). Ainsi le baptême de repentance administré par Jean-Baptiste débouche-t-il sur le saint baptême d´eau. Le Fils de Dieu s´est humilié lui-même, se rendant l´égal du pécheur (Ph 2 : 7) ; ce faisant, Jésus-Christ a donné un exemple à l´homme empêtré dans le péché.

En même temps, le baptême de Jésus a révélé qui il est, savoir le Fils de Dieu. Le Dieu trine, Père, Fils et Saint-Esprit, est présent : le mystère de la Trinité commence à se dévoiler. La filiation divine de Jésus est annoncée (Mt 3 : 17 ; Mc 1 : 10-11).

Jésus-Christ a aussi qualifié sa mort sacrificatoire de « baptême » ; le sacrifice de la croix et le saint baptême d´eau sont liés l´un à l´autre (Lu 12 : 50).

L´ordre de mission, donné par le Ressuscité, met en évidence que l´acte du baptême, sous la forme des baptêmes d´eau et d´Esprit, fait partie des tâches dévolues aux apôtres : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28 : 19). Le baptême est donc une initiative de la Trinité divine ; il n´est pas œuvre de l´homme, mais agir salvifique de Dieu à l´égard de l´homme.

Après le discours de la Pentecôte, les apôtres ont lancé l´appel suivant à l´adresse de ceux qui étaient parvenus à la foi : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, à cause du pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Ac 2 : 38). C´est de cette manière que les croyants ont été intégrés à l´Église (Actes 2 : 41).

8.1.3 La nécessité du saint baptême d´eau en vue du salut Retour en haut de page

Le saint baptême d´eau est indispensable en vue de l´obtention du salut. Il constitue le premier pas sur la voie qui mène à la rédemption complète. Le saint baptême d´eau ouvre par conséquent la voie qui mène à la communion éternelle avec la Trinité divine.

8.1.3.1 Le saint baptême d´eau, acte de Dieu Retour en haut de page

Le saint baptême d´eau n´est pas un acte parabolique ou symbolique, mais un acte de sollicitude véritable, accompli par Dieu. Il modifie fondamentalement le rapport de l´homme à Dieu. L´efficacité du saint baptême d´eau affecte l´être humain dans toute sa dimension.

EN BREF Retour en haut de page

Le saint baptême d´eau est la première grâce fondamentale accordée par la Trinité divine à l´homme qui croit en Jésus-Christ. (8.1)

Par le saint baptême d´eau, le baptisé parvient dans une première sphère de proximité avec Dieu : il devient chrétien et, par -même, il est intégré dans l´Église. (8.1)

Dans le Nouveau Testament, le terme de « baptême » recouvre souvent un baptême en deux actes, celui d´eau et celui du Saint-Esprit. Le saint baptême d´eau et le saint baptême de l´Esprit sont ainsi liés l´un à l´autre. (8.1.2.2)

Jésus-Christ s´est soumis au baptême par Jean-Baptiste pour montrer comment obtenir la justice valable devant Dieu. (8.1.2.2)

L´ordre de mission, donné par le Ressuscité, met en évidence que l´acte du baptême, sous la forme des baptêmes d´eau et d´Esprit, fait partie des tâches dévolues aux apôtres. Le baptême est agir salvifique de Dieu à l´égard de l´homme. (8.1.2.2)

Le saint baptême d´eau est indispensable en vue du salut. (8.1.3)

Le saint baptême d´eau n´est pas un acte parabolique ou symbolique, mais un acte de sollicitude véritable, accompli par Dieu. Il modifie fondamentalement le rapport de l´homme à Dieu. (8.1.3.1)

8.1.3.2 L´affranchissement du péché originel Retour en haut de page

Le « péché originel [16] » est l´état de séparation de l´homme d´avec Dieu, c´est-à-dire l´éloignement de Dieu à la chute dans le péché. À cause de sa désobéissance, l´homme est privé de la communion durable et immédiate avec son Créateur.

Depuis la chute dans le péché, le péché et l´éloignement de Dieu pèsent sur tous les hommes ; telle est leur condition foncière (Genèse 3 : 23-24 ; Ps 51 : 7 ; Ro 5 : 18-19). Cela signifie que tout homme est pécheur dès le début de son existence, avant même d´avoir conçu la moindre pensée et commis le moindre acte, en l´absence donc de tout péché individuel qui lui serait imputable. Le péché originel est effacé par le baptême. L´image de l´effacement (du lavement) exprime le fait que Dieu abolit l´état durable de séparation et d´éloignement de lui. Il offre à l´être humain d´entrer dans une première sphère de proximité avec lui ainsi que la possibilité d´être en communion avec lui. Cependant, la propension de l´homme au péché, qui est une autre conséquence de la chute dans le péché, demeure malgré le baptême.

EN BREF Retour en haut de page

Le « péché originel » est l´état de séparation de l´homme d´avec Dieu, c´est-à-dire l´éloignement de Dieu à la chute dans le péché. Depuis cette chute dans le péché, le péché et l´éloignement de Dieu pèsent sur tous les hommes ; telle est leur condition foncière. (8.1.3.2)

Le péché originel est effacé par le baptême qui met ainsi fin à l´éloignement du croyant d´avec Dieu. Cependant, sa propension au péché (concupiscence) demeure. (8.1.3.2)

[16] La doctrine du péché originel a été formulée pour la première fois par (Saint-) Augustin sur la base du témoignage biblique. Le péché originel remonte au premier péché commis par Adam et Ève. Le point de départ biblique de la doctrine du péché originel est constitué par les passages en Psaumes 51 : 7 et Romains 5 : 12.

8.1.4 L´administration du saint baptême d´eau en bonne et due forme Retour en haut de page

Les éléments des trois sacrements sont prescrits par Dieu. Les deux éléments fondamentaux du saint baptême d´eau sont l´eau et la parole, dans la formule trinitaire : « [...], je te baptise au nom de Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. » Dispensé de cette manière, le saint baptême d´eau peut déployer son efficacité à l´égard du croyant.

L´eau, signe extérieur de la purification intérieure, doit être sanctifiée par la parole de consécration, pour être élevée du règne du profane dans celui du sacré. C´est pour cette raison qu´elle est consacrée avant l´acte baptismal au nom de la Trinité divine. Celui qui dispense le baptême asperge à trois reprises le front du candidat au baptême de cette eau consacrée, en y dessinant une croix, et le baptise, en lui imposant la main, au nom de Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le signe de croix symbolise le salut en Christ et la rédemption opérée par sa mort sacrificatoire ; le triple dessin de la croix sur le front du baptisé renvoie à la Trinité divine.

8.1.5 Conditions à remplir pour recevoir le saint baptême d´eau Retour en haut de page

Tout homme peut recevoir le saint baptême d´eau ; dans l´Église néo-apostolique, il est dispensé aux adultes et aux enfants par un apôtre ou un ministre sacerdotal. La condition préalable à sa réception est la profession de foi, par le candidat, en Jésus-Christ et en son Evangile.

Pour ce qui concerne le baptême d´enfants, les parents ou les personnes en charge de l´éducation religieuse de l´enfant sont tenus de professer leur foi en Jésus-Christ et de promettre de donner à l´enfant baptisé une éducation conforme à l´Evangile. La pratique du baptême des enfants se fonde sur la connaissance que les bénédictions de Dieu doivent aussi être rendues accessibles aux enfants, car eux aussi ont besoin de la grâce du Seigneur, et c´est à eux qu´est le royaume des cieux (Mc 10 : 14).

EN BREF Retour en haut de page

Les deux éléments fondamentaux du saint baptême d´eau sont l´eau et la parole, dans la formule trinitaire. L´eau est consacrée au nom de la Trinité divine, puis, avec cette eau, celui qui dispense le baptême dessine, à trois reprises, la croix sur le front du candidat au baptême et le baptise au nom de Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. (8.1.4)

Tout homme peut recevoir le saint baptême d´eau ; la condition préalable en est sa profession de foi en Jésus-Christ et en son Evangile. (8.1.5)

Pour ce qui concerne le baptême d´enfants, les parents ou les personnes en charge de l´éducation religieuse de l´enfant sont tenus de professer leur foi en Jésus-Christ et de promettre de donner à l´enfant baptisé une éducation conforme à l´Evangile. (8.1.5)

8.1.6 Les effets du saint baptême d´eau Retour en haut de page

L´homme qui croit en Jésus-Christ et le professe est intégré à l´Église de Christ par le saint baptême d´eau et est ainsi en communion avec Jésus-Christ. Le saint baptême d´eau administré au nom de la Trinité divine unit les chrétiens entre eux.

À l´instar de la circoncision sous l´Ancienne Alliance, le saint baptême d´eau est un signe d´alliance. Par lui, l´homme est inclus dans la Nouvelle Alliance et peut à présent recevoir les autres signes de cette alliance : le baptisé a accès au saint-scellé. Celui qui est baptisé dans l´Église néo-apostolique est habilité à recevoir durablement la sainte cène.

Le baptisé participe de la mort de Jésus-Christ et de sa vie nouvelle. Spirituellement, il suit activement ce que Christ a enduré. Comme Christ est mort à la croix pour les péchés des hommes, l´homme doit « mourir au péché », en y renonçant. Le baptême inclut le croyant dans l´acte rédempteur de Christ au point que la mort de Christ à Golgotha devient aussi la « mort » du baptisé : c´est la fin de sa vie dans l´éloignement d´avec Dieu, le début de sa vie en Christ. Le baptême lui procure les forces de mener le combat contre le péché (Ro 6 : 3-8 ; Col 2 : 12-13).

Le baptême est l´acte qui consiste à « revêtir Christ » ; c´est le premier pas vers le renouvellement de l´homme intérieur : « Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ » (Ga 3 : 27). Cette image illustre le renoncement à la conduite antérieure et l´adhésion aux vertus de Christ. Elle décrit ce qu´exprime la notion de repentance : Se repentir, c´est se détourner de l´ancienne nature pour se tourner vers le Seigneur. Il s´agit donc de mener sa vie conformément à la volonté de Dieu. Le baptisé promet de mener sa vie sous la domination de Christ.

8.1.7 Le saint baptême d´eau et la foi Retour en haut de page

Le saint baptême d´eau est dispensé, comme tous les autres sacrements, sur la foi. Le sacrement et la foi vont de pair : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » (Mc 16 : 16). La foi est non seulement la condition qui préside à la réception du sacrement, mais encore la réponse de l´homme à l´agir de Dieu.

L´incrédulité, à laquelle le baptisé peut céder, n´est pas à même d´invalider le saint baptême. Le baptême valablement dispensé n´est pas réitéré.

8.1.8 Le saint baptême d´eau et le saint-scellé Retour en haut de page

Bien que liés l´un à l´autre, le saint baptême d´eau et le saint-scellé n´en sont pas moins deux sacrements distincts. Le livre des Actes des Apôtres rapporte que le saint baptême d´eau et le baptême du Saint-Esprit étaient administrés sous la forme de deux actes distincts (Ac 2 : 38-39 ; 8 : 12-17 ; 10 : 44-48 ; 19 : 5-6).

La réception de ces deux sacrements que sont le saint baptême d´eau et le saint-scellé opère la régénération d´eau et d´Esprit (Jn 3 : 5).

8.1.9 Le saint baptême d´eau et l´imitation de Christ Retour en haut de page

Lors du saint baptême d´eau, le croyant promet de s´efforcer sincèrement de fuir le péché et de mener sa vie dans l´imitation de Jésus-Christ. L´imitation, à laquelle le baptisé est appelé, consiste à mener sa vie en prenant exemple sur celle de Jésus-Christ et à faire sienne la nature de celui-ci, conformément aux paroles : « Si quelqu´un veut venir après moi, qu´il renonce à lui-même, qu´il se charge de sa croix, et qu´il me suive » (Mt 16 : 24).

8.1.10 Le saint baptême d´eau et l´apostolat Retour en haut de page

En Matthieu 28 : 18-20, le Ressuscité donne à ses apôtres l´ordre de baptiser. L´administration des sacrements est indissociable de l´apostolat. Si, selon l´Écriture, le saint-scellé a été dispensé par des apôtres seulement, il existe plusieurs preuves qui montrent que le saint baptême d´eau, lui, n´a pas été dispensé exclusivement par des apôtres (notamment Ac 8 : 38). Au sein de l´Église néo-apostolique, le pouvoir de baptiser d´eau est aussi dévolu aux ministres sacerdotaux.

Toutefois, le saint baptême d´eau dispensé par des apôtres et les serviteurs ordonnés par eux n´est pas le seul baptême valable : Puisqu´il est confié à l´Église tout entière, le saint baptême d´eau dispensé en bonne et due forme dans d´autres Églises a aussi toute sa validité (cf. 6.4.4).

EN BREF Retour en haut de page

Le saint baptême d´eau administré au nom de la Trinité divine unit les chrétiens entre eux. (8.1.6)

Le saint baptême d´eau est un signe d´alliance. Par lui, l´homme est inclus dans la Nouvelle Alliance. Le saint baptême d´eau est le premier pas vers le renouvellement de l´homme intérieur. Le baptisé participe de la mort de Jésus-Christ et de sa vie nouvelle. (8.1.6)

Le baptême valablement dispensé n´est pas réitéré. (8.1.7)

Le saint baptême d´eau et le saint-scellé sont deux sacrements distincts, liés l´un à l´autre. Leur réception opère la régénération d´eau et d´Esprit. (8.1.8)

Le Ressuscité a donné à ses apôtres l´ordre de baptiser. Dans l´Église néo-apostolique, les apôtres ont conféré le pouvoir de baptiser aux ministres sacerdotaux aussi. (8.1.10)

Puisqu´il est confié à l´Église tout entière, le saint baptême d´eau dispensé en bonne et due forme dans d´autres Églises a aussi toute sa validité. (8.1.10)

8.2 La sainte cène Retour en haut de page

L´article 7 de la confession de foi néo-apostolique dit ceci : « Je crois que la sainte cène a été instituée par le Seigneur Jésus-Christ lui-même, en mémoire de son sacrifice unique et pleinement valable, de ses souffrances amères et de sa mort. La digne réception de la sainte cène nous garantit la communion de vie avec Jésus-Christ, notre Seigneur. La sainte cène est célébrée avec du pain sans levain et du vin qui, tous deux, doivent être consacrés et dispensés par un ministre de l´Église mandaté par l´apôtre. »

La sainte cène est celui des trois sacrements qui est régulièrement rendu accessible et dispensé à l´homme. La doctrine et la raison sont impuissantes à expliquer de manière exhaustive la teneur et l´importance de la sainte cène qui est en étroit rapport avec le mystère de la Personne de Jésus-Christ.

Dans la sainte cène, la réalité de Dieu et sa sollicitude envers l´homme sont expérimentables sans intermédiaire. La sainte cène est l´acte essentiel du service divin. Elle occupe aussi une position importante dans la conscience et la vie du croyant.

8.2.1 Les dénominations du sacrement Retour en haut de page

Il existe différentes dénominations pour le sacrement du corps et du sang de Christ, qui en soulignent divers aspects.

  • La dénomination : « sainte cène » renvoie à l´institution du sacrement par Jésus-Christ dans le cercle de ses apôtres, la veille de sa crucifixion.

  • « Eucharistie » vint du grec : « eucharistein » qui signifie « action de grâces ». Jésus-Christ a rendu grâces à Dieu lors de l´institution de la sainte cène (Lu : 22 : 19). L´action de grâces inhérente à la sainte cène appelle le croyant à une reconnaissance globale, plus spécialement pour le sacrifice et le mérite de Jésus-Christ, mais aussi pour la rédemption et la sanctification.

  • Le « repas du Seigneur » est une dénomination de la sainte cène qui renvoie au fait que Jésus est Seigneur (cf. 3.4.6.2), qu´il a institué ce repas en tant que tel et que c´est lui qui invite à sa célébration.

  • La « fraction du pain » renvoie à la Pâque, ce repas que Jésus prenait lors de l´institution de la Cène (Mt 26 : 26). La fraction du pain était un geste caractéristique de Jésus, comme le montre le fait que c´est à ce geste précisément que les disciples d´Emmaüs ont reconnu le Ressuscité (Lu 24 : 13-31). Les premiers chrétiens désignaient par « fraction du pain » le repas qu´ils prenaient ensemble et qui exprimait leur unité et leur communion (Ac 2 : 42.46).

8.2.2 Indications vétérotestamentaires au sujet de la sainte cène Retour en haut de page

Dans l´Ancien Testament, il y a non seulement beaucoup de passages qui renvoient au Fils de Dieu, à ses souffrances et à son sacrifice, mais on y trouve aussi nombre d´événements ayant un rapport certain avec la sainte cène. Rétrospectivement, on peut les concevoir comme étant des indications au sujet du sacrement institué par Jésus-Christ. Ils montrent à quel point l´Ancienne et la Nouvelle Alliance sont liées l´une à l´autre.

Le passage en Genèse 14 : 18-20 décrit la rencontre d´Abraham avec Melchisédek, qui était roi et sacrificateur : Melchisédek, en qui l´épître aux Hébreux voit une préfiguration de Jésus-Christ, bénit Abraham et lui apporte notamment du pain et du vin (verset 18). Le pain et le vin