Catéchisme

5 Les commandements de Dieu

Dieu a donné des commandements aux hommes, par lesquels il leur fait connaître sa volonté en vue de leur bien.

5.1 Vivre dans la foi, en appliquant les commandements de Dieu Retour en haut de page

La foi en Dieu se répercute de manière déterminante sur la vie de l´homme : Le croyant s´efforce de conformer ses pensées et ses actes à la volonté de Dieu. Il reconnaît en Dieu l´auteur d´un ordre juste.

C´est afin qu´ils puissent se mouvoir dans cet ordre que Dieu, leur Créateur, a donné des commandements aux hommes. Dans ces commandements, qui sont l´expression de la volonté de Dieu, il leur dit comment construire et entretenir leur relation avec lui. Ces commandements constituent par ailleurs le fondement d´une vie en société épanouissante pour les hommes.

Parce qu´il reconnaît Dieu comme étant son Seigneur et que, conscient de l´omniscience de Dieu, il a confiance en ses voies, le croyant s´enquiert de la volonté de Dieu et s´efforce d´y soumettre sa propre volonté.

Dès les temps vétérotestamentaires, des hommes et des femmes ont fait en sorte que leurs actes fussent dictés par la foi ; le 11e chapitre de l´épître aux Hébreux en cite quelques-uns en exemples. Le passage en Hébreux 12 : 1 exhorte à fuir le péché « qui nous enveloppe si facilement » et à mener courageusement le combat de la foi, en courant « avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte. »

Notre plus grand modèle en la matière est Jésus, l´auteur et le consommateur de la foi. Un avec son Père, il a toujours soumis sa volonté à la sienne (Lu 22 : 42). Son obéissance inconditionnelle et l´accomplissement, par Jésus, de tout ce que son Père lui avait ordonné de faire sont un appel à le suivre et à mener une vie conforme à son exemple : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j´ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour » (Jn 15 : 10). Pour tous ceux qui le suivent en faisant preuve d´obéissance de la foi, Jésus-Christ est l´auteur du salut éternel ( 5 : 8-9).

Fait partie de la foi du chrétien la connaissance que le salut s´obtient par la réception des sacrements. La réception de ces actes divins à salut et l´attente du proche retour de Christ le font « renoncer à l´impiété et aux convoitises mondaines, et [...] vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété, en attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Il s´est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartiennent, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres » (Tit 2 : 12-14).

« Vivre dans le siècle présent selon la piété », c´est conformer, dans une confiance d´enfant, sans tartuferie ni hypocrisie, ses pensées et ses actes à la volonté de Dieu. Le fondement de cette confiance d´enfant en le Père céleste consiste dans l´amour que Dieu voue à l´homme. Celui-ci se soumet à la volonté divine en faisant preuve d´obéissance de la foi.

Édifier l´ « obéissance de la foi » au nom de Jésus est une tâche qui incombe à l´apostolat (Ro 1 : 5 ; 16 : 25-26). Celui qui fait preuve de cette obéissance conforme sa vie à la doctrine de Christ (Ro 6 : 17). C´est cela, vivre véritablement dans la foi, en appliquant les commandements de Dieu, et c´est de cette manière que s´exprime l´amour de l´homme pour Dieu.

EN BREF Retour en haut de page

Les commandements expriment la volonté de Dieu, quant à la manière de construire la relation avec lui. Ils constituent par ailleurs le fondement d´une vie en société épanouissante pour les hommes. (5.1)

Dans un acte de foi, l´homme accepte Dieu comme étant son Seigneur ; il lui fait confiance et s´efforce de faire en sorte que ses pensées et ses actes soient conformes à la volonté de Dieu. (5.1)

L´obéissance inconditionnelle de Jésus à son Père est un appel à le suivre et à mener sa vie conformément à son exemple. (5.1)

5.2 Les commandements de Dieu, expression de son amour Retour en haut de page

Dieu est amour (1 Jn 4 : 16), et ses commandements sont l´expression de son amour. La finalité des commandements est d´aider les hommes à vivre en accord avec la volonté de Dieu et en harmonie entre eux. Le but des commandements de Dieu, « c´est un amour venant d´un cœur pur, d´une bonne conscience, et d´une foi sincère » (1 Ti 1 : 5).

Dieu a créé l´homme et l´a béni. Il l´aime dès le commencement. Son amour protecteur perdure même à l´égard de sa créature déchue. L´agir salvifique de Dieu repose tout entier sur son amour. C´est par amour qu´il a choisi le peuple d´Israël (De 7 : 7-8). Par ses commandements, il fait connaître sa volonté à ce peuple, par lequel toutes les nations seront bénies, et fait naître en lui, pour l´offrir en guise d´expression suprême de son amour pour le monde (Jn 3 : 16), son Fils Jésus-Christ.

Dans sa loi et par la bouche des prophètes qui prêchaient au peuple de l´Ancienne Alliance, Dieu avait déjà accordé une grande importance à l´amour, et Jésus-Christ la souligne à son tour. À la question de savoir quel est « le plus grand commandement » (Mt 22 : 36), Jésus répond en citant deux extraits de la loi mosaïque : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C´est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes » (Mt 22 : 37-40).

Jésus-Christ est l´aboutissement de l´Ancienne Alliance et le commencement de la Nouvelle. Dans cette Nouvelle Alliance, Dieu offre à l´homme la possibilité de devenir son enfant et de recevoir cet élément de la nature personnelle de Dieu qu´est l´amour : « [...] l´amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Ro 5 : 5). Cet amour immanent pour Dieu suscite la connaissance que l´amour de Dieu se révèle dans ses commandements. Dès lors, on ne les garde plus par crainte d´un châtiment, mais par amour pour le Père céleste : « Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu, lorsque nous aimons Dieu, et que nous pratiquons ses commandements. Car l´amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jn 5 : 2-3 ; cf. Jn 14 : 15.21.23).

5.2.1 L´amour pour Dieu Retour en haut de page

L´amour de l´homme pour Dieu et pour le prochain est fondé en Dieu. L´amour est la nature même du Créateur ; il est par conséquent éternel : L´amour de Dieu existe avant toute création et ne prend jamais fin. C´est de Dieu, par Dieu et pour Dieu que sont toutes choses (Ro 11 : 36).

De l´amour que Dieu témoigne à l´homme, procède, dans le cœur du croyant, le désir de répondre à cet amour (1 Jn 4 : 19). Tout comme la foi est la réponse de l´homme à la révélation de Dieu, l´amour pour Dieu est sa réponse à l´amour reçu de lui.

En Ecclésiastique [8] 1 : 14, il est dit : « L´amour de Dieu est la sagesse vraiment digne d´être honorée » (Traduction de Lemaître de Sacy. 1657-1700. Cf. aussi Bible de Maredsous. 1977). Quiconque aime Dieu éprouve le désir de parvenir dans la communion avec lui, désir alimenté par le fait que l´amour de Dieu a été répandu par le Saint-Esprit dans le cœur de ceux qui sont régénérés (Ro 5 : 5). La digne réception de la sainte cène fortifie l´amour pour Dieu qui peut ainsi augmenter en celui qui est régénéré d´eau et d´Esprit, et le pénétrer de part en part.

Aimer Dieu, c´est rechercher l´amour (1 Co 14 : 1). Aimer Dieu est un commandement qui concerne l´être humain tout entier et nécessite son engagement total : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » (Mc 12 : 30). L´accomplir confère de la substance et du sens à la vie.

Il faut que l´amour pour Dieu marque la nature de l´homme et détermine sa conduite.

EN BREF Retour en haut de page

Les commandements de Dieu sont l´expression de son amour. Leur finalité est d´aider les hommes à vivre en accord avec la volonté de Dieu et en harmonie entre eux. (5.2)

Le fait de discerner l´amour de Dieu dans ses commandements incite à garder et à appliquer ses commandements, non pas par crainte d´un châtiment, mais par amour pour lui. (5.2)

[8] NdT : « Ecclésiastique » (à ne pas confondre avec « L´Ecclésiaste ») est la transcription française, retenue dans certaines versions de la Bible, du titre latin de ce livre : « Liber Ecclesiasticus » ; en grec, il est intitulé : « Sagesse de Jésus fils de Sirach », du nom de son auteur, d´où le titre de « Siracide » dans plusieurs versions récentes. Il est intéressant de noter que le texte cité ici et référencé 1 : 14 est absent de certaines Bibles (TOB, Osty, PDV, Jérusalem).

5.2.2 L´amour du prochain : Aimer son semblable Retour en haut de page

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ( 19 : 18). Aux yeux de la loi mosaïque, le prochain était d´abord un membre du peuple d´Israël ; c´est dans ce seul cadre que le commandement s´appliquait premièrement. Il s´est évidemment étendu ensuite aux étrangers qui habitaient dans le pays des Israélites, pour les protéger ( 19 : 33-34).

Le Fils de Dieu a associé les commandements cités en Lévitique 19 : 18 et en Deutéronome 6 : 5, pour en faire le double commandement de l´amour (Mt 22 : 37-39).

L´exemple du bon Samaritain (Lu 10 : 25-37) montre que Jésus a aboli la limitation du commandement de l´amour du prochain au seul peuple d´Israël. Il a défini le prochain d´une part comme étant celui qui a besoin d´aide. On ne saurait dire s´il est question, dans cette histoire, d´un Israélite ou d´un païen : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho... » Le prochain est d´autre part celui qui porte secours ; dans cette parabole, il s´agit d´un Samaritain, c´est-à-dire d´un membre d´un peuple méprisé par les Israélites. L´évidence s´impose : Dès qu´un homme se tourne vers un autre, ils deviennent le prochain l´un de l´autre. Le prochain est donc toute personne avec qui nous entrons en relation.

On peut en déduire qu´il faut élargir le champ d´application des Dix commandements (Décalogue) : ils sont valables pour tous les hommes.

La plupart des Dix commandements concernent le prochain (Ex 20 : 12-17) : C´est ce que souligne le fait que le Fils de Dieu, s´adressant au jeune homme riche, a évoqué le commandement de l´amour du prochain à côté de quelques autres commandements du Décalogue (Mt 19 : 18-19).

Aux yeux de l´apôtre Paul, les prescriptions qui s´appliquent à nos semblables sont résumées dans le commandement de l´amour du prochain (Ro 13 : 8-10). Cette connaissance s´appuie sur la déclaration du Seigneur, selon laquelle « toute la loi et les prophètes » dépendant de ce double commandement (Mt 22 : 37-40). Cette déclaration se trouve aussi dans le Sermon sur la montagne, dans le contexte de la « règle d´or » : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c´est la loi et les prophètes » (Mt 7 : 12).

Tout homme peut être le prochain de l´autre. Jésus l´affirmetoujours dans son Sermon sur la montagne - d´une manière très radicale en exigeant que l´on aime même ses ennemis.

L´amour du prochain incite à user de miséricorde envers tous les hommes - même envers des ennemis (Mt 5 : 44) - qui ont besoin de miséricorde. Pratiquer l´amour du prochain, c´est, notamment, s´engager de manière désintéressée pour le bien d´autrui, et en priorité pour ceux qui, d´une manière ou d´une autre, sont défavorisés.

Les imitateurs de Christ sont non seulement appelés à pratiquer l´amour du prochain sur le plan des ressorts terrestres, mais aussi à attirer l´attention des hommes sur l´Évangile de Christ. C´est cela, aimer « en actions et avec vérité » (1 Jn 3 : 18). L´intercession en faveur des défunts s´inscrit aussi dans ce contexte.

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22 : 39) : ces paroles de Jésus concèdent à l´homme le droit de penser à soi-même ; par ailleurs, le Seigneur fixe ainsi des limites claires à l´égoïsme et appelle à aller à la rencontre de son semblable dans une démarche dictée par l´amour.

La pratique, sous quelque forme que ce soit, de l´amour du prochain mérite une grande reconnaissance. Plus elle a lieu, plus les détresses reculent et plus la société devient harmonieuse. La doctrine de Jésus démontre que l´amour pour Dieu permet à l´amour du prochain de se déployer pleinement.

5.2.3 L´amour du prochain : Aimer les membres de l´Église Retour en haut de page

L´amour du prochain doit se manifester plus particulièrement au sein de l´Église : « Que chacun de nous plaise au prochain pour ce qui est bien en vue de l´édification » (Ro 15 : 2). Jésus enseigne : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l´amour les uns pour les autres » (Jn 13 : 34-35). L´amour que se portent mutuellement les imitateurs de Jésus-Christ est donc un signe de reconnaissance de l´Église du Seigneur.

Le critère de leur amour va au-delà de la « règle d´or » citée en Matthieu 7 : 12 : Chacun doit aimer l´autre de l´amour dont Christ aime les siens. Cet amour se révèle au sein de la première Église chrétienne dans le fait que « la multitude de ceux qui avaient cru n´était qu´un cœur et qu´une âme » (Ac 4 : 32). Bien évidemment, les membres des communautés étaient régulièrement exhortés à être conciliants, à rechercher la paix et à faire preuve d´amour les uns envers les autres.

Le passage en I Jean 4 : 7 sqq. établit le lien entre le commandement de l´amour mutuel et celui de l´amour pour Dieu. L´apôtre décrit la révélation aux hommes du Dieu aimant par l´envoi de son Fils et le sacrifice de Christ, et il en déduit : « Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. » Et de poursuivre, en toute logique, en affirmant que celui qui prétend aimer Dieu et qui hait son frère est un menteur, pour en tirer la conclusion suivante : « Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. »

L´amour pour Dieu s´exprime par conséquent aussi dans la sollicitude envers les frères et sœurs de la communauté, indépendamment de leur caractère ou de leur position sociale. L´apôtre Jacques juge incompatible avec la foi « en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ » tout favoritisme au sein de l´Église. Quels que soient les préjugés qui peuvent exister au sein de l´Église, ils transgressent tous le commandement de l´amour du prochain. Et Jacques d´en conclure : « [...] si vous faites du favoritisme, vous commettez un péché » (Ja 2 : 1-9).

Le fait de « nous aimer les uns les autres » nous préserve de l´irréconciliabilité, des préjugés et du mépris envers certains membres de l´Église. Si le commandement de l´amour du prochain exige que l´on porte secours et assistance à son semblable en détresse, il convient de le faire plus particulièrement au sein de l´Église : « Pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi » (Ga 6 : 10).

L´amour mutuel est une force particulière qui affermit la cohésion au sein de l´Église et apporte de la chaleur à la vie des communautés. Il évite que des conflits (qui surgissent inévitablement dans toute communauté humaine) s´installent dans la durée. Il favorise l´acceptation mutuelle (Ro 15 : 7). Les différences de conception, de structure de pensée et de comportement, incompréhensibles pour certains membres de l´Église, n´entraînent ni dénigrement ni exclusion, mais rencontrent de la tolérance.

De surcroît, un tel amour nous permet de prendre conscience du fait que l´autre fait aussi partie des élus de Dieu, des « saints et bien-aimés ». Cette connaissance impose à tous le devoir de se témoigner mutuellement et sincèrement miséricorde, amabilité, humilité, douceur et patience. Si l´un devait avoir sujet de se plaindre de l´autre, qu´ils s´efforcent tous deux de pardonner, conformément à la parole : « De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » Et l´apôtre Paul d´ajouter ce conseil : « Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de l´amour, qui est le lien de la perfection » (Col 3 : 12-14).

Chaque communauté locale peut se concevoir comme étant l´image du corps de Christ : tout individu qui en fait partie est un membre de ce corps. De cette manière, tous les membres de la communauté sont solidaires les uns des autres, et leur tête commune leur assigne le devoir d´être au service les uns des autres : « Dieu a disposé le corps de manière [...] que les membres aient également soin les uns des autres. » Chacun contribue au bien de la communauté tout entière en prenant part à la vie de l´autre ; compatir à ses souffrances et partager ses joies vont de soi : « Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. » Il faut que tous prennent conscience de cette réalité : « Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part » (1 Co 12 : 12-27).

En I Corinthiens 13, l´apôtre Paul montre à l´Église la voie de l´amour ; il conclut en ces termes : « Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l´espérance, l´amour ; mais la plus grande de ces choses, c´est l´amour. » Si cet amour règne dans l´Église, ses répercussions dépasseront de loin celles de tous les dons, talents, connaissances et savoirs.

EN BREF Retour en haut de page

Aux yeux de la loi mosaïque, le prochain était d´abord un membre du peuple d´Israël. Comme le montre la parabole du bon Samaritain, Jésus abolit cette limitation : tout homme peut être le prochain de l´autre. (5.2.2)

Dans son Sermon sur la montagne, Jésus appelle même à aimer ses ennemis. (5.2.2)

L´amour du prochain impose des limites à l´égoïsme. Il encourage à user de miséricorde envers quiconque. Les imitateurs de Christ sont non seulement appelés à pratiquer l´amour du prochain sur le plan des ressorts terrestres, mais aussi à attirer l´attention des hommes sur l´Évangile de Christ. L´intercession en faveur des défunts s´inscrit aussi dans ce contexte. (5.2.2)

L´amour pour Dieu permet à l´amour du prochain de se déployer pleinement. (5.2.2)

Pour les imitateurs de Christ, le critère de leur amour va au-delà de la « règle d´or » (« Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux ») : Chacun doit aimer l´autre comme Christ aime les siens. Un tel amour préserve de l´irréconciliabilité, des préjugés et du mépris, parce qu´il accepte le frère et la sœur tels qu´ils sont. (5.2.3)

5.3 Les Dix commandements Retour en haut de page

Les Dix commandements constituent le cœur de la loi mosaïque, du Pentateuque (Thora). Ils précisent les comportements qui plaisent à Dieu et ceux qui lui déplaisent. On peut en déduire des indications concrètes sur la manière dont l´amour pour Dieu et l´amour du prochain, exigés par Jésus, doivent se répercuter sur le mode de vie.

Dans les Dix commandements, Dieu s´adresse à tous les hommes et rend l´individu personnellement responsable de sa conduite et de ses choix de vie.

5.3.1 La notion de « commandement » Retour en haut de page

L´expression : les « Dix commandements » ou le « Décalogue » est dérivée de la formulation biblique : les « Dix paroles » (« deka logoi ») en Exode 34 : 28 et Deutéronome 10 : 4.

5.3.1.1 La numérotation Retour en haut de page

La Bible fixe le nombre des commandements à dix, sans pour autant les numéroter. Il en est résulté des numérotations différentes. Celle qui est en usage au sein de l´Église néo-apostolique remonte à une tradition datant du IVe siècle ap. J.-C.

5.3.1.2 Les Dix commandements dans l´Ancien Testament Retour en haut de page

Les Dix commandements revêtent une importance capitale au sein de la loi mosaïque : C´est eux seulement que Dieu annonce de manière audible pour son peuple sur le mont Sin (De 5 : 22), c´est eux seulement qui sont gravés sur des tables de pierre (Ex 34 : 28).

La proclamation des Dix commandements fait partie de l´Alliance que Dieu a conclue avec Israël. Il a ainsi renouvelé l´Alliance contractée antérieurement avec Abraham, Isaac et Jacob (De 5 : 2-3). En Deutéronome 4 : 13, il est dit : « [L´Eternel] publia son alliance, qu´il vous ordonna d´observer, les dix commandements ; et il les écrivit sur deux tables de pierre. »

Pour les Israélites, l´observation des commandements était un devoir inhérent à l´alliance, que Dieu bénissait (De 7 : 7-16). Dès leur jeune âge, les enfants du peuple d´Israël les apprenaient par cœur (De 6 : 6-9). Les Dix commandements ont gardé jusqu´à nos jours toute leur importance au sein du judaïsme.

5.3.1.3 Les Dix commandements dans le Nouveau Testament Retour en haut de page

Dans le Nouveau Testament, les Dix commandements sont confirmés par le Fils de Dieu qui en approfondit le sens et la portée. Dans ses déclarations, Jésus-Christ se montre comme étant le maître des commandements, mieux, le maître de la loi tout entière (Mt 12 : 8). Dans ce qu´il dit au jeune homme riche, il montre que l´homme ne peut obtenir la vie éternelle qu´à la condition, au-delà de respecter les commandements, de suivre Christ (Mt 19 : 16-22 ; Mc 10 : 17-21).

Jésus-Christ porte un regard nouveau sur la loi mosaïque (cf. 4.8) et, par conséquent, sur les Dix commandements. L´apôtre Paul a résumé le sens de la loi mosaïque selon la conception vétérotestamentaire dans la formulation : « C´est par la loi que vient la connaissance du péché » (Ro 3 : 20).

La transgression d´un seul des commandements rend l´homme coupable de transgression de toute la loi (Ja 2 : 10). Tous les hommes transgressent donc la loi, tous sont pécheurs.

La loi offre la possibilité de discerner le péché. Seul le sacrifice de Christ, fondement de la Nouvelle Alliance, offre la possibilité d´effacer les péchés commis.

Les Dix commandements gardent toute leur validité sous la Nouvelle Alliance ; tous les hommes sont tenus de les respecter. La compréhension des Dix commandements, modifiée sous la Nouvelle Alliance, est aussi fondée sur le fait que, conformément aux prophéties mentionnées en Jérémie 31 : 33-34, la loi divine n´est plus gravée sur des tables de pierre, mais mise au-dedans de l´homme et écrite dans son cœur. Accomplir la loi de l´amour de Dieu et du prochain, c´est accomplir toute la loi (Ro 13 : 8-10).

5.3.1.4 Les termes des Dix commandements Retour en haut de page

Les termes actuellement en usage des Dix commandements ne se recouvrent pas entièrement avec ceux retenus dans la Bible, auxquels on a préféré une forme simple, qui en préserve le sens et qui est facile à retenir.

Termes usuels des Dix commandements Retour en haut de page

Premier commandement

Je suis lEternel, ton Dieu, tu nauras point dautres dieux devant ma face.

Deuxième commandement

Tu ne prendras point le nom de lEternel, ton Dieu, en vain, car lEternel ne laissera point impuni celui qui aura pris son nom en vain.

Troisième commandement

Tu sanctifieras le jour du repos.

Quatrième commandement

Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés dans le pays que lEternel, ton Dieu, te donne.

Cinquième commandement

Tu ne tueras point.

Sixième commandement

Tu ne commettras point dadultère.

Septième commandement

Tu ne déroberas point.

Huitième commandement

Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.

Neuvième commandement

Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain.

Dixième commandement

Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bétail, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

Les Dix commandements en Exode 20 : 2-17 Retour en haut de page

Premier commandement

Je suis lEternel, ton Dieu, qui tai fait sortir du pays dÉgypte, de la maison de servitude. Tu nauras pas dautres dieux devant ma face.

Tu ne te feras point dimage taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ;

car moi, lEternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis liniquité des pères sur les enfants jusquà la troisième et la quatrième génération de ceux qui