Catéchisme

6 L´Église de Jésus-Christ

L´Église de Jésus-Christ a été instituée sur terre par le Seigneur lui-même. En elle, le salut est accessible aux hommes qui y adorent et louent Dieu.

6.1 De la notion d´ « église » Retour en haut de page

La notion d´ « église » vient du grec « ekklesia », utilisé dans le Nouveau Testament, qui signifie « assemblée », et plus précisément : « assemblée par convocation ». Ce terme est généralement traduit par « assemblée, communauté, église ».

Dans son usage courant, le terme d´ « église » a plusieurs significations. Il désigne d´une part l´édifice religieux, la « maison de Dieu » où se rassemblent les fidèles (et s´écrit avec une minuscule dans ce cas) ; d´autre part, il désigne aussi une assemblée de gens partageant la foi chrétienne, la paroisse locale (dans ce cas, il s´écrit avec une majuscule). Par ailleurs, il désigne encore une dénomination confessionnelle (toujours avec une majuscule). Les explications qui suivent traitent de l´ « Église », dans sa dimension d´objet de la foi.

Les êtres humains qui font partie de l´Église de Jésus-Christ sont appelés par Dieu à la communion éternelle avec lui, c´est-à-dire avec Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le service divin est au centre de la vie ecclésiale. Au milieu de l´Église, Jésus prépare son Épouse, l´Église, par l´intermédiaire d´apôtres, en vue de son proche retour pour les « noces dans le ciel ».

6.2 Fondement biblique Retour en haut de page

La vocation de l´Église consiste, d´une part, à rendre accessibles à l´être humain le salut et la communion éternelle avec la Trinité divine, et, d´autre part, à apporter adoration et louange à Dieu.

6.2.1 Indications vétérotestamentaires au sujet de l´Église de Jésus-Christ Retour en haut de page

Après sa chute dans le péché, l´être humain ne pouvait plus demeurer dans la communion immédiate avec Dieu ; il a dû quitter l´espace vital, dans lequel Dieu lui accordait le privilège de le rencontrer. A cause du péché, l´homme est voué à la mort. Or, c´est précisément de cette condamnation à la mort que Dieu veut délivrer l´être humain en lui offrant le salut et en lui réservant d´être en communion éternelle avec lui.

Dès le commencement, Dieu se soucie du devenir de l´homme. Au moment où il le chasse du jardin d´Éden, le Créateur habille l´homme et lui promet qu´un descendant de la femme vaincra le Tentateur (Ge 3 : 15).

La connaissance que l´être humain est foncièrement dépendant de Dieu est un thème récurrent de l´Ancien Testament. Il trouve son expression immédiate dans l´érection d´autels en vue d´y apporter des sacrifices et des offrandes.

Au fil du temps, le péché étend sa domination, au point que les êtres humains se détournent de plus en plus de Dieu. C´est la raison pour laquelle Dieu fait périr l´humanité dans le déluge, qui est un jugement divin. Il fait cependant grâce à Noé et à sa famille qui trouvent leur salut dans l´arche. Dieu conclut une alliance avec eux, par laquelle il promet protection et sollicitude à toute la postérité du genre humain. Et il donne l´arc-en-ciel pour signe de cette alliance.

Ces événements sont des indications au sujet des actes salvateurs de Dieu qui se produiront ultérieurement, dans l´Église de Christ : Dieu se tourne vers l´homme, il prend soin de lui et le protège, il l´intègre dans son alliance. Le passage en I Pierre 3 : 20-21 interprète expressément le sauvetage dans l´arche comme étant une préfiguration du baptême qui opère le salut dans la Nouvelle Alliance. C´est pour cette raison que la tradition chrétienne voit, dans l´arche, une image de l´Église de Christ.

L´alliance conclue avec Noé inclut tous les êtres humains. L´élection d´Abraham marque la fondation d´une autre alliance qui appelle Abraham et sa postérité à une relation particulière avec Dieu : Ils deviennent le peuple élu de Dieu. Le signe extérieur de cette alliance, c´est la circoncision, et cette alliance est confirmée à l´égard d´Isaac et de Jacob.

Plus tard, lorsque Moïse a reçu les Dix commandements sur le mont Sinaï et que, sur l´ordre de Dieu, il les a fait connaître au peuple d´Israël, Dieu a révélé sa volonté sous la forme d´une Loi, et il l´a fait savoir à une assemblée, une communauté.

Cette Loi fixait les règles qui présidaient à la relation des hommes à Dieu et entre eux. Elle règlementait aussi le vrai culte qui consistait dans le rite sacrificiel, accompli par les sacrificateurs dans la tente d´assignation, ainsi que dans la vénération du peuple pour Dieu et son attachement à lui par la prière, la profession de foi et l´obéissance. C´est à ce culte qu´était appelé Israël, en sa qualité de peuple élu par Dieu. Ces éléments fondamentaux de l´Ancienne Alliance renvoient, eux aussi, à Jésus-Christ et à l´institution de son Église : L´Ancienne Alliance renvoie à la Nouvelle Alliance, la circoncision, signe de l´Alliance, au baptême, la révélation de la volonté de Dieu à la prédication de la parole de Dieu, le culte sacrificiel des sacrificateurs à la sainte cène et à son administration par le ministère dûment mandaté, la prière et la profession de foi à l´adoration de la Trinité divine au cours du service religieux chrétien.

Le culte vétérotestamentaire trouvait, dans le temple de Jérusalem, un lieu central où il était célébré de manière solennelle. C´est à Jérusalem que se dressait la maison de l´Eternel où on s´assemblait pour louer Dieu (Ps 122) et lui offrir des sacrifices. Or, cet état de choses a changé à la suite de la destruction du temple et de la captivité babylonienne du peuple juif. En ce temps-là, on se réunissait pour le culte dans des synagogues, où on lisait et interprétait la parole de Dieu, c´est-à-dire la Loi. Le service sacrificiel ne pouvait évidemment pas avoir lieu ; dans cette mesure, ce culte était carencé. Lorsqu´après la captivité babylonienne le temple a été reconstruit et que le culte sacrificiel y était de nouveau possible, les fidèles ont continué à se réunir aussi dans des synagogues, à l´occasion d´un culte dont le pivot central était constitué par la parole.

Il s´agit ici d´un renvoi à l´Église néotestamentaire, au centre de laquelle Jésus-Christ, la Parole faite chair, est présent (Jn 1 : 1). L´épître aux Hébreux interprète l´Ancienne Alliance, avec la Loi, le culte sacrificiel, la circoncision et le sacerdoce, comme étant une « ombre », c´est-à-dire une préfiguration de la Nouvelle Alliance (Hé 8 : 5 ; 10 : 1). L´ombre n´est pas le véritable ; elle se contente de renvoyer au véritable. Non pas l´Ancienne Alliance, mais la Nouvelle Alliance seulement, instaurée par Jésus-Christ, est l´institution divine parfaite en vue du salut.

De cette manière, l´histoire du peuple élu de l´Ancienne Alliance est une ébauche de ce qui se réalise au sein du peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance, dans l´Église de Jésus-Christ.

6.2.2 Les débuts de l´Église de Jésus-Christ Retour en haut de page

Tout ce qui fonde l´Église tire son origine de la personne et de l´agir de Jésus-Christ qui est et apporte le salut.

« Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d´une femme, né sous la loi, afin qu´il rachète ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l´adoption » (Ga 4 : 4-5). Jésus, le Fils de Dieu, naît homme au milieu du peuple élu de l´Ancienne Alliance. Dieu se fait homme pour entrer dans l´histoire de l´humanité et en faire partie.

Il a appelé des hommes à venir à sa suite, s´est entouré de disciples, a prêché le royaume de Dieu, s´est révélé un législateur modèle dans le Sermon sur la montagne, a guéri des malades, nourri des affamés, ressuscité des morts, pardonné les péchés, promis et envoyé le Saint-Esprit.

L´incarnation de Dieu en Jésus-Christ est la condition nécessaire à l´existence de l´Église. Tous les autres événements participant de la fondation de l´Église sont fondés sur elle et sont à comprendre à partir d´elle : le choix des apôtres (Lu 6 : 12-16), l´instauration du ministère de Pierre (Mt 16 : 18), l´institution de la sainte cène (Mt 26 : 20-29), la mort et la résurrection de Jésus-Christ, l´ordre missionnaire (Mt 28 : 19-20).

Dans l´Histoire, l´Église de Christ paraît pour la première fois à la Pentecôte, lors de l´effusion du Saint-Esprit. L´apôtre Pierre a prêché dans la puissance du Saint-Esprit, et la première communauté s´est constituée. Le baptême, le pardon des péchés et la réception du don du Saint-Esprit sont des étapes salvifiques sur la voie qui mène au salut (Ac 2 : 38). Les premiers chrétiens ont persévéré dans « l´enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières » (Ac 2 : 42). Ces caractéristiques sont déterminantes pour l´Église de Christ.

EN BREF Retour en haut de page

L´Église de Jésus-Christ a été instituée sur terre par le Seigneur lui-même. (6)

La notion d´ « église » désigne un édifice religieux chrétien, une communauté locale ou une dénomination chrétienne ; au sens théologique, elle désigne l´Église de Jésus-Christ. (6.1)

Les êtres humains qui font partie de l´Église de Jésus-Christ sont appelés par Dieu à la communion éternelle avec lui. (6.1)

La vocation de l´Église consiste, d´une part, à rendre accessibles à l´être humain le salut et la communion éternelle avec la Trinité divine, et, d´autre part, à apporter adoration et louange à Dieu. (6.2)

L´Ancien Testament comporte de nombreuses indications au sujet de l´Église de Christ. (6.2.1)

L´épître aux Hébreux interprète l´Ancienne Alliance, avec la Loi, le culte sacrificiel, la circoncision et le sacerdoce, comme étant une « ombre », c´est-à-dire une préfiguration de la Nouvelle Alliance. L´Ancienne Alliance propose ainsi une ébauche de ce qui se réalise au sein de la Nouvelle Alliance, dans l´Église de Jésus-Christ. (6.2.1)

Tout ce qui fonde l´Église tire son origine de la personne et de l´agir de Jésus-Christ qui est et apporte le salut. L´incarnation de Dieu en Jésus-Christ est la condition nécessaire à l´existence de l´Église. (6.2.2)

Dans l´Histoire, l´Église de Christ paraît pour la première fois à la Pentecôte, lors de l´effusion du Saint-Esprit. (6.2.2)

Les premiers chrétiens ont persévéré dans l´enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. Ces caractéristiques sont déterminantes pour l´Église de Christ. (6.2.2)

6.2.3 Les images du Nouveau Testament pour décrire l´Église de Jésus-Christ Retour en haut de page

Le Nouveau Testament ne propose pas de doctrine cohérente de l´Église. En revanche, on y trouve un grand nombre d´images et d´exemples révélateurs de la nature de l´Église. Chacune de ces images renvoie à un ou plusieurs aspects de l´Église. Ces images peuvent s´interpréter de diverses manières, et même la Bible les utilise de façon hétéroclite.

6.2.3.1 Le corps de Christ Retour en haut de page

L´image de l´Église comme étant le corps de Christ occupe une place centrale.

Elle s´applique fréquemment à ceux qui, par le baptême, la foi et la profession de foi, appartiennent à Jésus-Christ. En Romains 12 : 4-5, les croyants sont désignés comme étant les « membres » du seul et même corps de Christ. Cette image reprend une conception courante en ce temps-là, selon laquelle l´État formait un corps organique dont les individus sont les membres. Les dons des membres de l´Église sont différents, et il en va de même pour leurs tâches. Tous sont cependant solidaires les uns des autres et au service les uns des autres. L´Église est donc un organisme dont tous les membres sont interdépendants.

En dépit de leur diversité, les membres forment ensemble une unité. Membres du corps de Christ, ils prennent soin les uns des autres et sont liés les uns aux autres : « Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps » (1 Co 12 : 20).

En Éphésiens 1 : 22-23, Christ est montré comme étant la tête, le « chef » de l´Église, qui domine sur toutes choses. Il s´agit d´une allusion à l´hymne qui figure dans l´épître aux Colossiens et qui dit : « Il est la tête du corps de l´Église » (Col 1 : 18). Dans cette représentation imagée, l´Église de Christ est l´équivalent du « corps de Christ » : elle participe de la perfection de son Seigneur.

L´image du corps est aussi utilisée pour désigner l´Église locale, dans laquelle des hommes imparfaits sont appelés à parvenir à « l´unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l´état d´homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Ep 4 : 13).

L´ « accroissement » du corps, tant de l´Église tout entière que de l´Église locale et de chaque membre, s´opère par l´agir de Dieu (Col 2 : 19). Cette croissance se fait à tous égards en Christ qui, étant le chef, est aussi le Seigneur, l´aune et l´objectif (Ep 4 : 15). Aux fins de l´édification du corps de Christ, Dieu a donné des ministères et des services.

6.2.3.2 Le peuple de Dieu Retour en haut de page

L´image du peuple de Dieu renvoie au fait que Dieu avait élu un peuple parmi la diversité de tous ceux qui existaient : « Car tu es un peuple saint pour l´Eternel, ton Dieu ; l´Eternel, ton Dieu, t´a choisi, pour que tu sois un peuple qui lui appartienne entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre. Ce n´est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l´Eternel s´est attaché à vous et qu´il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l´Eternel vous aime, parce qu´il a voulu tenir le serment qu´il avait fait à vos pères... » (De 7 : 6-8).

L´histoire d´Israël est fondée sur l´agir salvifique de Dieu : c´est lui qui a délivré son peuple de la servitude égyptienne, pour le conduire dans le pays promis. C´est dans ce peuple qu´il a envoyé son Fils, c´est au cœur de ce peuple que Dieu se fait homme. Hélas, Israël rejette Jésus comme étant le Messie et ne croit pas en lui ; pour le peuple de Dieu de l´Ancienne Alliance, le Fils de Dieu devient ainsi une pierre d´achoppement, un rocher de scandale.

En face de ce peuple, il y a ceux qui, en leur qualité de peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance, croient en Jésus-Christ : « Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, [...] vous qui autrefois n´étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n´aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 Pi 2 : 9-10).

L´Église est ici montrée dans sa destinée présente et future. En elle se dessine actuellement par anticipation ce qu´elle sera d´une manière parfaite dans l´avenir : elle partagera la gloire de Christ.

6.2.3.3 La ville de Dieu Retour en haut de page

L´image de la ville de Dieu montre l´Église comme étant le lieu où Dieu habite parmi tous ceux qui lui appartiennent. Ici-bas, l´Église est le lieu où Jésus-Christ, en sa qualité de médiateur, rend le salut accessible de diverses manières et rend possible la communion avec Dieu. Dans cette mesure, l´Église est le lieu de la rencontre avec Dieu, de l´adoration et du culte de Dieu.

L´Église de Jésus-Christ surpasse l´imagination humaine ; elle est à la fois ici-bas et dans l´au-delà, présente et à venir. Ces aspects sont indissociables. La description qui en est faite en Hébreux 12 : 22-24 donne une intuition de la sublimité de l´Église, lorsqu´elle aura atteint sa perfection définitive ; les paroles : « Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste... » désignent l´Église dans toute sa plénitude. La dimension terrestre de l´Église est ainsi fondue dans sa dimension céleste. La Jérusalem céleste est le trône de Dieu, dont font partie les anges, « l´assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, les esprits des justes parvenus à la perfection et Jésus, qui est le médiateur de la Nouvelle Alliance. »

Si, dans le ciel, ce sont les êtres célestes qui apportent adoration et louange à Dieu (Ps 29 : 1 ; Ap 4), il en va de même ici-bas : ce sont les fidèles qui le font, dans la dimension terrestre de l´Église de Christ.

Dans la ville future de Dieu, la nouvelle Jérusalem, Dieu lui-même habitera avec les hommes (Ap 21 : 3).

6.2.3.4 Le royaume de Dieu Retour en haut de page

L´image du royaume de Dieu renvoie à la domination que Dieu exerce dans son Église. Dans de nombreuses paraboles, Jésus montre le royaume de Dieu sous ses différents aspects principaux (Mt 13). Le « royaume de Dieu » peut être, notamment :

  • Jésus-Christ, le Seigneur présent en personne (Lu 17 : 21),

  • son Église présente sur la terre,

  • le règne révélé lors des noces dans le ciel (Ap 19 : 6-7),

  • le règne de paix que Jésus-Christ, le Seigneur qui reviendra, érigera sur la terre,

  • le royaume éternel de Dieu dans la nouvelle création et

  • le séjour de la vie éternelle.

En Jean 3 : 3.5, il est dit que le royaume de Dieu est accessible seulement à ceux qui sont nés de Dieu : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. [...] si un homme ne naît d´eau et d´Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » « Voir le royaume de Dieu », c´est contempler Dieu en face. C´est ce que feront les prémices dès le jour du Seigneur (1 Jn 3 : 2) : elles verront le séjour de la vie éternelle.

6.2.3.5 Le troupeau de Dieu Retour en haut de page

Dans l´image du troupeau de Dieu, Jésus-Christ est le bon Berger ; il connaît les siens et donne sa vie pour eux. Il appelle les brebis qui sont dans d´autres bergeries à venir auprès de lui : continuellement, il appelle des hommes à intégrer son Église et à croire en lui. A la fin, il n´y aura plus qu´un seul troupeau et un seul berger (Jn 10 : 11-16). Jésus parle aux siens par l´intermédiaire du Saint-Esprit. Quiconque croit en lui et le suit obtient la vie éternelle (Jn 10 : 25-28).

Avant son ascension, le Ressuscité a confié ses « agneaux et ses brebis » à l´apôtre Pierre (Jn 21 : 15-17). Cet apôtre est donc chargé de prendre soin de ceux qui font partie de l´Église de Christ. Étant le troupeau de Jésus-Christ, les croyants restent aussi sa propriété.

Selon I Pierre 5 : 2-4, les ministres de l´Église sont appelés à paître l´Église comme étant le « troupeau de Dieu ». Ils ne sont pas les maîtres de l´Église, mais ses modèles. Ils accomplissent leur ouvrage dans la perspective du retour de Jésus-Christ, le « souverain berger ».

L´image du troupeau montre l´Église comme étant une communauté qui suit Christ. C´est Jésus-Christ, le bon berger, qui prend soin d´elle, la protège et la conduit.

6.2.3.6 Autres images pour décrire l´Église Retour en haut de page

Dans le Nouveau Testament, on trouve d´autres descriptions imagées, qui mettent en évidence les caractéristiques de l´Église déjà citées ainsi que d´autres aspects encore : le champ de Dieu, l´édifice de Dieu, la maison de Dieu, l´habitation de Dieu, le temple de Dieu, la femme enveloppée du soleil, le fils (l´enfant mâle) ou encore l´épouse (1 Co 3 : 9 ; 1 Ti 3 : 15 ; Ep 2 : 22 ; 1 Co 3 : 16-17 ; Apocalypse 12 ; Apocalypse 21 : 2). L´interprétation de ces images dépend de leurs contextes respectifs ; selon le contexte, une même image peut donner lieu à diverses déclarations. Ce qui est révélateur, c´est que, dans certains passages bibliques, plusieurs images sont associées entre elles.

Il convient donc de ne pas considérer une image pour elle-même. Le tableau d´ensemble de toutes ces images révèle cependant que l´Église est une, apostolique, universelle et sainte.

EN BREF Retour en haut de page

Le Nouveau Testament propose un grand nombre d´images et d´exemples qui sont révélateurs de la nature de l´Église. (6.2.3)

L´image de l´Église corps de Christ s´applique fréquemment à ceux qui, par le baptême, la foi et la profession de foi, appartiennent à Jésus-Christ. Elle montre que l´Église ressemble à un organisme dont tous les membres sont interdépendants. La croissance de ce corps se fait à tous égards en Christ qui, étant le chef, est aussi le Seigneur, l´aune et l´objectif. (6.2.3.1)

Comme Dieu a choisi le peuple d´Israël parmi beaucoup de peuples, il a aussi choisi un peuple sous la Nouvelle Alliance, savoir son Église. (6.2.3.2)

L´image de la ville de Dieu montre l´Église comme étant le lieu où Dieu habite parmi tous ceux qui lui appartiennent. (6.2.3.3)

L´image du royaume de Dieu renvoie à la domination que Dieu exerce dans son Église. (6.2.3.4)

L´image du troupeau montre l´Église comme étant une communauté qui suit Jésus-Christ, le bon berger. (6.2.3.5)

D´autres images pour décrire l´Église sont notamment celles-ci : l´habitation de Dieu, le temple de Dieu, la femme enveloppée du soleil, le fils (l´enfant mâle) ou encore l´épouse. (6.2.3.6)

6.3 L´Église de Jésus-Christ : un mystère Retour en haut de page

Tout ce qui est et sera constitutif de l´Église trouve son fondement dans la parole, l´œuvre et la nature de Jésus. Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme : il présente donc deux natures (cf. 3.4.3). Ce mystère demeure insondable. Ainsi l´Église de Christ, dans sa nature, est-elle finalement tout aussi insondable : elle est également un mystère. Elle aussi a une nature double et ne peut s´appréhender qu´au moyen de la foi.

Par Jésus-Christ, le médiateur entre Dieu et l´homme, celui-ci peut avoir part au salut. Cette bonne nouvelle doit être prêchée et diffusée par des apôtres (1 Ti 2 : 5-7). Sous l´activité du Saint-Esprit, la prédication est, de diverses manières, la parole de Christ ; or, de l´écoute de cette parole, procède la foi (Ro 10 : 16-17). C´est ainsi que, par la proclamation de l´Evangile, l´Église participe du service de médiation de Christ. Par sa nature, l´Église de Christ renvoie à la nature double de Jésus-Christ. Sa nature divine est cachée ou invisible, tandis que sa nature humaine est visible ou manifeste. Dans sa nature humaine, Jésus vieillissait comme n´importe quel autre être humain aussi ; il éprouvait des douleurs et de la peur, il connaissait la faim et la soif. Il participait donc de la destinée humaine générale, sans cependant en partager la condition pécheresse.

L´Église de Christ a, elle aussi, une face cachée ou invisible, et une face visible ou manifeste. Ces deux faces de l´Église sont tout aussi indissociables l´une de l´autre que les deux natures de Jésus-Christ. Bien que différentes l´une de l´autre, elles sont indissolublement unies l´une à l´autre.

Comme la nature divine de Jésus-Christ, la face cachée de l´Église est finalement indescriptible ; son existence est cependant perceptible dans l´efficacité salvifique des sacrements et de la parole de Dieu. Dans la face cachée de l´Église, qui se compose de tous ceux qui sont baptisés en bonne et due forme [10], qui croient véritablement et qui professent le Seigneur, les quatre caractéristiques qui constituent l´Église (l´unité, la sainteté, l´universalité et l´apostolicité) sont présentes de manière parfaite. C´est cette face de l´Église dont il est question dans l´article 3 de la confession de foi.

Comme Jésus homme, la face manifeste de l´Église participe de l´histoire générale de l´humanité. Contrairement à Jésus, les hommes qui agissent au sein de l´Église cèdent cependant au péché. C´est la raison pour laquelle on trouve, dans l´Église aussi, les erreurs, les égarements et les déraillements qui sont le propre de l´humanité. Ces carences de l´Église visible ne peuvent cependant pas nuire à l´Église invisible et parfaite, cette Église dont font partie les vrais croyants et élus (cf. 4.5), ni la réduire à néant.

A la fois l´implication l´une dans l´autre, de l´Église visible et invisible, et leur séparation ne peuvent s´appréhender qu´au moyen de la foi. La forme visible de l´Église, c´est-à-dire l´Église de Christ dans sa réalisation historique, n´est pas le but de la foi : elle est l´institution, au sein de laquelle on peut actuellement obtenir le salut et faire l´expérience de la proximité de Dieu.

[10] Le baptême en bonne et due forme est dispensé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et avec de l´eau.

6.4 La foi en l´Église une, sainte, universelle et apostolique Retour en haut de page

Dans l´Église de Jésus-Christ, instituée ici-bas par le Seigneur, le salut est accessible. Les hommes qui en sont membres sont appelés par Dieu hors du monde à la communion éternelle avec Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. L´Église est le lieu de l´adoration de la Trinité divine ; le service divin est le cœur de la vie ecclésiale.

Dans sa nature spirituelle et sa perfection, l´Église de Christ est cachée et appréhendable par la foi seulement. Dans sa réalisation historique, elle est au contraire reconnaissable et expérimentable. Dans l´article 3 de la confession de foi, le croyant professe : « Je crois [...] à l´Église une, sainte, universelle et apostolique. » Par conséquent, l´Église est objet de la foi.

Les trois premiers articles de la confession de foi professent la foi en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. De la même manière, les chrétiens professent depuis toujours leur foi à l´Église, ce qui montre à l´évidence que l´Église ne relève pas de l´apparence ni de la contingence, mais qu´elle fait partie des éléments fondamentaux de la foi chrétienne. Sans Église, il est impossible d´être chrétien.

EN BREF Retour en haut de page

Tout ce qui est et sera constitutif de l´Église trouve son fondement dans la parole, l´œuvre et la nature de Jésus. (6.3)

Par sa nature, l´Église de Christ renvoie à la nature double de Jésus-Christ. Sa nature divine est cachée, tandis que sa nature humaine est visible. L´Église de Christ a, elle aussi, une face cachée et une face visible, qui sont indissociables. (6.3)

La face invisible de l´Église est perceptible dans l´efficacité salvifique des sacrements et de la parole de Dieu. (6.3)

Comme Jésus homme, la face manifeste de l´Église participe de l´histoire générale de l´humanité. Contrairement à Jésus, les hommes qui agissent au sein de l´Église cèdent cependant au péché. C´est la raison pour laquelle on trouve, dans l´Église aussi, les erreurs, les égarements et les déraillements qui sont le propre de l´humanité. (6.3)

L´Église fait partie des éléments fondamentaux de la foi chrétienne. Sans Église, il est impossible d´être chrétien. (6.4)

[10 Le baptême en bonne et due forme est dispensé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et avec de l´eau.]

6.4.1 Les caractéristiques de l´Église Retour en haut de page

Dans le symbole de Nicée-Constantinople, il est dit que l´Église est une, sainte, catholique (= universelle) et apostolique. Ces caractéristiques de l´Église sont appelées « notae ecclesiae ».

6.4.1.1 L´Église est « une » Retour en haut de page

La foi en l´Église une procède de la foi en le Dieu unique. La Trinité divine fonde et conserve l´Église une par le Père qui a envoyé le Fils, par Jésus-Christ qui, étant la tête du corps, est durablement lié à l´Église, et par le Saint-Esprit qui agit dans l´Église de Christ. L´Église de Christ donne ainsi témoignage de l´unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Jésus a fait de l´unité et de l´amour mutuel la marque de reconnaissance de ceux qui lui appartiennent et qui le suivent (Jn 13 : 34 ; 17 : 20-23). Les différences entre les membres de l´Église perdent toute importance, et l´unité est créée entre eux. La coopération et la complémentarité des membres du corps de Christ sont fondées sur l´amour, qui est « le lien de la perfection » (Col 3 : 14).

Ainsi l´Église manifeste-t-elle la nature de Dieu : « Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l´amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4 : 16).

6.4.1.2 L´Église est « sainte » Retour en haut de page

C´est par l´agir sanctifiant de Dieu dans le sacrifice de Christ et par l´activité du Saint-Esprit à travers la parole et les sacrements que l´Église de Christ est sainte. Cet agir sanctifiant s´accomplit à l´égard du croyant au cours du service divin.

La sainteté de l´Église est uniquement fondée sur la Trinité divine, et non pas sur les êtres humains qui en sont membres. Dans la prière sacerdotale, le Seigneur dit qu´il se sanctifie lui-même pour ses apôtres, « afin qu´eux aussi soient sanctifiés par la vérité » (Jn 17 : 19). Et d´inclure l´Église dans ce processus de sanctification par lui-même (Jn 17 : 20).

Le passage en Hébreux 10 : 10 aborde la sanctification par le sacrifice de Jésus : « C´est en vertu de cette volonté [celle de Dieu] que nous sommes sanctifiés, par l´offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. »

L´apôtre Pierre parle des croyants comme d´une « nation sainte » (1 Pi 2 : 9-10). Il affirme cela en dépit du fait que les croyants sont des êtres humains chargés de fautes. Leur état de péché n´abolit cependant pas la sainteté de l´Église.

6.4.1.3 L´Église est « universelle » Retour en haut de page

Dans le contexte historique, « universel » (= « catholique ») implique qu´aucune limite n´est fixée à la proclamation de l´Evangile, comme l´exprime l´ordre de mission donné par le Ressuscité à ses apôtres (Mt 28 : 19 ; Mc 16 : 15 ; Ac 1 : 8). Jésus-Christ et son Église sont là pour les hommes de toutes nations, tant pour les vivants que pour les morts (Ro 14 : 9). Dans l´Église, la volonté salvifique universelle de Dieu est immédiatement expérimentable.

L´Église de Jésus-Christ est universelle. Elle est ici-bas et dans l´au-delà, présente et à venir. Si elle est perçue actuellement comme l´institution en vue de la médiation du salut et de la communion avec Dieu, l´Église parvenue à la perfection manifestera sa nature cachée : Elle aura la vie dans le salut véritable et dans la communion immédiate avec Dieu.

6.4.1.4 L´Église est « apostolique » Retour en haut de page

L´Église de Christ est apostolique à double titre : La doctrine apostolique est prêchée en son sein, et le ministère apostolique est à l´œuvre en elle.

La doctrine apostolique est la nouvelle véritable de la mort, de la résurrection et du retour de Christ, conforme à l´enseignement des premiers apôtres, tel que le Nouveau Testament l´atteste et que les premiers chrétiens l´ont reçu et mis en pratique (Ac 2 : 42).

Le ministère apostolique est le ministère institué par Christ, dirigé par le Saint-Esprit et nanti du pouvoir de prêcher l´Evangile, de dispenser les sacrements et de pardonner les péchés (Mt 28 : 19 ; Jn 20 : 23).

L´apostolicité de l´Église réside donc dans la poursuite, en son sein, de la proclamation de la doctrine apostolique attestée dans l´Écriture sainte et dans la réalisation historique, jusqu´au retour de Christ, du ministère apostolique.

EN BREF Retour en haut de page

Dans le symbole de Nicée-Constantinople, il est dit que l´Église est une, sainte, universelle et apostolique. (6.4.1)

L´Église est une : La profession de foi en le Dieu unique. L´Église donne témoignage de l´unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (6.4.1.1)

L´Église est sainte : La raison en est l´agir sanctifiant de Dieu. La sainteté de l´Église est uniquement fondée sur Dieu, et non pas sur les êtres humains qui en sont membres. L´état de péché de ces derniers n´abolit pas la sainteté de l´Église. (6.4.1.2)

L´Église est universelle : Elle est ici-bas et dans l´au-delà, présente et à venir. (6.4.1.3)

L´Église est apostolique : La doctrine apostolique, c´est-à-dire la nouvelle de la mort, de la résurrection et du retour de Christ, est prêchée en son sein, et le ministère apostolique, institué par Jésus-Christ, y est historiquement réalisé jusqu´au retour du Seigneur. (6.4.1.4)

6.4.2 La réalisation de l´Église de Jésus-Christ dans l´histoire Retour en haut de page

L´historicité de l´Église est fondée sur l´historicité de Jésus-Christ. Jésus-Christ, vrai homme, a vécu parmi les hommes : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, [...], nous vous l´annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ » (1 Jn 1 : 1-3).

Comme Jésus-Christ était appréhendable pour les hommes au moyen de leurs sens, son Église l´est aussi. Elle est manifeste dans sa réalité historique, plus précisément dans les gens qui sont baptisés, qui croient en Jésus-Christ et qui le professent.

Dans le Nouveau Testament, les épîtres des apôtres font déjà état du décalage qui existe entre les exigences de l´Evangile et la réalité vécue dans les communautés. Cet écart criant est une réalité historique constante, jusqu´ici impossible à résilier. L´Église de Christ est parfaite dans sa nature, mais elle se montre imparfaite dans sa forme historique. Bien que parfaite parce qu´instituée par Dieu, elle présente des carences dues aux hommes qui agissent en elle et qui sont censés s´édifier, comme des « pierres vivantes », pour former une « maison spirituelle » (1 Pi 2 : 5).

6.4.2.1 L´Église de Jésus-Christ au temps des premiers apôtres Retour en haut de page

L´incarnation, la vie et l´œuvre de Jésus-Christ constituent le fondement de la réalisation historique de l´Église instituée par lui : « Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ » (1 Co 3 : 11). C´est sur ce fondement que se réalise et se déploie l´Église de Christ, lors de l´effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte.

Les premières communautés se sont constituées. En leur sein œuvraient des apôtres et d´autres ministres : ils y prêchaient l´Evangile et y administraient les sacrements. Conformément à l´ordre de mission qu´ils avaient reçu, les apôtres se sont rendus auprès des Juifs et des païens, pour leur faire connaître la nouvelle du salut en Christ.

6.4.2.2 L´Église de Jésus-Christ après la mort des premiers apôtres Retour en haut de page

La mort des premiers apôtres a changé la situation. Le ministère auquel Jésus avait conféré le pouvoir d´administrer les sacrements, de pardonner les péchés et de prêcher l´Evangile, était devenu vacant. Dès lors, la dispensation sacramentelle du don du Saint-Esprit n´était plus possible. La sainte cène a subsisté sous la forme d´un repas de commémoration, de profession de foi, de communion et d´actions de grâces (cf. 8.2.8). Il n´était certes plus possible d´annoncer efficacement le pardon des péchés conformément au mandat reçu, mais il est concevable que, même au cours de cette période, Dieu ait usé de grâce et de pardon à l´égard des croyants.

Les croyants, professant Jésus-Christ, ont continué à recevoir le sacrement du saint baptême d´eau et ont été de cette sorte intégrés au corps de Christ.

Dans la proclamation de la parole, l´attente du retour proche de Jésus-Christ est peu à peu passée à l´arrière-plan. La foi en la vie et l´activité du Fils de Dieu, à sa mort et à sa résurrection, a néanmoins été entretenue. Des gens croyants ont continué de diffuser l´Evangile et les valeurs chrétiennes. Sous l´inspiration du Saint-Esprit, des déclarations fondamentales de la doctrine chrétienne ont été formulées dans les confessions de foi de l´Église ancienne. Au fil des siècles, des missionnaires ont fait connaître le témoignage de Jésus-Christ à travers le monde. C´est au XIXe siècle finalement que le don prophétique s´est ranimé pour désigner les hommes qui, selon la volonté de Dieu, étaient choisis pour être des apôtres.

Ainsi donc le Saint-Esprit a continué d´agir pendant la période qui a suivi la mort des premiers apôtres, même si ce n´était pas dans sa plénitude originelle.

6.4.2.3 L´Église de Jésus-Christ après la réoccupation de l´apostolat Retour en haut de page

En pourvoyant à nouveau l´apostolat, en l´année 1832 (cf. 11.3), le Seigneur a rendu un élément essentiel à son Église sur la terre : L´apostolicité est à nouveau pleinement rétablie dans l´Église visible. L´activité de ces apôtres nouvellement appelés ne devait pas déboucher sur la création d´une confession chrétienne de plus, mais visait à préparer l´ensemble de la chrétienté en vue du retour du Seigneur.

Le rétablissement de l´apostolat a aussi entraîné la restauration de la véritable administration des sacrements. De même, la proclamation de la parole par les ambassadeurs pour Christ a gagné en autorité, comme le prouve plus particulièrement l´entretien de la certitude du proche retour de Christ. Le pardon des péchés peut, lui aussi, de nouveau être annoncé par des apôtres.

De cette manière, le ministère et la véritable administration des sacrements ainsi que la véritable proclamation de la parole qui y sont liées, ces éléments essentiels de l´Église de Christ, existent-ils de nouveau pleinement dans la réalité historique.

EN BREF Retour en haut de page

L´historicité de l´Église est fondée sur l´historicité de Jésus-Christ qui, vrai homme, a vécu parmi les hommes. (6.4.2)

Comme Jésus-Christ était appréhendable pour les hommes au moyen de leurs sens, son Église l´est aussi. Elle est manifeste dans sa réalité historique, plus précisément dans les gens qui sont baptisés, qui croient en Jésus-Christ et qui le professent. (6.4.2)

L´Église de Christ est parfaite dans sa nature, mais elle se montre imparfaite dans sa forme historique. (6.4.2)

Par l´effusion du Saint-Esprit, à la Pentecôte, l´Église de Christ s´est déployée. En elle, des apôtres et d´autres ministres étaient à l´œuvre ; ils y prêchaient l´Evangile et y administraient les sacrements. (6.4.2.1)

Après la mort des premiers apôtres, ce ministère n´était plus pourvu. Cependant, même pendant cette période, le Saint-Esprit a agi, même si ce n´était plus dans la plénitude originelle. Des gens croyants ont continué de diffuser l´Evangile et les valeurs chrétiennes, mais l´attente du retour de Christ est passée à l´arrière-plan. (6.4.2.2)

Au cours du XIXe siècle, l´apostolat a été réoccupé : l´apostolicité de l´Église visible a été pleinement rétablie. De cette manière, le ministère, l´administration des sacrements ainsi que la proclamation de la parole existaient-ils de nouveau pleinement dans la réalité historique. (6.4.2.3)

6.4.3 L´Église de Jésus-Christ et le ministère Retour en haut de page

L´article 4 de la confession de foi parle du lien qui unit l´Église et l´apostolat : « Je crois que le Seigneur Jésus gouverne son Église et qu´à cette fin il a envoyé et envoie encore, jusqu´à son retour, ses apôtres avec la mission d´enseigner et, en son nom, de pardonner les péchés et de baptiser d´eau et du Saint-Esprit. »

Jésus-Christ gouverne son Église. A l´époque de la fondation de son Église et au temps de la préparation de l´Épouse du Seigneur, qui précède son retour, il a envoyé des apôtres sur la terre, par lesquels son règne doit être perçu. L´apostolat est donné pour l´Église de Christ dans sa globalité ; il a pour mission d´agir en profondeur dans toutes les parties de l´Église.

Les apôtres sont envoyés auprès de toutes les nations, pour les enseigner et les baptiser. Ils appellent tous les hommes, les non-chrétiens comme les baptisés qui croient en Jésus-Christ et qui le professent comme étant leur Seigneur, à se faire baptiser du Saint-Esprit et préparer en vue du retour de Christ.

Les apôtres témoignent de Jésus-Christ comme étant celui qui est, qui était et qui vient. Ce faisant, ils révèlent aussi les événements salvifiques à venir. La focalisation sur l´avenir dans la communion immédiate avec Dieu représente un élément important de la nature de l´Église de Christ. C´est une priorité pour les apôtres que de prêcher le proche retour de Christ et de conduire l´Épouse à la rencontre du Seigneur (cf. 10.1.2).

L´Épouse du Seigneur ou encore, au sens étroit, la « communion des saints », est l´ensemble des croyants régénérés d´eau et d´Esprit, qui auront été préparés par les apôtres de Jésus-Christ en vue du jour du Seigneur et auront été acceptés par lui.

apostolat est le ministère originel. Seul ce ministère a été institué par Jésus lui-même. Tous les autres ministères ont procédé de l´apostolat. L´article 5 de la confession de foi dit à ce sujet : « Je crois que ceux que Dieu a choisis pour exercer un ministère en sont investis uniquement par des apôtres, et que, de l´apostolat, procèdent le pouvoir, la bénédiction et la sanctification nécessaires à l´exercice de leur ministère. »

EN BREF Retour en haut de page

Jésus-Christ gouverne son Église. A l´époque de sa fondation et au temps de la préparation de l´Épouse du Seigneur, qui précède son retour, il a envoyé des apôtres. C´est une priorité pour les apôtres que de prêcher le proche retour de Christ et de conduire l´Épouse à la rencontre du Seigneur. (6.4.3)

apostolat est donné pour l´Église de Christ dans sa globalité ; il a pour mission d´agir en profondeur dans toutes les parties de l´Église. (6.4.3)

apostolat est le ministère originel de l´Église ; tous les autres ministères ont procédé de lui. (6.4.3)

6.4.4 L´Église de Jésus-Christ et les sacrements Retour en haut de page

Partout où l´on baptise en bonne et due forme, c´est-à-dire au nom de Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, des hommes croyants peuvent être intégrés, par la grâce de Dieu, au corps de Christ. Le saint baptême d´eau est confié à l´Église tout entière. C´est ce qu´atteste l´article 6 de la confession de foi : « Je crois que le saint baptême d´eau constitue le premier pas vers le renouvellement de l´être humain dans le Saint-Esprit, et que, par cet acte, le baptisé est admis dans la communauté de ceux qui croient en Jésus-Christ et le professent comme étant leur Seigneur. »

L´administration générale des sacrements, c´est-à-dire la dispensation du saint baptême d´eau, de la sainte cène et du saint-scellé est confiée à l´apostolat. Les apôtres dispensent aussi ces trois sacrements aux défunts.

C´est dans la communion des apôtres que le sacrement de la sainte cène est véritablement célébré comme une communion conviviale, dans laquelle le sacrifice de Christ ainsi que le corps et le sang du Seigneur sont présents. À ce sujet, l´article 7 de la confession de foi dit ceci : « Je crois que la sainte cène a été instituée par le Seigneur Jésus-Christ lui-même, en mémoire de son sacrifice unique et pleinement valable, de ses souffrances amères et de sa mort. La digne réception de la sainte cène nous garantit la communion de vie avec Jésus-Christ, notre Seigneur. La sainte cène est célébrée avec du pain sans levain et du vin qui, tous deux, doivent être consacrés et dispensés par un ministre de l´Église mandaté par l´apôtre ».

Le sacrement du saint-scellé est dispensé exclusivement par des apôtres, comme le dit l´article 8 de la confession de foi : « Je crois que, pour obtenir la filiation divine et remplir la condition nécessaire pour être des prémices, les baptisés d´eau doivent recevoir le don du Saint-Esprit par l´intermédiaire d´un apôtre. »

EN BREF Retour en haut de page

Partout où l´on baptise en bonne et due forme, des hommes croyants peuvent être intégrés au corps de Christ. Le saint baptême d´eau est confié à l´Église tout entière. (6.4.4)

L´administration générale des sacrements est opérée par l´apostolat. Les apôtres dispensent aussi ces trois sacrements aux défunts. (6.4.4)

C´est dans la communion des apôtres que le sacrement de la sainte cène est véritablement célébré comme une communion conviviale, dans laquelle le sacrifice de Christ ainsi que le corps et le sang du Seigneur sont présents. (6.4.4)

Le saint-scellé peut uniquement être dispensé par des apôtres. (6.4.4)

6.4.5 L´Église de Jésus-Christ et l´avenir Retour en haut de page

La foi aux événements salvifiques à venir est professée dans l´article 9 de la confession de foi : « Je crois que le Seigneur Jésus reviendra aussi certainement qu´il est monté au ciel et qu´il prendra auprès de lui les prémices d´entre les morts et les vivants, qui auront espéré en sa venue et qui y auront été préparées ; qu´après les noces dans le ciel, il reviendra avec elles sur la terre pour instaurer son règne de paix, et qu´elles régneront avec lui comme sacerdoce royal. À la fin du règne de paix, il présidera au Jugement Dernier. Alors Dieu créera un nouveau ciel et une nouvelle terre, et il habitera avec son peuple. »

L´Église a non seulement une dimension présente, mais aussi une dimension future. Elle qui, conformément à sa confession de foi, attend le retour de Jésus-Christ, est aussi focalisée sur l´avenir. La louange de Dieu et l´adoration de sa majesté ne prendront jamais fin ; ses serviteurs le serviront « aux siècles des siècles » (Ap 22 : 3-5).

Au retour de Christ, l´Église se montrera telle qu´elle est, avec son salut, mais aussi avec ses carences. Une vie double sera mise en évidence, à savoir celle de l´Épouse de Christ et celle de « la femme enveloppée du soleil » (Ap 12). Tandis qu´une partie de l´Église sera enlevée, une autre restera sur la terre où elle devra faire ses preuves au cœur des difficultés dues à l´antéchrist.

La manifestation future de l´Église se profile aussi dans la promesse que les prémices, élues pour former le sacerdoce royal, auront part au règne de Christ. Dans le royaume de paix, elles seront immédiatement partie prenante dans la transmission du salut (Ap 20 : 6), en qualité de messagers de Christ pour tous les hommes ayant jamais vécu.

La nouvelle Jérusalem, décrite en Apocalypse 21 et 22, est une image de l´Église parvenue à la perfection à tous égards, qui exprime l´agir salvifique et nouvellement créateur de Dieu. On y adorera Dieu et on l´y louera sans fin.

EN BREF Retour en haut de page

L´Église a une dimension présente et une dimension future. (6.4.5)

Au retour de Christ, l´Église se montrera avec son salut, mais aussi avec ses carences : tandis qu´une partie de l´Église sera enlevée, une autre restera sur la terre où elle devra faire ses preuves au cœur des difficultés dues à l´antéchrist. (6.4.5)

La manifestation future de l´Église se profile aussi dans la promesse que les prémices, élues pour former le sacerdoce royal, seront partie prenante dans la transmission du salut, en qualité de messagers de Christ pour tous les hommes ayant jamais vécu. (6.4.5)

6.5 L´Église de Jésus-Christ et les Églises en tant qu´institutions Retour en haut de page

Dans sa réalisation historique, l´Église de Jésus-Christ ne satisfait pas pleinement aux exigences d´unité, de sainteté, d´universalité et d´apostolicité. Cela est dû essentiellement au fait que, pendant une très longue période, l´apostolat n´a pas pu déployer du tout son activité et que, depuis le XIXe siècle, il ne le peut que de manière restreinte. La multiplicité des Églises chrétiennes résulte de différences culturelles, sociales et historiques ainsi que des diverses interprétations du seul et même Evangile, de la seule et même Écriture sainte. Malgré cette disparité, l´Église de Christ ne demeure ni cachée ni inaccessible ; elle est le plus nettement perceptible là où existent le ministère apostolique, la dispensation des trois sacrements aux vivants et aux morts ainsi que la véritable proclamation de la parole. Là est érigée l´Œuvre de rédemption du Seigneur, dans laquelle l´Épouse de Christ est préparée en vue des noces dans le ciel.

Les éléments fédérateurs des différentes Églises chrétiennes [11] sont le baptême, la profession de foi commune en Jésus-Christ et la foi en lui comme étant le seul Seigneur et Sauveur selon les Écritures. Il est dit, dans la tradition chrétienne, que seuls les véritables croyants font partie de l´Église invisible, cachée, et non des baptisés qui, ni ne croient en Jésus-Christ ni ne le professent comme étant leur Seigneur (Ap 3 : 1).

C´est par les baptisés qui appliquent leur foi et professent Jésus comme étant leur Seigneur que l´Église devient véritablement expérimentable comme une communion de la foi, de l´espérance et de l´amour. Dans cette mesure, l´Église de Christ ne se trouve pas seulement là où l´apostolat est agissant, savoir dans l´Œuvre de rédemption du Seigneur, mais aussi dans les autres Églises où la foi se traduit en termes d´amour du prochain, de profession de foi claire en Jésus-Christ et d´efforts sincères en vue d´imiter Christ, c´est-à-dire dans ces communautés ecclésiales chrétiennes, dans lesquelles le culte est adoration et louange de la Trinité divine et où ces caractéristiques que sont l´unité, la sainteté, l´universalité et l´apostolicité sont, de diverses manières, plus ou moins présentes.

Là où, actuellement, les apôtres travaillent, dans l´Église néo-apostolique, à préparer l´Épouse de Christ en vue du retour de son Seigneur, tous les moyens nécessaires à cette fin sont disponibles en dépit de toutes les imperfections. L´Œuvre de rédemption du Seigneur est menée à sa perfection au sein de l´Église de Jésus-Christ.

EN BREF Retour en haut de page

Dans sa réalisation historique, l´Église de Jésus-Christ ne satisfait pas pleinement aux exigences d´unité, de sainteté, d´universalité et d´apostolicité. (6.5)

L´Église de Christ est le plus nettement perceptible là où existent le ministère apostolique, la dispensation des trois sacrements aux vivants et aux morts ainsi que la véritable proclamation de la parole. Là est érigée l´Œuvre de rédemption du Seigneur, dans laquelle l´Épouse de Christ est préparée en vue des noces dans le ciel. (6.5)

Les éléments fédérateurs des différentes Églises chrétiennes sont le baptême, la profession de foi commune en Jésus-Christ et la foi en lui. C´est par les baptisés qui appliquent leur foi que l´Église devient véritablement expérimentable comme une communion de la foi, de l´espérance et de l´amour. Dans cette mesure, l´Église de Christ est aussi visible dans les Églises où l´unité, la sainteté, l´universalité et l´apostolicité sont, de diverses manières, plus ou moins présentes. (6.5)

[11] Le Conseil œcuménique des Églises formule ces éléments qui fédèrent toutes les Églises entre elles de la manière suivante : « [Ce sont des] Églises [qui] confessent le Seigneur Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur selon les Écritures et s'efforcent de répondre ensemble à leur commune vocation pour la gloire du seul Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. »