Catéchisme

6 L´Église de Jésus-Christ

L´Église de Jésus-Christ a été instituée sur terre par le Seigneur lui-même. En elle, le salut est accessible aux hommes qui y adorent et louent Dieu.

6.1 De la notion d´ « église » Retour en haut de page

La notion d´ « église » vient du grec « ekklesia », utilisé dans le Nouveau Testament, qui signifie « assemblée », et plus précisément : « assemblée par convocation ». Ce terme est généralement traduit par « assemblée, communauté, église ».

Dans son usage courant, le terme d´ « église » a plusieurs significations. Il désigne d´une part l´édifice religieux, la « maison de Dieu » se rassemblent les fidèles (et s´écrit avec une minuscule dans ce cas) ; d´autre part, il désigne aussi une assemblée de gens partageant la foi chrétienne, la paroisse locale (dans ce cas, il s´écrit avec une majuscule). Par ailleurs, il désigne encore une dénomination confessionnelle (toujours avec une majuscule). Les explications qui suivent traitent de l´ « Église », dans sa dimension d´objet de la foi.

Les êtres humains qui font partie de l´Église de Jésus-Christ sont appelés par Dieu à la communion éternelle avec lui, c´est-à-dire avec Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le service divin est au centre de la vie ecclésiale. Au milieu de l´Église, Jésus prépare son Épouse, l´Église, par l´intermédiaire d´apôtres, en vue de son proche retour pour les « noces dans le ciel ».

6.2 Fondement biblique Retour en haut de page

La vocation de l´Église consiste, d´une part, à rendre accessibles à l´être humain le salut et la communion éternelle avec la Trinité divine, et, d´autre part, à apporter adoration et louange à Dieu.

6.2.1 Indications vétérotestamentaires au sujet de l´Église de Jésus-Christ Retour en haut de page

Après sa chute dans le péché, l´être humain ne pouvait plus demeurer dans la communion immédiate avec Dieu ; il a quitter l´espace vital, dans lequel Dieu lui accordait le privilège de le rencontrer. A cause du péché, l´homme est voué à la mort. Or, c´est précisément de cette condamnation à la mort que Dieu veut délivrer l´être humain en lui offrant le salut et en lui réservant d´être en communion éternelle avec lui.

Dès le commencement, Dieu se soucie du devenir de l´homme. Au moment il le chasse du jardin d´Éden, le Créateur habille l´homme et lui promet qu´un descendant de la femme vaincra le Tentateur (Ge 3 : 15).

La connaissance que l´être humain est foncièrement dépendant de Dieu est un thème récurrent de l´Ancien Testament. Il trouve son expression immédiate dans l´érection d´autels en vue d´y apporter des sacrifices et des offrandes.

Au fil du temps, le péché étend sa domination, au point que les êtres humains se détournent de plus en plus de Dieu. C´est la raison pour laquelle Dieu fait périr l´humanité dans le déluge, qui est un jugement divin. Il fait cependant grâce à Noé et à sa famille qui trouvent leur salut dans l´arche. Dieu conclut une alliance avec eux, par laquelle il promet protection et sollicitude à toute la postérité du genre humain. Et il donne l´arc-en-ciel pour signe de cette alliance.

Ces événements sont des indications au sujet des actes salvateurs de Dieu qui se produiront ultérieurement, dans l´Église de Christ : Dieu se tourne vers l´homme, il prend soin de lui et le protège, il l´intègre dans son alliance. Le passage en I Pierre 3 : 20-21 interprète expressément le sauvetage dans l´arche comme étant une préfiguration du baptême qui opère le salut dans la Nouvelle Alliance. C´est pour cette raison que la tradition chrétienne voit, dans l´arche, une image de l´Église de Christ.

L´alliance conclue avec Noé inclut tous les êtres humains. L´élection d´Abraham marque la fondation d´une autre alliance qui appelle Abraham et sa postérité à une relation particulière avec Dieu : Ils deviennent le peuple élu de Dieu. Le signe extérieur de cette alliance, c´est la circoncision, et cette alliance est confirmée à l´égard d´Isaac et de Jacob.

Plus tard, lorsque Moïse a reçu les Dix commandements sur le mont Sin et que, sur l´ordre de Dieu, il les a fait connaître au peuple d´Israël, Dieu a révélé sa volonté sous la forme d´une Loi, et il l´a fait savoir à une assemblée, une communauté.

Cette Loi fixait les règles qui présidaient à la relation des hommes à Dieu et entre eux. Elle règlementait aussi le vrai culte qui consistait dans le rite sacrificiel, accompli par les sacrificateurs dans la tente d´assignation, ainsi que dans la vénération du peuple pour Dieu et son attachement à lui par la prière, la profession de foi et l´obéissance. C´est à ce culte qu´était appelé Israël, en sa qualité de peuple élu par Dieu. Ces éléments fondamentaux de l´Ancienne Alliance renvoient, eux aussi, à Jésus-Christ et à l´institution de son Église : L´Ancienne Alliance renvoie à la Nouvelle Alliance, la circoncision, signe de l´Alliance, au baptême, la révélation de la volonté de Dieu à la prédication de la parole de Dieu, le culte sacrificiel des sacrificateurs à la sainte cène et à son administration par le ministère dûment mandaté, la prière et la profession de foi à l´adoration de la Trinité divine au cours du service religieux chrétien.

Le culte vétérotestamentaire trouvait, dans le temple de Jérusalem, un lieu central il était célébré de manière solennelle. C´est à Jérusalem que se dressait la maison de l´Eternel on s´assemblait pour louer Dieu (Ps 122) et lui offrir des sacrifices. Or, cet état de choses a changé à la suite de la destruction du temple et de la captivité babylonienne du peuple juif. En ce temps-, on se réunissait pour le culte dans des synagogues, on lisait et interprétait la parole de Dieu, c´est-à-dire la Loi. Le service sacrificiel ne pouvait évidemment pas avoir lieu ; dans cette mesure, ce culte était carencé. Lorsqu´après la captivité babylonienne le temple a été reconstruit et que le culte sacrificiel y était de nouveau possible, les fidèles ont continué à se réunir aussi dans des synagogues, à l´occasion d´un culte dont le pivot central était constitué par la parole.

Il s´agit ici d´un renvoi à l´Église néotestamentaire, au centre de laquelle Jésus-Christ, la Parole faite chair, est présent (Jn 1 : 1). L´épître aux Hébreux interprète l´Ancienne Alliance, avec la Loi, le culte sacrificiel, la circoncision et le sacerdoce, comme étant une « ombre », c´est-à-dire une préfiguration de la Nouvelle Alliance ( 8 : 5 ; 10 : 1). L´ombre n´est pas le véritable ; elle se contente de renvoyer au véritable. Non pas l´Ancienne Alliance, mais la Nouvelle Alliance seulement, instaurée par Jésus-Christ, est l´institution divine parfaite en vue du salut.

De cette manière, l´histoire du peuple élu de l´Ancienne Alliance est une ébauche de ce qui se réalise au sein du peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance, dans l´Église de Jésus-Christ.

6.2.2 Les débuts de l´Église de Jésus-Christ Retour en haut de page

Tout ce qui fonde l´Église tire son origine de la personne et de l´agir de Jésus-Christ qui est et apporte le salut.

« Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, d´une femme, sous la loi, afin qu´il rachète ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l´adoption » (Ga 4 : 4-5). Jésus, le Fils de Dieu, naît homme au milieu du peuple élu de l´Ancienne Alliance. Dieu se fait homme pour entrer dans l´histoire de l´humanité et en faire partie.

Il a appelé des hommes à venir à sa suite, s´est entouré de disciples, a prêché le royaume de Dieu, s´est révélé un législateur modèle dans le Sermon sur la montagne, a guéri des malades, nourri des affamés, ressuscité des morts, pardonné les péchés, promis et envoyé le Saint-Esprit.

L´incarnation de Dieu en Jésus-Christ est la condition nécessaire à l´existence de l´Église. Tous les autres événements participant de la fondation de l´Église sont fondés sur elle et sont à comprendre à partir d´elle : le choix des apôtres (Lu 6 : 12-16), l´instauration du ministère de Pierre (Mt 16 : 18), l´institution de la sainte cène (Mt 26 : 20-29), la mort et la résurrection de Jésus-Christ, l´ordre missionnaire (Mt 28 : 19-20).

Dans l´Histoire, l´Église de Christ paraît pour la première fois à la Pentecôte, lors de l´effusion du Saint-Esprit. L´apôtre Pierre a prêché dans la puissance du Saint-Esprit, et la première communauté s´est constituée. Le baptême, le pardon des péchés et la réception du don du Saint-Esprit sont des étapes salvifiques sur la voie qui mène au salut (Ac 2 : 38). Les premiers chrétiens ont persévéré dans « l´enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières » (Ac 2 : 42). Ces caractéristiques sont déterminantes pour l´Église de Christ.

EN BREF Retour en haut de page

L´Église de Jésus-Christ a été instituée sur terre par le Seigneur lui-même. (6)

La notion d´ « église » désigne un édifice religieux chrétien, une communauté locale ou une dénomination chrétienne ; au sens théologique, elle désigne l´Église de Jésus-Christ. (6.1)

Les êtres humains qui font partie de l´Église de Jésus-Christ sont appelés par Dieu à la communion éternelle avec lui. (6.1)

La vocation de l´Église consiste, d´une part, à rendre accessibles à l´être humain le salut et la communion éternelle avec la Trinité divine, et, d´autre part, à apporter adoration et louange à Dieu. (6.2)

L´Ancien Testament comporte de nombreuses indications au sujet de l´Église de Christ. (6.2.1)

L´épître aux Hébreux interprète l´Ancienne Alliance, avec la Loi, le culte sacrificiel, la circoncision et le sacerdoce, comme étant une « ombre », c´est-à-dire une préfiguration de la Nouvelle Alliance. L´Ancienne Alliance propose ainsi une ébauche de ce qui se réalise au sein de la Nouvelle Alliance, dans l´Église de Jésus-Christ. (6.2.1)

Tout ce qui fonde l´Église tire son origine de la personne et de l´agir de Jésus-Christ qui est et apporte le salut. L´incarnation de Dieu en Jésus-Christ est la condition nécessaire à l´existence de l´Église. (6.2.2)

Dans l´Histoire, l´Église de Christ paraît pour la première fois à la Pentecôte, lors de l´effusion du Saint-Esprit. (6.2.2)

Les premiers chrétiens ont persévéré dans l´enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. Ces caractéristiques sont déterminantes pour l´Église de Christ. (6.2.2)

6.2.3 Les images du Nouveau Testament pour décrire l´Église de Jésus-Christ Retour en haut de page

Le Nouveau Testament ne propose pas de doctrine cohérente de l´Église. En revanche, on y trouve un grand nombre d´images et d´exemples révélateurs de la nature de l´Église. Chacune de ces images renvoie à un ou plusieurs aspects de l´Église. Ces images peuvent s´interpréter de diverses manières, et même la Bible les utilise de façon hétéroclite.

6.2.3.1 Le corps de Christ Retour en haut de page

L´image de l´Église comme étant le corps de Christ occupe une place centrale.

Elle s´applique fréquemment à ceux qui, par le baptême, la foi et la profession de foi, appartiennent à Jésus-Christ. En Romains 12 : 4-5, les croyants sont désignés comme étant les « membres » du seul et même corps de Christ. Cette image reprend une conception courante en ce temps-, selon laquelle l´État formait un corps organique dont les individus sont les membres. Les dons des membres de l´Église sont différents, et il en va de même pour leurs tâches. Tous sont cependant solidaires les uns des autres et au service les uns des autres. L´Église est donc un organisme dont tous les membres sont interdépendants.

En dépit de leur diversité, les membres forment ensemble une unité. Membres du corps de Christ, ils prennent soin les uns des autres et sont liés les uns aux autres : « Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps » (1 Co 12 : 20).

En Éphésiens 1 : 22-23, Christ est montré comme étant la tête, le « chef » de l´Église, qui domine sur toutes choses. Il s´agit d´une allusion à l´hymne qui figure dans l´épître aux Colossiens et qui dit : « Il est la tête du corps de l´Église » (Col 1 : 18). Dans cette représentation imagée, l´Église de Christ est l´équivalent du « corps de Christ » : elle participe de la perfection de son Seigneur.

L´image du corps est aussi utilisée pour désigner l´Église locale, dans laquelle des hommes imparfaits sont appelés à parvenir à « l´unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l´état d´homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Ep 4 : 13).

L´ « accroissement » du corps, tant de l´Église tout entière que de l´Église locale et de chaque membre, s´opère par l´agir de Dieu (Col 2 : 19). Cette croissance se fait à tous égards en Christ qui, étant le chef, est aussi le Seigneur, l´aune et l´objectif (Ep 4 : 15). Aux fins de l´édification du corps de Christ, Dieu a donné des ministères et des services.

6.2.3.2 Le peuple de Dieu Retour en haut de page

L´image du peuple de Dieu renvoie au fait que Dieu avait élu un peuple parmi la diversité de tous ceux qui existaient : « Car tu es un peuple saint pour l´Eternel, ton Dieu ; l´Eternel, ton Dieu, t´a choisi, pour que tu sois un peuple qui lui appartienne entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre. Ce n´est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l´Eternel s´est attaché à vous et qu´il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l´Eternel vous aime, parce qu´il a voulu tenir le serment qu´il avait fait à vos pères... » (De 7 : 6-8).

L´histoire d´Israël est fondée sur l´agir salvifique de Dieu : c´est lui qui a délivré son peuple de la servitude égyptienne, pour le conduire dans le pays promis. C´est dans ce peuple qu´il a envoyé son Fils, c´est au cœur de ce peuple que Dieu se fait homme. Hélas, Israël rejette Jésus comme étant le Messie et ne croit pas en lui ; pour le peuple de Dieu de l´Ancienne Alliance, le Fils de Dieu devient ainsi une pierre d´achoppement, un rocher de scandale.

En face de ce peuple, il y a ceux qui, en leur qualité de peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance, croient en Jésus-Christ : « Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, [...] vous qui autrefois n´étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n´aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 Pi 2 : 9-10).

L´Église est ici montrée dans sa destinée présente et future. En elle se dessine actuellement par anticipation ce qu´elle sera d´une manière parfaite dans l´avenir : elle partagera la gloire de Christ.

6.2.3.3 La ville de Dieu Retour en haut de page

L´image de la ville de Dieu montre l´Église comme étant le lieu Dieu habite parmi tous ceux qui lui appartiennent. Ici-bas, l´Église est le lieu Jésus-Christ, en sa qualité de médiateur, rend le salut accessible de diverses manières et rend possible la communion avec Dieu. Dans cette mesure, l´Église est le lieu de la rencontre avec Dieu, de l´adoration et du culte de Dieu.

L´Église de Jésus-Christ surpasse l´imagination humaine ; elle est à la fois ici-bas et dans l´au-delà, présente et à venir. Ces aspects sont indissociables. La description qui en est faite en Hébreux 12 : 22-24 donne une intuition de la sublimité de l´Église, lorsqu´elle aura atteint sa perfection définitive ; les paroles : « Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste... » désignent l´Église dans toute sa plénitude. La dimension terrestre de l´Église est ainsi fondue dans sa dimension céleste. La Jérusalem céleste est le trône de Dieu, dont font partie les anges, « l´assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, les esprits des justes parvenus à la perfection et Jésus, qui est le médiateur de la Nouvelle Alliance. »

Si, dans le ciel, ce sont les êtres célestes qui apportent adoration et louange à Dieu (Ps 29 : 1 ; Ap 4), il en va de même ici-bas : ce sont les fidèles qui le font, dans la dimension terrestre de l´Église de Christ.

Dans la ville future de Dieu, la nouvelle Jérusalem, Dieu lui-même habitera avec les hommes (Ap 21 : 3).

6.2.3.4 Le royaume de Dieu Retour en haut de page

L´image du royaume de Dieu renvoie à la domination que Dieu exerce dans son Église. Dans de nombreuses paraboles, Jésus montre le royaume de Dieu sous ses différents aspects principaux (Mt 13). Le « royaume de Dieu » peut être, notamment :

  • Jésus-Christ, le Seigneur présent en personne (Lu 17 : 21),

  • son Église présente sur la terre,

  • le règne révélé lors des noces dans le ciel (Ap 19 : 6-7),

  • le règne de paix que Jésus-Christ, le Seigneur qui reviendra, érigera sur la terre,

  • le royaume éternel de Dieu dans la nouvelle création et

  • le séjour de la vie éternelle.

En Jean 3 : 3.5, il est dit que le royaume de Dieu est accessible seulement à ceux qui sont nés de Dieu : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. [...] si un homme ne naît d´eau et d´Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » « Voir le royaume de Dieu », c´est contempler Dieu en face. C´est ce que feront les prémices dès le jour du Seigneur (1 Jn 3 : 2) : elles verront le séjour de la vie éternelle.

6.2.3.5 Le troupeau de Dieu Retour en haut de page

Dans l´image du troupeau de Dieu, Jésus-Christ est le bon Berger ; il connaît les siens et donne sa vie pour eux. Il appelle les brebis qui sont dans d´autres bergeries à venir auprès de lui : continuellement, il appelle des hommes à intégrer son Église et à croire en lui. A la fin, il n´y aura plus qu´un seul troupeau et un seul berger (Jn 10 : 11-16). Jésus parle aux siens par l´intermédiaire du Saint-Esprit. Quiconque croit en lui et le suit obtient la vie éternelle (Jn 10 : 25-28).

Avant son ascension, le Ressuscité a confié ses « agneaux et ses brebis » à l´apôtre Pierre (Jn 21 : 15-17). Cet apôtre est donc chargé de prendre soin de ceux qui font partie de l´Église de Christ. Étant le troupeau de Jésus-Christ, les croyants restent aussi sa propriété.

Selon I Pierre 5 : 2-4, les ministres de l´Église sont appelés à paître l´Église comme étant le « troupeau de Dieu ». Ils ne sont pas les maîtres de l´Église, mais ses modèles. Ils accomplissent leur ouvrage dans la perspective du retour de Jésus-Christ, le « souverain berger ».

L´image du troupeau montre l´Église comme étant une communauté qui suit Christ. C´est Jésus-Christ, le bon berger, qui prend soin d´elle, la protège et la conduit.

6.2.3.6 Autres images pour décrire l´Église Retour en haut de page

Dans le Nouveau Testament, on trouve d´autres descriptions imagées, qui mettent en évidence les caractéristiques de l´Église déjà citées ainsi que d´autres aspects encore : le champ de Dieu, l´édifice de Dieu, la maison de Dieu, l´habitation de Dieu, le temple de Dieu, la femme enveloppée du soleil, le fils (l´enfant mâle) ou encore l´épouse (1 Co 3 : 9 ; 1 Ti 3 : 15 ; Ep 2 : 22 ; 1 Co 3 : 16-17 ; Apocalypse 12 ; Apocalypse 21 : 2). L´interprétation de ces images dépend de leurs contextes respectifs ; selon le contexte, une même image peut donner lieu à diverses déclarations. Ce qui est révélateur, c´est que, dans certains passages bibliques, plusieurs images sont associées entre elles.

Il convient donc de ne pas considérer une image pour elle-même. Le tableau d´ensemble de toutes ces images révèle cependant que l´Église est une, apostolique, universelle et sainte.

EN BREF Retour en haut de page

Le Nouveau Testament propose un grand nombre d´images et d´exemples qui sont révélateurs de la nature de l´Église. (6.2.3)

L´image de l´Église corps de Christ s´applique fréquemment à ceux qui, par le baptême, la foi et la profession de foi, appartiennent à Jésus-Christ. Elle montre que l´Église ressemble à un organisme dont tous les membres sont interdépendants. La croissance de ce corps se fait à tous égards en Christ qui, étant le chef, est aussi le Seigneur, l´aune et l´objectif. (6.2.3.1)

Comme Dieu a choisi le peuple d´Israël parmi beaucoup de peuples, il a aussi choisi un peuple sous la Nouvelle Alliance, savoir son Église. (6.2.3.2)

L´image de la ville de Dieu montre l´Église comme étant le lieu Dieu habite parmi tous ceux qui lui appartiennent. (6.2.3.3)

L´image du royaume de Dieu renvoie à la domination que Dieu exerce dans son Église. (6.2.3.4)

L´image du troupeau montre l´Église comme étant une communauté qui suit Jésus-Christ, le bon berger. (6.2.3.5)

D´autres images pour décrire l´Église sont notamment celles-ci : l´habitation de Dieu, le temple de Dieu, la femme enveloppée du soleil, le fils (l´enfant mâle) ou encore l´épouse. (6.2.3.6)

6.3 L´Église de Jésus-Christ : un mystère Retour en haut de page

Tout ce qui est et sera constitutif de l´Église trouve son fondement dans la parole, l´œuvre et la nature de Jésus. Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme : il présente donc deux natures (cf. 3.4.3). Ce mystère demeure insondable. Ainsi l´Église de Christ, dans sa nature, est-elle finalement tout aussi insondable : elle est également un mystère. Elle aussi a une nature double et ne peut s´appréhender qu´au moyen de la foi.

Par Jésus-Christ, le médiateur entre Dieu et l´homme, celui-ci peut avoir part au salut. Cette bonne nouvelle doit être prêchée et diffusée par des apôtres (1 Ti 2 : 5-7). Sous l´activité du Saint-Esprit, la prédication est, de diverses manières, la parole de Christ ; or, de l´écoute de cette parole, procède la foi (Ro 10 : 16-17). C´est ainsi que, par la proclamation de l´Evangile, l´Église participe du service de médiation de Christ. Par sa nature, l´Église de Christ renvoie à la nature double de Jésus-Christ. Sa nature divine est cachée ou invisible, tandis que sa nature humaine est visible ou manifeste. Dans sa nature humaine, Jésus vieillissait comme n´importe quel autre être humain aussi ; il éprouvait des douleurs et de la peur, il connaissait la faim et la soif. Il participait donc de la destinée humaine générale, sans cependant en partager la condition pécheresse.

L´Église de Christ a, elle aussi, une face cachée ou invisible, et une face visible ou manifeste. Ces deux faces de l´Église sont tout aussi indissociables l´une de l´autre que les deux natures de Jésus-Christ. Bien que différentes l´une de l´autre, elles sont indissolublement unies l´une à l´autre.

Comme la nature divine de Jésus-Christ, la face cachée de l´Église est finalement indescriptible ; son existence est cependant perceptible dans l´efficacité salvifique des sacrements et de la parole de Dieu. Dans la face cachée de l´Église, qui se compose de tous ceux qui sont baptisés en bonne et due forme [10], qui croient véritablement et qui professent le Seigneur, les quatre caractéristiques qui constituent l´Église (l´unité, la sainteté, l´universalité et l´apostolicité) sont présentes de manière parfaite. C´est cette face de l´Église dont il est question dans l´article 3 de la confession de foi.

Comme Jésus homme, la face manifeste de l´Église participe de l´histoire générale de l´humanité. Contrairement à Jésus, les hommes qui agissent au sein de l´Église cèdent cependant au péché. C´est la raison pour laquelle on trouve, dans l´Église aussi, les erreurs, les égarements et les déraillements qui sont le propre de l´humanité. Ces carences de l´Église visible ne peuvent cependant pas nuire à l´Église invisible et parfaite, cette Église dont font partie les vrais croyants et élus (cf. 4.5), ni la réduire à néant.

A la fois l´implication l´une dans l´autre, de l´Église visible et invisible, et leur séparation ne peuvent s´appréhender qu´au moyen de la foi. La forme visible de l´Église, c´est-à-dire l´Église de Christ dans sa réalisation historique, n´est pas le but de la foi : elle est l´institution, au sein de laquelle on peut actuellement obtenir le salut et faire l´expérience de la proximité de Dieu.

[10] Le baptême en bonne et due forme est dispensé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et avec de l´eau.

6.4 La foi en l´Église une, sainte, universelle et apostolique Retour en haut de page

Dans l´Église de Jésus-Christ, instituée ici-bas par le Seigneur, le salut est accessible. Les hommes qui en