Catéchisme

4 La nécessaire rédemption de l´être humain

L´homme tombé dans le péché a besoin d´être délivré du mal.

4.1 Le mal : les puissances hostiles à Dieu Retour en haut de page

L´origine du mal dans l´ordre de la création ne peut pas se concevoir ni s´expliquer de manière rationnelle. Paul parle du mal comme d´un mystère (cf. 2 Th 2 : 7. NdT : Selon les versions bibliques, la notion de mal (NBS) est encore rendue par : iniquité (NEG, SER), méchanceté (BFC), impiété (Jérusalem, TOB), mauvais (PDV) ou révolte (Semeur). Le mal n´est pas toujours clairement discernable. Il se travestit parfois pour prendre l´aspect du bien ou du divin (2 Co 11 : 14). C´est face à la foi en l´Évangile seulement que la vraie nature du mal, sa puissance, sa force et ses répercussions se révèlent.

Seul Dieu est véritablement bon. En un premier temps, et selon les paroles même de Dieu, la création invisible et visible est très bonne (Ge 1 : 1-31) ; à l´origine, le mal n´y a donc pas sa place. Dieu n´a pas créé le mal en tant que tel. Le mal ne fait pas partie des choses concrètement créées ; il est simplement permis.

Lorsqu´il crée l´homme, Dieu le fait à son image, selon sa ressemblance (Ge 1 : 26 sqq.), en le dotant notamment du libre arbitre : il peut choisir d´obéir ou de désobéir à Dieu (Ge 2 : 16-17 ; 3 : 1-7). C´est ainsi que s´explique la possibilité du mal. Et le mal apparaît au grand jour, quand l´homme s´oppose sciemment et intentionnellement au bien, en s´éloignant de Dieu et de la volonté de celui-ci. Le mal qui est dans l´homme n´est par conséquent pas créé par Dieu ; en un premier temps, il est une possibilité, pour laquelle l´homme a opté en transgressant l´interdit divin. Dieu n´a ni voulu ni créé le mal ; il l´a cependant permis, en n´empêchant pas l´homme de faire son choix.

Depuis la chute dans le péché, l´homme ainsi que le toute la création sont affectés par le mal (Ro 8 : 18-22).

Le mal commence à se déployer avec la révolte de la créature contre son créateur. A la suite de la désobéissance, de la chute dans le péché, le mal se répand et éloigne l´homme de Dieu, le rend étranger à lui et, finalement, impie.

4.1.1 Le mal, force hostile à Dieu Retour en haut de page

Le mal est une force qui prend sa source dans la volonté de se rendre indépendant de Dieu et dans le désir d´être semblable à lui. Cette force change du tout au tout celui qui lui succombe : l´ange devient démon, et l´homme pécheur.

La force du mal se manifeste régulièrement au fil de l´histoire de l´humanité. Après la chute d´Adam et d´Ève dans le péché, nous la discernons, dans l´Ancien Testament notamment, dans le fratricide commis par Caïn, dans l´impiété qui règne au temps de Noé, dans l´oppression du peuple d´Israël par les Égyptiens.

Le mal est une force destructrice qui s´oppose à la création de Dieu. Il est polymorphe : Il est aveuglement et décomposition, mensonge, envie et cupidité, ruine et mort.

À cause de la propension au péché (concupiscence), aucun homme — à l´exception du Fils de Dieu venu en chair - n´est plus en mesure, depuis la chute dans le péché, de mener une vie impeccable. Pour autant, nul n´est livré sans volonté au mal ; l´individu ne peut donc pas s´exonérer de la responsabilité des péchés qu´il a commis.

4.1.2 La personnification du mal Retour en haut de page

Le mal n´apparaît pas seulement sous la forme d´une force, mais aussi sous les traits d´une personne. L´Écriture sainte appelle le mal personnifié « diable » (Mt 4 : 1), « Satan » ou « esprit impur », c´est-à-dire « démon » (Job 1 : 6 sqq. ; Mc 1 : 13.23).

En II Pierre 2 : 4 et en Jude 6, il est question d´anges qui ont péché. Ces êtres spirituels ont succombé au mal et sont ainsi devenus eux-mêmes mauvais. « Le diable pèche dès le commencement » (1 Jn 3 : 8), « il a été meurtrier dès le commencement [...] Il est menteur et le père du mensonge » (Jn 8 : 44). La question que le serpent a posée à Adam et Ève fait naître le doute à l´égard de Dieu et suscite la révolte contre lui : « Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s´ouvriront, et que vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal » (Ge 3 : 4-5).

Une autre personnification du mal est l´antéchrist. C´est lui que désigne Jésus-Christ en parlant de « faux christs et de faux prophètes » (Mc 13 : 22). De même, les expressions « l´homme impie » et « le fils de la perdition» renvoient à l´antéchrist (2 Th 2 : 3-4).

Satan n´est pas en mesure de faire échouer le plan de salut divin, au contraire : « Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable » (1 Jn 3 : 8). Le pouvoir de Satan et de ses acolytes est limité ; il est déjà brisé par la mort sacrificatoire de Jésus-Christ. C´est à Jésus-Christ qu´a été donné « tout pouvoir dans le ciel et sur la terre » (Mt 28 : 18) ; il possède donc aussi tout pouvoir sur les esprits mauvais.

Selon Apocalypse 12, le malin, personnifié par Satan, le diable, le dragon ou encore le serpent, est précipité hors du ciel. Une dernière possibilité de réaliser son œuvre hostile à Dieu lui est donnée après le règne de paix (Ap 20 : 7-8). Le bannissement définitif du malin dans « l´étang de soufre et de feu » est finalement évoqué en Apocalypse 20 : 10. Dans la nouvelle création, où Dieu sera « tout en tous » (1 Co 15 : 28), le mal n´aura plus sa place.

EN BREF Retour en haut de page

L´origine du mal dans l´ordre de la création ne peut pas se concevoir ni s´expliquer de manière rationnelle. C´est face à la foi en l´Évangile seulement que la vraie nature du mal se révèle. (4.1)

En un premier temps, la création invisible et visible est très bonne ; Dieu n´a pas créé le mal en tant que tel, il l´a simplement permis. C´est dans la possibilité du choix entre l´obéissance et la désobéissance à Dieu qu´est fondée la possibilité du mal. (4.1)

Le mal commence à se déployer avec la révolte de la créature contre son créateur. Il éloigne l´homme de Dieu, le rend étranger à lui et, finalement, impie. (4.1)

Le mal est une force qui prend sa source dans la volonté de se rendre indépendant de Dieu. Elle change celui qui lui succombe. L´homme devient pécheur. (4.1.1)

À cause de la concupiscence, aucun homme — à l´exception du Fils de Dieu venu en chair - n´est plus en mesure de mener une vie impeccable. Pour autant, nul n´est livré sans volonté au mal. Nul ne peut s´exonérer de la responsabilité des péchés qu´il a commis. (4.1.1)

Le mal n´apparaît pas seulement sous la forme d´une force, mais aussi sous les traits d´une personne et est notamment appelé « diable », « Satan » ou « esprit impur » (démon). (4.1.2)

4.2 La chute dans le péché Retour en haut de page

La doctrine du péché et de la nécessité, pour l´être humain, d´être sauvé, est fondée sur le récit de l´Écriture sainte rapportant la chute dans le péché (cf. aussi 3.3.3) : « L´Eternel Dieu donna cet ordre à l´homme : [...] Tu ne mangeras pas de l´arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement » (Ge 2 : 16-17). « La femme vit que l´arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu´il était précieux pour ouvrir l´intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d´elle, et il en mangea » (Ge 3 : 6).

4.2.1 Les conséquences, pour l´homme, de sa chute dans le péché Retour en haut de page

A la suite de sa chute dans le péché, l´homme est chassé du jardin d´Éden (Ge 3 : 23-24).

Si, en un premier temps, l´homme s´est détourné de Dieu par son acte, il découvre à présent une nouvelle dimension de son existence : la séparation d´avec Dieu (Ge 2 : 17 ; Ro 6 : 23).

4.2.1.1 L´homme déchu Retour en haut de page

L´homme veut s´élever au-dessus de son Créateur et rompt ainsi sa relation sereine avec Dieu. En découlent, jusqu´à ce jour, des conséquences importantes pour tout le genre humain.

Adam est, pour ainsi dire, l´archétype du pécheur. Cela vaut pour les motifs qui incitent au péché, le comportement lié à la condition de pécheur et le désespoir consécutif à la chute.

La pensée déterminante qui a présidé à la transgression de l´interdit divin réside dans la tentation : « [...] vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal » (Ge 3 : 5). Ne plus vouloir reconnaître de dieu au-dessus de soi, mais vouloir être son propre dieu, ne plus vouloir respecter les commandements de Dieu, mais agir à sa propre guise, au gré de ses besoins et de ses envies, voilà autant de motifs d´adopter une conduite pécheresse.

Dans le livre de la Genèse, l´état de péché de tous les hommes est décrit par l´effrayante démesure du péché parmi le genre humain : Faisant fi du conseil et du rappel à l´ordre de Dieu, Caïn tue son frère (Ge 4 : 6-8). Dans la suite des temps, les hommes commettent de plus en plus de péchés, si bien que Dieu finit par faire venir sur eux le déluge (Ge 6 : 5-7.17). Pourtant, même après ce jugement, l´humanité persiste dans sa désobéissance à Dieu et sa présomption à l´égard de son Créateur. C´est de manière exemplaire que la Bible rapporte les agissements des bâtisseurs de la tour de Babel (Ge 11 : 1-8), dont Dieu a fait échouer le projet à cause de leur ambition.

apôtre Paul évoque ce phénomène de culpabilité de tous les hommes à la suite de la chute dans le péché et de la mort spirituelle qui en est résultée : « C´est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu´ainsi la mort s´est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché ... » (Ro 5 : 12).

La chute dans le péché a entraîné de profonds changements dans la vie de l´homme, que celui-ci ne peut pas inverser. La crainte le rend étranger à son Créateur, dont il ne cherche plus la proximité, mais devant la face duquel il tente au contraire de se cacher (Ge 3 : 8-10). La relation des hommes entre eux en a également pâti (Ge 3 : 12), tout comme celle de l´homme à la création. Désormais, c´est au prix de grandes peines que l´homme doit mener sa vie, à la fin de laquelle, puisqu´il a été pris de la terre, il y retournera (Ge 3 : 16-19).

L´homme ne peut plus retourner à son état d´innocence.

4.2.1.2 Dieu continue d´aimer l´homme pécheur Retour en haut de page

Devenu pécheur, l´homme doit dorénavant récolter ce qu´il a semé : « Car le salaire du péché, c´est la mort » (Ro 6 : 23). Malgré leur désobéissance et leur arrogance, l´Eternel aime ses créatures, se préoccupe d´elles et prend soin d´elles, comme en témoignent les images suivantes : Pour Adam et Ève, Dieu fait des habits de peaux et les en revêt (Ge 3 : 21) ; lorsqu´après avoir tué son frère, Caïn craint un acte de vengeance, Dieu le marque d´un signe (Ge 4 : 15).

L´amour que Dieu continue de vouer à l´homme, même après sa chute dans le péché, se révèle de manière parfaite dans l´envoi de son Fils. Jésus-Christ paraît et triomphe du péché (1 Jn 3 : 8). En lui, l´homme trouve le salut, en réparation du préjudice dû au péché (Ac 4 : 12).

Dans l´impressionnant tableau, antinomique à la révolte et à l´arrogance des hommes de plus en plus empêtrés dans le péché, qu´il brosse dans son humanité, le Fils de Dieu donne le modèle de l´obéissance absolue à son Père (Ph 2 : 8). Par sa mort sacrificatoire, Jésus-Christ acquiert le mérite, par lequel l´homme est affranchi de ses péchés et, finalement, « de la servitude de la corruption » (Ro 8 : 21). Ainsi s´offre à lui la possibilité de vivre en éternelle communion avec Dieu.

Dans ce contexte, l´apôtre Paul met en évidence ce qui suit : « Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s´étend à tous les hommes. Car, comme par la désobéissance d´un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l´obéissance d´un seul beaucoup seront rendus justes » (Ro 5 : 18-19).

Pour l´homme pécheur, cette justification devant Dieu ne s´obtient cependant pas sans effort, loin s´en faut ! Au moyen du sacrifice de Jésus, Dieu a confirmé son « oui » à l´homme : Il ne le condamne pas, mais est disposé à lui offrir le salut. L´homme est, quant à lui, exhorté à s´efforcer de l´obtenir et à accepter le « oui » de Dieu. A cette fin, Dieu l´a doté de la conscience, de la raison et de la foi : Qu´il les focalise sur Jésus-Christ, et il aura accès, par grâce, à la justification obtenue par le Fils de Dieu (Ro 4 : 25). Les œuvres de l´homme n´ont, par conséquent, pas de vertu justificatrice ; elles sont bien plutôt l´expression nécessaire et naturelle de la foi, le signe qu´il accepte l´offre de salut divine.

EN BREF Retour en haut de page

La chute dans le péché a entraîné la séparation de l´homme d´avec Dieu ; son expulsion du jardin d´Éden en a été la conséquence. Adam est l´archétype de tous les pécheurs. (4.2.1; 4.2.1.1)

Dieu continue d´aimer l´homme, même après sa chute dans le péché. Son amour se révèle de manière parfaite dans l´envoi de Jésus-Christ qui triomphe du péché et de la mort. (4.2.1.2)

4.2.1.3 La conscience Retour en haut de page

Pour évoquer la conscience, ce don de Dieu à l´homme, l´Écriture sainte recourt à diverses notions [6]. Dans l´Ancien Testament, on trouve souvent la notion du cœur qui perçoit la voix de Dieu. Ainsi est-il dit, en Deutéronome 30 : 14 : « C´est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. » Paul démontre, quant à lui, que la volonté de Dieu est dans le cœur, non seulement de ceux qui vivent sous la loi mosaïque, mais aussi des païens : « Quand les païens, qui n´ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils [...] montrent que l´œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience en rendant témoignage... » (Ro 2 : 14-15). Tous les hommes ont donc, dans leur for intérieur, une conscience de ce qu´est la volonté de Dieu, et tous ont cette conscience en propre.

L´homme pécheur manque de repères : il a perdu l´assurance et le soutien que lui procurait l´obéissance à Dieu. Seule cette instance qu´est la conscience peut l´aider à prendre des décisions qui soient conformes à la volonté de Dieu. Ce faisant, il peut — c´est tout à fait possible - prendre de mauvaises décisions, surtout si sa conscience n´est pas dirigée par la raison et la foi.

Dans sa conscience, l´homme renvoyé à lui-même est en mesure de percevoir la volonté de Dieu. L´instance de la conscience peut ainsi orienter la volonté de l´individu vers le bien. Il devrait par conséquent s´efforcer sans relâche de façonner et d´aiguiser sa conscience au moyen de la loi qui est écrite dans le cœur de chaque homme.

C´est dans sa conscience que l´homme soupèse ce qui est bien et mal. Si sa conscience est déterminée par la raison et la foi, elle l´aidera à agir sagement. Elle lui permettra aussi de savoir s´il s´est rendu coupable de quelque chose envers Dieu et envers son prochain, et elle dévoilera ses transgressions, en pensées et en actes, de la volonté et des lois de Dieu.

L´homme doit d´abord se connaître soi-même et se justifier devant sa propre conscience. Si elle lui dit qu´il a péché et s´est rendu coupable de faute, et si le pécheur fait alors preuve de repentir et de regret, Dieu, usant de la grâce issue du mérite de Christ, lui proposera le pardon. Tel est le chemin, tracé par Dieu, en vue de la justification de l´homme qui a succombé au péché.

Le saint baptême d´eau est vécu par l´homme comme une sollicitude salvatrice de Dieu : « Cette eau était une figure du baptême, qui [...] [est] l´engagement d´une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus-Christ » (1 Pi 3 : 21). La parole de Dieu conforte l´homme dans sa décision de continuer à marcher sur le chemin du salut, sur lequel il vient de s´engager. De cette manière, sa conscience ne cesse de s´affûter, l´aidant à toujours mieux discerner la volonté de Dieu.

L´expérience de la grâce emplit le cœur de la paix de Dieu ; la conscience, qui condamne l´homme à cause de ses péchés, s´apaise. Jean le dit en les termes suivants : « Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité, et nous rassurerons nos cœurs devant lui ; car si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses » (1 Jn 3 : 19-20).

EN BREF Retour en haut de page

L´instance qu´est la conscience peut aider l´homme à faire des choix conformes à la volonté de Dieu. C´est dans sa conscience que l´homme soupèse ce qui est bien et mal. (4.2.1.3)

Si sa conscience est déterminée par la raison et la foi, elle aidera l´homme à agir sagement et lui permettra de savoir s´il s´est rendu coupable de quelque chose envers Dieu et envers son prochain. (4.2.1.3)

[6] La notion de « conscience » est utilisée dans nombre d´autres contextes, d´ordre sociologique, philosophique, psychologique, qui ne sont pas pris en compte ici.

4.2.1.4 La raison Retour en haut de page

La raison est un don de Dieu qui distingue l´homme fait à l´image de Dieu de toutes les autres créatures. Elle lui est plus particulièrement utile pour façonner son existence et appréhender son environnement.

La raison transparaît dans le fait que l´homme pense et agit en faisant appel à son intelligence et à son savoir. Ce faisant, il est, sciemment ou non, responsable devant Dieu et devant sa conscience (cf. 4.2.1.3). L´homme est en mesure de reconnaître des réalités et de comprendre des cohérences. Il se connaît soi-même en tant qu´individu et se voit dans son rapport au monde. Finalement, la raison est un présent que Dieu fait à l´homme, qui peut l´inciter à adopter la bonne conduite : « Il leur [= aux hommes] a donné le jugement, la langue et les yeux, les oreilles et le cœur pour réfléchir » (Si 17 : 6. TOB).

Dieu a donné l´ordre à l´homme de « s´assujettir la terre » (Ge 1 : 28). Mû par son goût de la recherche, il s´efforce d´accéder à tout ce qui existe dans la création pour l´exploiter. S´il le fait de manière responsable devant Dieu et devant la création, l´homme agit de manière raisonnable, en utilisant le don de Dieu à bon escient.

Dans la Bible, la raison est aussi désignée par le terme de « sagesse ». Comprise comme étant la faculté de connaître, elle est imputée à l´agir de Dieu : « Ainsi m´a-t-il donné une connaissance exacte du réel. Il m´a appris la structure de l´univers et l´activité des éléments » (Sg 7 : 17. TOB). Pour « raison », l´apôtre Paul utilise aussi la notion de « sagesse humaine » ; elle rend l´homme capable de connaissance, par laquelle il cherche à sonder les mystères divins (1 Co 1 : 21). Si l´être humain s´élevait au-dessus des lois divines et, par-là, au-dessus de Dieu même, si donc il méprisait la sagesse de Dieu en la tenant pour une folie, cela signifierait en fin de compte que la raison rejette la foi (1 Co 2 : 1-16). Ce faisant, l´homme passerait finalement à côté du sens de sa vie. Or, une telle tendance est nettement identifiable dans de nombreux domaines, depuis le siècle des Lumières, surtout dans le monde industrialisé. Elle se vérifie toujours là où le sens de la responsabilité devant Dieu et la création ne prime pas sur le goût de la recherche.

Dans cette mesure, la raison humaine est toujours imparfaite à cause du péché. Du point de vue de la foi, une position qui consiste à définir la raison comme étant la mesure de toute chose, se révèle comme étant une folie : « Aussi est-il écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et je rendrai nulle l´intelligence des intelligents. Où est le sage ? où est le scribe ? où est le raisonneur de ce siècle ? Dieu n´a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ? » (1 Co 1 : 19-20).

Dans sa finitude, la raison humaine n´est pas en mesure d´appréhender l´infinité de Dieu. Son agir se situe loin au-delà de la raison humaine. Il faut donc que l´homme ait toujours conscience du fait qu´il ne réussira jamais à sonder les choses divines au moyen de sa raison (Ro 11 : 33).

Même si elle ne saurait être la mesure de toute chose, la raison est cependant utile pour discerner les cohérences de l´Évangile, recevoir et comprendre les paroles et les images de l´Écriture sainte. Elle est tout aussi utile pour professer l´enseignement de Jésus devant les hommes. La raison est certes un don de Dieu, mais non pas le souverain bien (Ph 4 : 7), aussi ne faut-il pas en faire le seul critère.

Toutes les fois que la raison est sur le point de succomber à la tentation de se révolter contre ce qui est divin, l´individu doit être conscient du fait qu´il ne se sert pas à bon escient de ce don qu´est la raison et qu´il est en train de perdre le sens de sa responsabilité envers Dieu. La foi le rappelle au devoir de lutter contre une telle arrogance : « Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s´élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l´obéissance de Christ » (2 Co 10 : 5).

EN BREF Retour en haut de page

La raison transparaît dans le fait que l´homme pense et agit en faisant appel à son intelligence et à son savoir. Ce faisant, il est, sciemment ou non, responsable devant Dieu, devant soi-même (sa conscience) et devant la création. (4.2.1.4)

La raison est un présent que Dieu fait à l´homme, qui peut l´inciter à adopter la bonne conduite. (4.2.1.4)

Dans sa finitude, la raison humaine n´est pas en mesure d´appréhender l´infinité de Dieu. L´agir de Dieu se situe loin au-delà de la raison humaine. (4.2.1.4)

Même si elle ne saurait être la mesure de toute chose, la raison est cependant utile pour discerner et professer les cohérences de l´Évangile. (4.2.1.4)

4.2.1.5 La foi Retour en haut de page

Dans les textes hébreux de l´Ancien Testament, le terme de « foi » n´apparaît pas. Dans les traductions actuelles sont rendues par le terme de « foi » les notions originelles de « confiance », « fidélité », « obéissance », « assurance » ou encore « certitude ». Toutes ces significations sont plus ou moins contenues dans le mot : « foi », défini, en Hébreux 11 : 1, de la manière suivante : « La foi est une ferme assurance des choses qu´on espère, une démonstration de celles qu´on ne voit pas » (cf. 1.4).

À l´origine de la foi, il y a toujours Dieu qui se révèle au travers de ses paroles et de ses actes. Tant que l´homme a entièrement confiance en Dieu, il est en mesure de lui obéir. La désobéissance fait tomber l´homme dans le péché et le rend coupable devant Dieu. Dès lors, la relation de l´homme à son Créateur est brisée. S´il veut pouvoir revenir dans la communion avec Dieu, il doit nécessairement retrouver la foi (Hé 11 : 6).

Pour les héros de la foi du temps de l´Ancienne Alliance, le salut était encore à venir (Hé 11 : 39). La révélation de Dieu en Jésus-Christ constitue l´accomplissement des promesses vétérotestamentaires et donne une dimension nouvelle à la foi : Désormais, elle se concentre sur le Rédempteur, sur Jésus-Christ. La foi en lui ouvre la possibilité de la réconciliation avec Dieu et du retour dans la communion avec lui.

Cette foi, le Fils de Dieu l´exige : « Croyez en Dieu, et croyez en moi » (Jn 14 : 1). Et de préciser, en toute cohérence, les conséquences de l´incrédulité : « [...] si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés » (Jn 8 : 24).

De grandes choses sont promises à ceux qui croient en Jésus-Christ comme étant le Fils de Dieu et qui le reçoivent : Ils ne périront point, mais auront la vie éternelle (cf. Jn 3 : 16).

La véritable foi chrétienne repose toujours d´abord sur la grâce de Dieu qui réside dans l´élection et la révélation. Cela ressort de la profession de foi de l´apôtre Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », à laquelle Jésus répond : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t´ont révélé cela, mais c´est mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16 : 16-17). Pour l´être humain, la foi est un don de Dieu et un devoir. S´il reçoit la parole de Dieu, lui fait confiance et la met en pratique, sa foi est vivante et le conduit au salut.

EN BREF Retour en haut de page

Pour l´être humain, la foi est un don de Dieu et un devoir. S´il reçoit la parole de Dieu, lui fait confiance et la met en pratique, sa foi est vivante et le conduit au salut. (4.2.1.5)

À l´origine de la foi, il y a toujours Dieu qui se révèle au travers de ses paroles et de ses actes. (4.2.1.5)

La foi en Jésus-Christ rend la réconciliation avec Dieu possible. (4.2.1.5)

4.2.2 Les conséquences, pour la création, de la chute dans le péché Retour en haut de page

La chute de l´homme dans le péché a aussi des répercussions d´une grande portée sur la création pourtant innocente.

À l´origine, la création est « très bonne », c´est-à-dire parfaite (Ge 1 : 31). Dieu a placé l´homme sur la création visible, pour qu´il la domine. Il en est donc responsable devant Dieu, mais aussi devant la création elle-même (Ge 1 : 28-30). En raison même de la position éminente occupée par l´homme au sein de la création visible, sa désobéissance à Dieu a aussi des répercussions décisives sur elle : Après que l´homme avait péché, le sol, symbole de la création visible, ainsi que le serpent ont été maudits (Ge 3 : 17-18). Les épines et les ronces, la peine que l´homme doit endurer pour assurer sa vie sont les symboles de son éloignement d´avec Dieu et de la dissimulation de celui-ci, qui marquent désormais la création. En elle, l´homme ne trouve plus d´accès direct à Dieu ; l´insécurité et la peur sont désormais ses compagnes de vie.

Le comportement des animaux entre eux peut être considéré comme le signe de l´hostilité et de la discorde. Le passage en Esaïe 11 : 6-8 : « Le loup habitera avec l´agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau... » évoque le désir de l´homme de surmonter cette situation et d´en guérir.

La création a donc besoin d´être délivrée de la malédiction qui pèse sur elle. L´épître aux Romains aborde cette réalité sans aucune ambiguïté : « Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l´y a soumise, avec l´espérance qu´elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu´à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l´enfantement » (Ro 8 : 19-22).

EN BREF Retour en haut de page

La chute de l´homme dans le péché a aussi des répercussions d´une grande portée sur la création pourtant innocente. À l´origine, elle est parfaite ; le péché de l´homme lui a porté préjudice. (4.2.2)

Dans la création déchue, l´homme ne trouve plus d´accès direct à Dieu ; l´insécurité et la peur sont ses compagnes de vie. (4.2.2)

La création déchue a besoin d´être sauvée. (4.2.2)

4.3 Péché et culpabilité Retour en haut de page

Dans la Bible, les termes de « péché » et de « culpabilité » (« faute ») sont parfois synonymes, mais il arrive aussi qu´ils recouvrent des sens différents. La distinction entre les deux apparaît à l´évidence dans des propos tenus par le Fils de Dieu pour défendre ses disciples accusés par les pharisiens d´avoir transgressé la loi, donc commis un péché : « N´avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple [c´est-à-dire commettent un péché en transgressant le 3e commandement], sans se rendre coupables ? » (Mt 12 : 5).

4.3.1 Le péché Retour en haut de page

Est péché tout ce qui s´oppose à la volonté de Dieu et est contraire à sa nature. Tout péché sépare de Dieu. Le retour dans sa proximité présuppose le pardon du péché (cf. 12.1.8).

Ni l´Ancien ni le Nouveau Testament ne propose de « doctrine du péché » toute faite ni de catalogue systématique et exhaustif de tous les péchés.

C´est toujours Dieu lui-même qui fixe le droit en révélant sa volonté. Il incombe à l´homme de s´enquérir de la volonté de Dieu et de l´accomplir. Toute pensée, tout propos, tout acte délibérément contraires à la volonté et à la nature de Dieu ainsi que toute omission délibérée de faire le bien (Ja 4 : 17) relèvent du péché.

La Bible déclare comme étant un péché la transgression des Dix commandements (Ex 20 : 20), la rupture d´un vœu fait à Dieu (De 23 : 22), le refus de croire en Jésus-Christ (Jn 16 : 9) ainsi que, la cupidité, l´envie et toutes choses semblables.

Ce qui est déterminant en matière de qualification d´un péché, c´est exclusivement la volonté de Dieu, telle qu´elle est révélée dans la Bible, de manière conforme au sens et à l´esprit de l´Évangile de Jésus-Christ, et par le Saint-Esprit. En aucun cas, il n´appartient à l´homme de déterminer de sa propre autorité ce qui est ou non péché.

En toute situation et circonstance, l´individu est responsable de sa conduite devant Dieu et devant sa conscience. Il en assume donc la responsabilité personnelle.

4.3.2 La culpabilité Retour en haut de page

Chaque fois que l´homme transgresse la volonté de Dieu, il commet un péché et se rend coupable devant Dieu. Il y a culpabilité, si Dieu, dans sa justice et son omniscience, reproche sa faute à l´homme qui a péché. Seul Dieu mesure le degré de sa culpabilité.

Le degré de cette culpabilité peut être variable : Ce qui est déterminant en la matière, c´est la connaissance que le pécheur a de son acte et son intention de le commettre ou non ; peuvent aussi entrer en ligne de compte certaines influences, auxquelles les hommes sont exposés, notamment des situations générales, des structures sociales, des normes juridiques en vigueur au sein d´un État, des détresses, des prédispositions maladives. Dans certains cas, le degré de culpabilité résultant du péché peut tendre vers zéro ; dans d´autres, il peut « crier de la terre jusqu´à Dieu » (Ge 4 : 10). En conclusion, on peut dire que, contrairement au péché, la culpabilité est relative.

Dans son amour, Dieu veut délivrer l´homme du péché et l´affranchir de sa culpabilité. C´est là la raison d´être du sacrifice de Christ, quintessence même de l´agir salvifique de Dieu.

EN BREF Retour en haut de page

Il convient de faire la distinction entre péché et culpabilité. (4.3)

Est péché tout ce qui s´oppose à la volonté de Dieu et est contraire à sa nature. Tout péché sépare de Dieu et doit être pardonné. La définition du péché relève de la seule volonté de Dieu. En aucun cas, il n´appartient à l´homme de déterminer de sa propre autorité ce qui est ou non péché. (4.3.1)

Il y a culpabilité, si Dieu, dans sa justice et son omniscience, reproche sa faute à l´homme qui a péché. Le degré de la culpabilité peut être variable ; seul Dieu le mesure. Contrairement au péché, la culpabilité est relative. (4.3.2)

4.4 Le plan de salut divin Retour en haut de page

Dans l´Écriture sainte, la notion de « salut » est utilisée au sens de « sauvetage », de « protection » et de « rédemption ». L´agir de Dieu vise à réaliser le salut, ce qui s´accomplit dans l´histoire de la rédemption. Celle-ci permet de distinguer une succession d´actes divins conforme à un plan, un dessein de Dieu.

L´histoire de la rédemption débute immédiatement après la chute dans le péché. Elle se poursuit par le sauvetage de Noé du déluge, par l´élection divine et la bénédiction des patriarches, l´alliance avec Israël et l´histoire du peuple de Dieu vétérotestamentaire. L´événement primordial de l´histoire de la rédemption réside dans l´incarnation de Dieu en Jésus-Christ, son sacrifice à la croix, sa résurrection et son ascension. Suivent l´effusion du Saint-Esprit et la diffusion de l´Évangile par les premiers apôtres, et l´évolution ultérieure du christianisme, jusqu´à la réoccupation de l´apostolat, en vue de préparer l´Église-Épouse au retour de Jésus-Christ. Aura lieu ensuite le travail salvifique au cours du royaume millénaire de paix, jusqu´au Jugement Dernier. A la fin, Dieu créera le nouveau ciel et la nouvelle terre. L´ensemble de cette succession de faits est désigné par l´expression : « plan de salut divin ».

Une première expression du dessein salvifique de Dieu consiste en ce qu´il a fait après la chute dans le péché (cf. 4.2). Ainsi la tradition chrétienne voit-elle déjà, dans la malédiction du serpent, une indication au sujet du Rédempteur à venir, qui est au centre du plan de salut.

Au cours des différentes périodes de l´histoire du salut, Dieu module la nature et l´ampleur du salut qu´il accorde. Par-dessus toute chose, il y a la volonté salvatrice de Dieu qui s´étend à tous les hommes de toutes les époques.

4.4.1 L´espérance vétérotestamentaire en le salut Retour en haut de page

Sous l´Ancienne Alliance, l´espérance en le salut se focalisait d´abord et avant tout sur la délivrance d´une détresse terrestre et de la captivité. De ce point de vue, le peuple d´Israël a fait l´expérience de l´intervention active de Dieu lors de sa délivrance de la servitude égyptienne.

Par Moïse, Dieu a ensuite donné la loi à son peuple. Elle contient des prescriptions sur la manière de s´acquitter de ses obligations, de ses fautes ou de ses dettes (cf. notamment Ex 21 : 28-30 ; Lé 25 : 39 sqq.) envers autrui.

Au fil du temps, l´espérance d´Israël en le salut s´est portée de manière de plus en plus évidente sur le Messie attendu, sur la délivrance de l´emprise asservissante du péché : « Israël, mets ton espoir en l´Eternel ! Car la miséricorde est auprès de l´Eternel, et la rédemption est auprès de lui en abondance. C´est lui qui rachètera Israël de toutes ses iniquités » (Ps 130 : 7-8).

Au moyen de nombreuses promesses, Dieu a préparé, par les prophètes, l´avènement du Rédempteur. C´est en lui que s´accomplissent toutes ces promesses.

4.4.2 Jésus-Christ, Sauveur et Rédempteur, médiateur du salut Retour en haut de page

Le passage en Galates 4 : 4-5 montre que, sous l´Ancienne Alliance, toute l´histoire de la rédemption est ciblée sur la naissance de Jésus-Christ, le Fils de Dieu : « Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d´une femme, né sous la loi, afin qu´il rachète ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l´adoption. »

Jésus-Christ est le Rédempteur envoyé par Dieu. Par ses paroles et ses œuvres, il se révèle comme étant le Sauveur. Quiconque croit en lui comprend : « Il est vraiment le Sauveur du monde » (Jn 4 : 42). Il n´y de salut qu´en lui seul (Ac 4 : 12).

Au cours de son séjour sur la terre, le Fils de Dieu accomplit toutes sortes de guérisons miraculeuses. Lors de la guérison d´un paralytique, telle qu´elle est décrite en Matthieu 9 : 2-6, Jésus évoque un salut beaucoup plus important : la rédemption de l´homme du péché.

C´est en Jésus-Christ que le salut est entré dans le monde ; il est l´auteur du salut éternel (Hé 5 : 9). Il a apporté la rédemption et il est le seul médiateur entre Dieu et l´homme (1 Ti 2 : 5-6). Le sacrifice de Christ place la relation de l´homme à Dieu sur une base nouvelle. Le mérite acquis au prix de ce sacrifice rend possible l´affranchissement du péché et l´abolition de la séparation durable d´avec Dieu : « [...] Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même en n´imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation » (2 Co 5 : 17-19).

Aucun homme ne peut obtenir la rédemption par lui-même, car tous sont pécheurs et dépendent de l´agir salvifique de Dieu (Mt 16 : 26). Jésus-Christ a rendu le salut accessible à tous les hommes, tant aux vivants qu´aux morts (Ac 13 : 47 ; Es 49 : 6 ; Ro 14 : 9).

Le plan de salut divin prévoit qu´au fil du temps le salut soit proposé à tous les hommes. La diffusion de l´Évangile par les premiers apôtres, l´expansion mondiale du christianisme et la préparation de l´Église-Épouse en vue du retour de Christ sont ainsi des phases de ce plan de salut.

EN BREF Retour en haut de page

L´agir de Dieu vise à réaliser le salut (au sens de « sauvetage », « protection » et « rédemption »), ce qui s´accomplit sous la forme de l´histoire de la rédemption. En elle, on peut discerner une succession d´actes divins, conforme à un plan de Dieu, appelé « plan de salut divin ». (4.4)

Au cours des différentes périodes de l´histoire de la rédemption, Dieu module la nature et l´ampleur du salut qu´il accorde. Par-dessus toute chose, il y a la volonté salvatrice de Dieu qui s´étend à tous les hommes de toutes les époques. (4.4)

Aux temps vétérotestamentaires, l´espérance en le salut se focalisait d´abord et avant tout sur la délivrance d´une détresse terrestre et de la captivité. Au fil du temps, l´espérance d´Israël en le salut s´est portée de manière de plus en plus évidente sur le Messie attendu. (4.4.1)

Sous l´Ancienne Alliance, l´histoire de la rédemption est ciblée su Jésus-Christ, le Rédempteur envoyé par Dieu. Il est l´auteur du salut éternel, le seul médiateur entre Dieu et l´homme. Le mérite acquis par Christ à la croix rend possible l´affranchissement du péché et l´abolition de la séparation d´avec Dieu. (4.4.2)

Jésus-Christ a rendu le salut accessible à tous les hommes, tant aux vivants qu´aux morts Aucun homme ne peut obtenir la rédemption par lui-même. (4.4.2)

4.4.3 La préparation de l´Église-Épouse Retour en haut de page

C´est par sa communion avec Jésus-Christ, à travers la parole et les sacrements, que le croyant fait aujourd´hui l´expérience du salut qui consiste en sa préparation au retour de Christ, qui lui permet d´avoir part à la gloire de Dieu. Au cours de la phase actuelle du plan de salut divin, l´apostolat (cf. 7.4) est réoccupé (cf. 11.3.3) en vue de l´obtention de ce salut. Les apôtres ont pour tâche de proclamer la parole de Dieu et de dispenser les sacrements (cf. 8).

L´objectif de cette transmission du salut est le rassemblement de l´Épouse de Christ ainsi que sa préparation au retour du Seigneur. Pour l´Épouse de Christ, qui a reçu l´offre divine de salut dans un cœur croyant, le salut réside dans le fait d´entrer dans la communion éternelle avec Dieu dès le jour du Seigneur, par les noces de l´Agneau (cf. aussi 10.5).

Dans les phases du plan de salut ultérieures au jour du Seigneur (cf. 10.310.6), le salut s´obtient d´une autre manière :

Les croyants, qui auront laissé leur vie au cours de la grande tribulation, à cause de leur profession de foi en Christ, prendront part à la première résurrection et régneront avec Christ en qualité de sacrificateurs. Pendant cette période — le royaume millénaire de paix -, le salut sera proposé à tous les hommes. Tous ceux qui seront graciés lors du Jugement Dernier vivront en communion éternelle avec Dieu dans la nouvelle création.

La nouvelle création (Ap 21) marquera la fin du plan de salut divin, tel qu´il peut se déduire de l´Écriture sainte.

EN BREF Retour en haut de page

Au cours de la phase actuelle du plan de salut divin, l´apostolat, qui communique le salut à travers la parole et les sacrements, est à nouveau pourvu. Son objectif est de rassembler l´Église-Épouse et de la préparer en vue du retour du Seigneur. (4.4.3)

Église-Épouse connaîtra le salut parfait lors du retour de Christ, où elle entrera dans la communion éternelle avec Dieu. (4.4.3)

4.5 L´élection Retour en haut de page

élection trouve son fondement dans la volonté de Dieu qui choisit des individus ou des groupes d´hommes pour les appeler à une destinée précise et leur en confier la responsabilité.

4.5.1 L´élection dans l´Ancien Testament Retour en haut de page

élection divine, ainsi que la responsabilité qui en résulte, s´esquissent dès la création. Dieu a choisi l´être humain parmi toutes ses créatures pour lui confier la tâche de s´assujettir la terre. La position particulière qui lui est ainsi conférée ressort du passage en Sagesse 2 : 23 : « Or Dieu a créé l´homme pour qu´il soit incorruptible et il l´a fait image de ce qu´il possède en propre » (TOB). Dans le déroulement de l´histoire vétérotestamentaire de la rédemption, l´importance de l´élection est particulièrement perceptible pour Noé, Abraham et le peuple d´Israël :

  • Lorsque Dieu décide d´exterminer les hommes de la surface de la terre (Ge 6 : 1-8), il promet à Noé de le sauver. Noé affermit cette élection en faisant tout ce que Dieu lui ordonne. Grâce à cela, Noé et sa famille et, à travers eux, le genre humain, échappent à leur destin funeste.

  • Abraham est élu dans l´objectif que toutes les familles de la terre soient bénies en lui (Ge 12 : 3). Les promesses que Dieu lui fait se reportent sur Isaac.

  • C´est à Ésaü, le fils premier-né de ce dernier, qu´aurait dû revenir la bénédiction de droit, mais Dieu a choisi Jacob pour le bénir (Ge 28 : 13-15). Cela montre que nul ne peut faire valoir de droit en vue d´obtenir la grâce de l´élection, et que cette grâce ne peut pas non plus s´appréhender au moyen de la réflexion.

  • Des douze fils de Jacob sort le peuple d´Israël que Dieu appelle à être le peuple de son alliance : « Car tu es un peuple saint pour l´Eternel, ton Dieu ; l´Eternel, ton Dieu, t´a choisi, pour que tu sois un peuple qui lui appartienne entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre. Ce n´est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l´Eternel s´est attaché à vous et qu´il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l´Eternel vous aime... » (De 7 : 6-8). À l´origine de l´élection, il y a donc l´amour de Dieu.

  • Du sein du peuple d´Israël, Dieu a aussi choisi des individus qui ont proclamé sa volonté et qu´il a destinés à remplir des tâches particulières. Tel est notamment le cas de Moïse, de Josué, de quelques juges, de rois et des prophètes.

4.5.2 L´élection dans le Nouveau Testament Retour en haut de page

Parmi l´ensemble de ses disciples, Jésus choisit les apôtres et les envoie dans le monde, avec la mission d´enseigner et de baptiser (Mt 28 : 19-20 ; Lu 6 : 13). Le Seigneur choisit le peuple de la Nouvelle Alliance parmi les Juifs et les païens. Pour affermir cette élection, il faut recevoir l´Évangile dans un cœur croyant et se faire baptiser d´eau et du Saint-Esprit. Au sujet de ce peuple de la Nouvelle Alliance, il est dit, en I Pierre 2 : 9 : « Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » Il en ressort que tous ceux qui font partie de ce peuple de la Nouvelle Alliance ont le devoir d´attester, par leurs propos et leur conduite, les bienfaits de Dieu qui leur sont échus (2 Pi 1 : 10-11).

4.5.3 L´élection procède librement de la grâce de Dieu Retour en haut de page

élection est un présent de Dieu : le cœur croyant la reçoit, le cœur incrédule la rejette.

Nul ne peut mériter l´élection par ses œuvres ni même y prétendre ; elle ne s´explique pas non plus de manière rationnelle. L´élection divine est un mystère de Dieu qui ne peut s´appréhender qu´au moyen de la foi. Dieu l´accorde à celui qu´il a choisi à cet effet (Ro 9 : 10-20).

L´homme n´est pas contraint d´accepter et d´affermir l´élection de Dieu. La décision de croire ou non à l´appel divin, d´y donner suite ou non et de remplir ou non les devoirs qu´il comporte, lui appartient.

Il existe ainsi une antinomie irréductible entre l´élection que Dieu opère dans sa grâce et la décision, propre à l´être humain, de l´accepter ou non.

Dieu choisit des hommes en vue de leur propre salut et de celui d´autrui ; ils sont élus dans le but d´apporter leur contribution à son plan de salut. L´élection divine s´accompagne toujours d´un devoir ou d´une destination.

Sont appelés et choisis pour être des chrétiens ceux qui sont baptisés et qui professent leur foi en Jésus-Christ comme étant le Seigneur et Sauveur. Ils ont pour tâche de diffuser l´Évangile. Quant aux chrétiens régénérés d´eau et d´Esprit, ils remplissent de surcroît la condition nécessaire pour être des prémices. C´est au sein de cette cohorte qu´est préparée l´Épouse de Christ, en vue de constituer le sacerdoce royal dans le royaume de paix (cf. 10.6).

Il ne faut pas déduire, de la doctrine de l´élection, que les actions de l´homme soient déterminées d´avance et qu´il ne dispose d´aucune liberté de choix [7]. Cette liberté fait bien au contraire partie de la vie de l´homme. De la même manière, il ne faut pas non plus en déduire que l´élection des uns en vue d´intégrer l´Église-Épouse implique le rejet des autres. Le salut futur de Dieu, y compris la communion éternelle avec lui dans la nouvelle création, est ouvert à tous les hommes.

Adhérer à l´élection dans un acte de foi implique que l´on s´engage à suivre résolument Jésus-Christ. L´élection a aussi des conséquences eschatologiques : Quand Jésus-Christ, le Roi des rois, érigera son royaume de paix, le sacerdoce royal, à ses côtés, annoncera la bonne nouvelle du salut en Christ à tous les hommes. Sont élus à cet effet ceux qui auront pris part à la première résurrection (Ap 20 : 6).

C´est en recevant la grâce dans un cœur croyant et en manifestant sa fidélité à Dieu et à son Œuvre que l´homme affermit l´élection dont il fait l´objet de la part de Dieu.

élection est un acte d´amour de Dieu qui soutient fidèlement ses élus. Nulle influence extérieure ne peut les séparer de l´amour de Dieu (Ro 8 : 29.37-39).

EN BREF Retour en haut de page

élection trouve son fondement dans la volonté de Dieu. Dieu choisit des individus pour les appeler à une destinée précise, déterminée par lui. Dieu a choisi l´être humain parmi toutes ses créatures pour lui confier la tâche de s´assujettir la terre. (4.5; 4.5.1)

Nul ne peut prétendre à cette grâce de Dieu qu´est l´élection, et on ne peut l´appréhender au moyen de la réflexion humaine, comme le montrent beaucoup d´exemples vétérotestamentaires. (4.5.1; 4.5.3)

Parmi l´ensemble de ses disciples, Jésus choisit les apôtres et les envoie dans le monde, avec la mission d´enseigner et de baptiser. Le Seigneur choisit le peuple de la Nouvelle Alliance parmi les Juifs et les païens. (4.5.2)

élection est un présent de Dieu : le cœur croyant la reçoit, le cœur incrédule la rejette ; cette liberté de choix fait partie de l´être même de l´homme. Adhérer à l´élection dans un acte de foi implique que l´on s´engage à suivre résolument Jésus-Christ. (4.5.3)

Dieu choisit des hommes en vue de leur propre salut et de celui d´autrui. L´élection divine s´accompagne toujours d´un devoir ou d´une destination. (4.5.3)

élection n´implique pas la détermination à l´avance des actes de l´être humain. (4.5.3)

[7] On établit souvent un lien entre l´élection et la prédestination. On a parfois conçu la prédestination comme une providence, une sage intervention divine sur le destin de l´individu. La prédestination ne s´applique cependant pas de manière déterminante à la vie de l´homme sur la terre, mais au fait que Dieu le prédestine au salut.

4.6 La bénédiction de Dieu Retour en haut de page

Par « bénédiction », il faut entendre l´attention, la sollicitude divine. Bénédiction est synonyme d´action salvifique et salutaire de Dieu à l´égard de l´homme et de la création. Le contraire de la bénédiction, c´est la malédiction qui réside dans le fait que Dieu se détourne de l´homme.

La conviction selon laquelle l´homme dépend entièrement de la bénédiction de Dieu renvoie à une conception de l´être humain qui se déduit de la foi en Dieu, le Créateur tout-puissant et le Conservateur de toutes les choses créées. De lui-même, l´homme n´est pas en mesure de mener sa vie d´une manière bénéfique pour lui-même, pour ses contemporains et pour la création.

La malédiction — qui est le contraire de la bénédiction — s´abat sur l´homme, quand celui-ci se rebelle contre Dieu et succombe ainsi au péché. Est malédiction tout ce qui éloigne l´homme de Dieu et tout ce qu´il vit dans cet éloignement : Il y est privé de quiétude et de paix, voué à la ruine et à la mort. Ce n´est pas en lui-même, mais en Dieu seul qu´il trouvera le secours.

La grâce délivre l´homme de l´emprise du péché. En recevant ce don de Dieu dans un cœur croyant et en se laissant guider par lui, il aura part à la bénédiction.

C´est souvent par des hommes mandatés par lui à cet effet que Dieu accorde sa bénédiction.

La bénédiction est globale, elle concerne l´être humain tout entier. Elle recèle en elle de la force divine et assure l´homme du salut à venir. La bénédiction est une sollicitude de Dieu qui ne s´obtient pas au mérite. Être béni, c´est recevoir de Dieu ce qui est bon. Nul ne peut se bénir soi-même. Pour autant, l´homme est appelé à implorer la bénédiction de Dieu et à se comporter d´une manière digne, en vue de l´obtenir.

La bénédiction s´épanouit sur le fondement de la foi ; la bénédiction est un présent de Dieu qui se renouvelle sans cesse. Ses répercussions durables dépendent notamment de la disposition et de la conduite de celui qui est béni. S´il agit d´une manière agréable à Dieu, il sera une source de bénédiction même pour autrui.

Au-delà de son destinataire immédiat et de la vie de celui-ci, la bénédiction peut s´étendre aux générations ultérieures.

4.6.1 La bénédiction de Dieu dans la création Retour en haut de page

Lors de la création, Dieu a béni la créature et, dans la vie qu´il a créée, il a inscrit la loi de la multiplication. Il a confié la création à l´homme et a béni celui-ci à cette fin (Ge 1 : 28-30), renouvelant sa bénédiction après le déluge (Ge 9 : 1.11). Tout ce qu´implique cette bénédiction est dit en ces termes : « Tant que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l´été et l´hiver, le jour et la nuit ne cesseront point » (Ge 8 : 22).

La bénédiction de Dieu qui reposait au commencement sur la création a certes été restreinte dans ses effets par la malédiction du péché, mais non pas supprimée : « Lorsqu´une terre abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, produit une herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle participe à la bénédiction de Dieu » (Hé 6 : 7). Et cette bénédiction profite à tous les hommes (Mt 5 : 45).

4.6.2 La bénédiction de Dieu sous l´Ancienne Alliance Retour en haut de page

La promesse de bénédiction pour Israël fait partie de l´alliance que Dieu a conclue avec le peuple qu´il a élu. Cette bénédiction dépendait de l´accomplissement, par Israël, des devoirs inhérents à l´alliance, à savoir servir Dieu seul et obéir à ses commandements ; tout écart de conduite entraînait la malédiction. La décision appartenait au peuple : « Vois, je mets aujourd´hui devant vous la bénédiction et la malédiction : la bénédiction, si vous obéissez aux commandements de l´Eternel, votre Dieu, que je vous prescris en ce jour ; la malédiction, si vous n´obéissez pas aux commandements de l´Eternel, votre Dieu » (De 11 : 26-28). À l´évidence, le fait de se détourner de Dieu et de ses commandements avait la malédiction pour conséquence.

Sous l´Ancienne Alliance, la bénédiction de Dieu se manifestait avant tout dans l´univers de vie immédiatement expérimentable de l´homme et s´étendait à tous les domaines, consistant notamment en la victoire au combat contre les ennemis, une longue vie, la richesse, une descendance nombreuse ou encore la fertilité du sol (De 28 : 3-7). La bénédiction prend cependant, dès l´Ancienne Alliance, une dimension qui dépasse la prospérité matérielle, comme le montre la promesse faite par Dieu à Abraham : « Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi » (Ge 12 : 2-3). Cette bénédiction était bien davantage qu´une simple promesse de bien-être personnel ; elle a permis à Abraham de devenir à son tour une source de bénédiction pour autrui. La bénédiction de Dieu s´étendrait à toutes les générations à venir, et c´est Jésus-Christ qui l´a rendue accessible à toutes les nations (Ga 3 : 14).

4.6.3 La bénédiction de Dieu sous la Nouvelle Alliance Retour en haut de page

C´est en Jésus-Christ qu´a débuté la transmission de la bénédiction divine sous la Nouvelle Alliance. Le Seigneur bénissait par le biais de sa parole, de ses miracles et de sa conduite. Il imposait ses mains aux enfants pour les bénir, et il pardonnait aux pécheurs. Le couronnement de son activité bénissante a consisté en le don de sa vie innocente à la croix, en sacrifice expiatoire, en vue de la réconciliation de tous les hommes avec Dieu. Ce faisant, il a pris sur lui la malédiction qui pesait sur les pécheurs.

La bénédiction qui se révèle en Jésus-Christ peut être conçue comme étant universelle. Ainsi lisons-nous, en Éphésiens 1 : 3 : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! » Cette bénédiction plonge ses racines dans l´élection opérée avant la fondation du monde (verset 4), elle recèle également en elle-même la rédemption et le pardon des péchés (verset 7), elle conduit dans la connaissance de la volonté de Dieu (verset 9) ; elle comporte aussi la prédestination à l´héritage de la gloire future (verset 11), permet d´avoir part à l´Évangile (verset 13) et rend possible la réception du don du Saint-Esprit pour en être scellé, en gage de l´héritage pour la rédemption (versets 13-14).

Le croyant sait que sa vocation à hériter la bénédiction est inhérente à l´élection opérée en Jésus-Christ (1 Pi 3 : 9). C´est en menant une vie marquée du sceau de la crainte de Dieu, de l´obéissance de la foi et du désintéressement qu´il prouve sa reconnaissance pour la bénédiction de Dieu.

Il existe aussi un lien entre les sacrifices (cf. 13.2.4) et la bénédiction ; c´est là une expérience fondamentale propre à la vie chrétienne.

Au cours du service divin, de nombreuses bénédictions divines deviennent accessibles à celui qui croit (cf.12.1 et 12.2).

La plénitude de la bénédiction réside dans le fait d´avoir éternellement part à la gloire de Dieu.

EN BREF Retour en haut de page

La bénédiction est attention et sollicitude divines que nul ne peut mériter. Bénédiction est synonyme d´action salvifique et salutaire de Dieu à l´égard de l´homme et de la création. (4.6)

C´est souvent par des hommes mandatés par lui à cet effet que Dieu accorde sa bénédiction. Nul ne peut se bénir soi-même. La bénédiction s´épanouit sur le fondement de la foi. (4.6)

Lors de la création, Dieu a béni la créature et, dans la vie qu´il a créée, il a inscrit la loi de la multiplication. Il a confié la création à l´homme et a béni celui-ci à cette fin. La bénédiction de Dieu a certes été restreinte dans ses effets par la malédiction du péché, mais non pas supprimée. (4.6.1)

Sous l´Ancienne Alliance, la bénédiction de Dieu se traduisait avant tout dans la prospérité terrestre, tout en ayant déjà une dimension supérieure. (4.6.2)

Jésus-Christ bénissait en paroles et en actes. Le don de sa vie innocente à la croix, en sacrifice expiatoire, en vue de la réconciliation de tous les hommes avec Dieu est la bénédiction suprême. (4.6.3)

Au cours du service divin, de nombreuses bénédictions divines deviennent accessibles à ceux qui croient. (4.6.3)

La plénitude de la bénédiction réside dans le fait d´avoir éternellement part à la gloire de Dieu. (4.6.3)

4.7 La finalité de la loi Retour en haut de page

Par le terme de « loi », on entend généralement les prescriptions et règles édictées par une autorité supérieure et imposées à toutes les personnes vivant dans sa juridiction ; la loi définit leurs droits et devoirs.

Souverain suprême, Dieu s´élève au-dessus de tous les législateurs. La loi non-écrite qui s´impose à tout être humain est appelée « loi morale naturelle » (Ro 2 : 14-15). Elle révèle les exigences et les critères éthiques et moraux qui doivent présider à la vie humaine. Par-delà toutes les évolutions historiques et sociales, la loi morale est immuable dans ses caractéristiques fondamentales et ses exigences. De cette loi morale générale sont déductibles des éléments essentiels de la législation des États. Des points importants de cette loi sont évoqués, par exemple, dans les Dix commandements.

Il n´existe cependant pas seulement une loi qui enjoint des ordres et des interdits à l´homme, et lui apprend à agir à bon escient, mais aussi une loi qui impose la réalité de la vie. Cette dernière structure et ordonne sa vie biologique, sociale et politique. L´homme en fait l´expérience dans les faits élémentaires de son existence, dans l´histoire et dans la nature, la naissance et la mort, le vieillissement et le dépérissement, la réussite et l´échec ainsi que l´implication dans les événements historiques ou les catastrophes naturelles : toutes ces choses sont autant de facettes de son expérimentation de la loi.

Ancien Testament postule que l´homme est juste devant Dieu à la condition qu´il mène sa vie selon les prescriptions de la loi mosaïque (De 6 : 25). A cette époque-là, la loi mosaïque incarnait l´ordre suprême à respecter obligatoirement par les Israélites. L´Évangile affirme au contraire que la justice valable devant Dieu procède de la foi dans le sacrifice et la résurrection de Christ. Cette grâce divine est supérieure à la loi.

C´est dans l´épître aux Romains surtout que l´apôtre Paul s´est penché sur ces idées opposées au sujet de la justice, savoir la loi ou la grâce. Ces deux voies divergentes ont entraîné des dissensions, dans les communautés de l´Église primitive, entre judéo-chrétiens et pagano-chrétiens, au point que l´apôtre s´est senti poussé à étudier cette problématique de manière approfondie.

4.7.1 La notion de « loi » Retour en haut de page

Le terme de « loi » désigne d´abord la loi mosaïque consignée par écrit, c´est-à-dire le Pentateuque, la thora. Sont des éléments essentiels de la loi mosaïque les Dix commandements et le double commandement de l´amour (cf. 5.3).

Sous l´Ancienne Alliance, la loi est comprise comme étant le chemin qui mène au salut. Elle offre à l´homme la possibilité de fuir le péché et de mener ainsi une vie droite devant Dieu, pour échapper à son jugement. La loi place l´Israélite devant un choix : S´il la respecte, Dieu le bénit ; s´il la transgresse, Dieu le maudit (De 11 : 26-28). Les prophètes critiquent durement (Es 1 : 10-17) ceux qui ne se soucient que de l´aspect rituel de la loi (qui ne l´accomplissent que de manière formelle).

En Jésus-Christ a été tracé le chemin d´accès au salut, à la réconciliation totale avec Dieu. Le Nouveau Testament révèle au grand jour ce qu´il en est de la loi mosaïque : Contrairement à ce que l´on croyait jusqu´alors, elle n´est pas le chemin qui mène au salut, mais elle met en évidence la situation de l´être humain qui, aux yeux de Dieu, est irrémédiablement entravé par les liens du péché, et elle le renvoie au véritable chemin du salut.

De surcroît, ce regard néotestamentaire sur la loi permet d´élargir de manière considérable le sens de cette notion : Le terme de « loi » ne désigne plus seulement la thora consignée par écrit, mais aussi le statut ontologique de toute vie et de toute chose, y compris de l´être humain. Font partie de ce statut les lois des causes et des effets, des semailles et des moissons, de l´entrée dans la vie et de la sortie de la vie, auxquelles rien ni personne ne peut se soustraire. Le terme de « loi » désigne aussi une instance présente dans l´homme, qui lui demande de satisfaire à des exigences morales et éthiques (cf. 4.2.1.3).

Les Juifs tout comme les païens sont sous la loi : Les Juifs sont sous la loi révélée à Moïse, tandis que les païens sont sous celle que Dieu a inscrite dans le cœur de tous les hommes (Ro 2 : 15).

4.7.2 La loi apprend à bien agir Retour en haut de page

La loi donnée par Dieu vise à apprendre à l´homme à agir d´une manière agréable à Dieu ; elle est une aide à la vie que Dieu, dans sa bonté, lui fournit. Elle prescrit à l´homme des règles concrètes de comportement. La loi l´incite ainsi au bien et l´aide à fuir le mal.

Dans la loi mosaïque, les prescriptions relatives à l´alimentation, à la pureté, au respect du sabbat et à l´accomplissement du service sacerdotal revêtent une importance capitale. Cette loi est le critère du véritable culte de Dieu et des véritables rapports que les hommes doivent avoir entre eux : « On t´a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l´Eternel demande de toi, c´est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu » (Mi 6 : 8).

« Pratiquer la justice », c´est-à-dire agir conformément à la loi, signifie avant tout rester fidèle à Dieu et ne pas adorer d´idoles. C´est par son obéissance envers Dieu que l´homme démontre son humilité. « Aimer la miséricorde », c´est, dans le domaine des relations interpersonnelles, respecter son prochain et lui témoigner de l´estime. Ce souci fondamental de la loi, Jésus l´évoque dans son Sermon sur la montagne : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c´est la loi et les prophètes » (Mt 7 : 12).

Les gens pieux de l´Ancienne Alliance estimaient que l´on pouvait satisfaire aux exigences de la loi qui, de ce fait, permettaient de parvenir au salut. Quelques passages de l´Ancien Testament témoignent cependant aussi de la prise de conscience du fait qu´il était impossible à l´homme d´accomplir parfaitement toutes les prescriptions de la loi (cf. notamment Ps 19 : 13). La conviction générale était cependant par principe celle-ci : Celui qui accomplit la loi est un juste ; il sera sauvé. Celui qui transgresse la loi est un pécheur ; il est menacé de passer en jugement.

4.7.3 La loi apprend à discerner le péché Retour en haut de page

C´est à la lumière de l´Évangile que se révèle la bonne et juste compréhension de la loi donnée par Dieu.

Dans son épître aux Romains, l´apôtre Paul écrit : « Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu. Car personne ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c´est par la loi que vient la connaissance du péché » (Ro 3 : 19-20). Face à l´exigence de la loi, à la satisfaction de laquelle il échoue régulièrement, l´homme se reconnaît pécheur et injuste, et, par conséquent, dépendant de la grâce divine (Ro 7 : 7-10).

Du point de vue du Nouveau Testament, la plus noble finalité de la loi mosaïque consiste à faire prendre conscience à l´homme qu´il lui est impossible d´accéder au salut par lui-même. La loi est incapable de transformer l´injuste en juste, le pécheur en gracié. Malgré cela, les exigences fondamentales de la loi, exprimées dans les Dix commandements et le commandement de l´amour de Dieu et du prochain, subsistent.

La loi donc révèle l´homme comme étant pécheur et montre la nécessité, pour lui, d´obtenir le salut en plénitude par le pardon des péchés. De tout temps, la loi renvoie donc à Jésus : « Avant que la foi vienne, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme un précepteur pour nous conduire à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi » (Ga 3 : 23-24). La loi est donc ce « précepteur » qui fait prendre conscience de la cohérence des choses et conduit à Christ.

Dans l´épître aux Romains, Paul résume la finalité de la loi : Par la désobéissance d´un seul homme (Adam), beaucoup sont devenus des pécheurs ; par l´obéissance d´un seul Rédempteur (Jésus-Christ), beaucoup ont été justifiés. La loi est « intervenue » entre les deux, écrit l´apôtre Paul (Ro 5 : 19-20). Finalement, la loi mosaïque doit conduire à la connaissance que la rédemption ne procède pas d´elle, mais seulement de Jésus-Christ.

EN BREF Retour en haut de page

La loi non-écrite et immuable qui s´impose à tout être humain est la loi morale naturelle. Des éléments importants de cette loi sont évoqués dans les Dix commandements. (4.7)

La loi qui structure les réalités de la vie ordonne la vie biologique et sociale. (4.7)

Sous l´Ancienne Alliance, la loi mosaïque est comprise comme étant le chemin qui mène au salut. Elle offre à l´homme la possibilité de fuir le péché et de mener ainsi une vie droite devant Dieu, pour échapper à son jugement. En Jésus-Christ a été tracé le chemin d´accès au salut, à la réconciliation totale avec Dieu. Le Nouveau Testament révèle au grand jour que la loi mosaïque n´est pas le chemin qui mène au salut, mais qu´elle indique ce chemin du salut. (4.7.1)

La loi mosaïque vise à apprendre à l´homme à agir d´une manière agréable à Dieu. C´est à la lumière de l´Évangile que se révèle la bonne et juste compréhension de la loi donnée par Dieu. (4.7.2)

La loi révèle l´homme comme étant pécheur et montre la nécessité, pour lui, d´obtenir le salut en plénitude par le pardon des péchés. De tout temps, la loi renvoie donc à Jésus-Christ. (4.7.3)

4.8 La loi et l´Évangile Retour en haut de page

La stricte observance de la loi mosaïque et l´étude de ses contenus revêtaient une importance capitale sous l´Ancienne Alliance (cf. 4.7.1).

Le terme d´ « Évangile » vient du grec et signifie : « bonne nouvelle ». Son usage hellénistique n´est évidemment pas la seule source de l´approche néotestamentaire de cette notion. Il y est déjà fait allusion dans l´Ancien Testament, notamment en Esaïe 61 : 1 : « L´Esprit du Seigneur, l´Eternel, est sur moi, Car l´Eternel m´a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux » (cf. Lu 4 : 18).

Dans le Nouveau Testament, on entend, par « Évangile », l´action salvifique de Dieu en Jésus-Christ, depuis sa naissance jusqu´à sa mort à la croix, sa résurrection et, finalement, son retour. L´apôtre Paul décrit des éléments essentiels de l´Évangile : « Je vous ai enseigné avant tout, comme je l´avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; qu´il a été enseveli, et qu´il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ; et qu´il est apparu à Céphas, puis aux douze » (1 Co 15 : 3-5).

L´Évangile exprime par conséquent l´acte salvifique de Jésus-Christ, que rien ne peut relativiser ni amoindrir. L´Évangile proclame que Jésus-Christ est l´unique chemin qui mène au salut.

La loi et l´Évangile sont antinomiques : Tous deux révèlent certes la volonté salvifique de Dieu, mais la loi mosaïque s´adressait au peuple d´Israël, qui était alors le peuple élu, tandis que l´Évangile revêt une validité universelle.

Pour autant, on aurait tort de considérer que la loi se recouvre exclusivement avec l´Ancien Testament et l´Évangile avec le Nouveau, car ces deux parties de la Bible recèlent en elles, et des éléments de la loi et des éléments de l´Évangile. C´est la clé de la connaissance néotestamentaire qui permet de comprendre rétrospectivement, dans leur nature, les éléments de la loi et de l´Évangile contenus dans l´Ancien Testament. L´Évangile dont l´Écriture sainte est pénétrée, c´est la « prédication de la croix » (1 Co 1 : 18), la « parole de la réconciliation » (2 Co 5 : 19).

4.8.1 La loi de Christ : la grâce Retour en haut de page

Dans ses explications au sujet de la justification par la foi, l´apôtre Paul cite des passages des prophètes vétérotestamentaires, notamment Esaïe 28 : 16 et Joël 2 : 32 : « Car c´est en croyant du cœur qu´on parvient à la justice, et c´est en confessant de la bouche qu´on parvient au salut, selon ce que dit l´Écriture : Quiconque croit en lui ne sera point confus. Il n´y a aucune différence, en effet, entre le Juif et le Grec, puisqu´ils ont tous un même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l´invoquent. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Ro 10 : 10-13). En considération de l´Évangile, l´apôtre souligne l´unité de l´Ancienne et de la Nouvelle Alliance.

La connaissance, présente dans le Nouveau Testament, que l´homme est pécheur existait déjà dans l´Ancien Testament : « J´ai péché contre toi seul, et j´ai fait ce qui est mal à tes yeux [...]. Voici, je suis né dans l´iniquité, et ma mère m´a conçu dans le péché » (Ps 51 : 6-7). Il est difficile d´exprimer la situation du pécheur en des termes plus crus ; il n´est nullement question, ici, de la supériorité du juste sur l´impie. Aux temps vétérotestamentaires, certains avaient donc déjà conscience de la nécessité, pour eux, de la rédemption.

Les chapitres 49 à 56 du livre d´Esaïe peuvent être considérés comme une anticipation du message de la grâce propre à l´Évangile ; ainsi lit-on en Esaïe 53 : 4-6 : « Cependant, ce sont nos souffrances qu´il a portées, c´est de nos douleurs qu´il s´est chargé ; [...]. Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c´est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. [...] Et l´Eternel a fait retomber sur lui l´iniquité de nous tous. »

Tout comme l´Ancienne Alliance comporte déjà des indications au sujet de l´Évangile, les références à la loi font aussi partie de la prédication de l´Évangile sous la Nouvelle Alliance. Tant les Évangiles que les épîtres des apôtres prennent en compte la loi et sa nouvelle interprétation.

La question n´est pas l´abolition de la loi, mais sa véritable compréhension, révélée seulement par l´Évangile de Jésus-Christ : « ... puisqu´il y a un seul Dieu, qui justifiera par la foi les circoncis, et par la foi les incirconcis. Annulons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi » (Ro 3 : 30-31).

Christ est à la fois l´accomplissement et la fin de la loi ; on ne peut donc plus comprendre la loi comme étant le chemin qui mène au salut (Ro 10 : 4-5).

Si, sous l´Ancienne Alliance, on supposait que la loi mène à la vie et à la victoire sur le péché, l´apôtre Paul montre clairement qu´elle conduit seulement à la connaissance du péché : « Mais je n´ai connu le péché que par la loi. Car je n´aurais pas connu la convoitise, si la loi n´avait dit, Tu ne convoiteras point » (Ro 7 : 7).

Destinée, d´une part, à faire prendre conscience à l´homme de sa condition de pécheur, elle lui apprend par ailleurs à agir à bon escient. Jésus-Christ a résumé ce qui, dans la loi de Moïse, est éternellement valable et nécessaire dans le commandement de l´amour de Dieu et du prochain (Mt 22 : 37-40).

La « loi de Christ » reprend ainsi des éléments importants de la loi mosaïque, savoir l´exigence d´aimer Dieu et son prochain (De 6 : 5 ; Lé 19 : 18), et met en évidence sa fonction fondamentale. Dans ce contexte, l´opposition entre la loi et l´Évangile, et leur fusion l´une dans l´autre apparaissent de nouveau clairement.

L´homme pieux de l´Ancienne Alliance espérait vaincre le péché en s´efforçant d´accomplir la loi mosaïque, mais il ne pouvait y parvenir. C´est par la « loi de Christ » seulement que la victoire sur le péché devient réalité.

L´homme gracié est justifié devant Dieu ; la justification du pécheur est une conséquence du sacrifice de Christ : « Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s´étend à tous les hommes » (Ro 5 : 18).

4.8.2 La foi et les œuvres Retour en haut de page

L´homme est justifié par la foi en Jésus-Christ. Dans cette mesure, les œuvres qu´il accomplit ne contribuent en rien à sa sanctification et à sa justification : « Car nous pensons que l´homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi » (Ro 3 : 28).

Malgré cela, il existe un rapport étroit entre la foi et les œuvres, qui sont indissociables l´une des autres : les bonnes œuvres sont l´expression d´une foi vivante ; sans elles, la foi est morte. La foi n´est donc pas simplement une disposition intérieure, mais elle pousse à l´action (Ja 2 : 15-17).

Les bonnes œuvres plongent leurs racines dans la foi, dont elles sont pour ainsi dire la face visible qui atteste la réalité de la foi. La foi se réalise avant tout dans l´amour de Dieu et dans les rapports avec le prochain, qui sont marqués du sceau de l´amour.

La foi et les œuvres, la justification et une conduite sanctifiée vont de pair et sont indissociables.

EN BREF Retour en haut de page

« Evangile » signifie « Bonne Nouvelle ». Dans le Nouveau Testament, on entend, par « Evangile », l´agir salvifique de Dieu en Jésus-Christ. (4.8)

La loi et l´Evangile révèlent la volonté salvatrice de Dieu. La loi s´adressait au peuple d´Israël, tandis que l´Evangile a une validité universelle. (4.8)

Tout comme l´Ancienne Alliance comporte déjà des indications au sujet de l´Evangile, les références à la loi font aussi partie de la prédication de l´Evangile sous la Nouvelle Alliance. (4.8.1)

Jésus-Christ a résumé ce qui, dans la loi de Moïse, est éternellement valable et nécessaire dans le commandement de l´amour de Dieu et du prochain. La « loi de Christ » reprend ainsi des éléments importants de la loi mosaïque. (4.8.1)

L´homme est justifié par la foi en Jésus-Christ. Dans cette mesure, les œuvres qu´il accomplit ne contribuent en rien à sa sanctification et à sa justification. Malgré cela, il existe un rapport étroit entre la foi et les œuvres, la justification et une sainte conduite. Les bonnes œuvres plongent leurs racines dans la foi, dont elles sont pour ainsi dire la face visible. (4.8.2)