Catéchisme

3 La Trinité divine

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont le seul et même Dieu. C´est sa révélation dans l´histoire de la rédemption qui atteste que Dieu est trine de toute éternité, en mettant en évidence que, depuis le commencement, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont, créent, agissent et conservent ensemble.

Sous l´Ancienne Alliance, c´est surtout Dieu, le Père, qui se révèle, tandis que l´activité du Fils et du Saint-Esprit reste encore en grande partie cachée aux hommes. Du point du vue du Nouveau Testament, l´apôtre Paul affirme que le Fils de Dieu était déjà présent lors de la pérégrination du peuple d´Israël à travers le désert (cf. 1 Co 10 : 4). Par ailleurs, il est dit, en Marc 12 : 36 et en Hébreux 3 : 7, que le Saint-Esprit parlait déjà du temps de l´Ancienne Alliance.

L´incarnation, la mort et la résurrection du Fils de Dieu ainsi que l´envoi du Saint-Esprit révèlent Dieu comme étant une Trinité. En Jean 16 : 13-15, Jésus-Christ met en évidence les interactions de la Trinité divine : Tout ce qui appartient au Fils appartient aussi au Père, et ce que le Saint-Esprit annonce, il le prend du Père et du Fils.

Le Dieu trine est le Dieu de la communion du Père, du Fils et de l´Esprit ; c´est cette communion qu´il souhaite rendre accessible à l´être humain.

3.1 La nature de Dieu Retour en haut de page

La nature et l´agir de Dieu échappent à la raison humaine ; seule la foi est en mesure d´appréhender Dieu, sa toute-puissance et sa grandeur. Jésus-Christ a révélé Dieu aux hommes comme étant un Père aimant, bon et miséricordieux, et l´a rendu expérimentable pour eux. Le Saint-Esprit révèle d´autres aspects encore de Dieu, afin de conduire le croyant dans la profondeur de la divinité (cf. 1 Co 2 : 6-16).

La nature de Dieu présente les caractéristiques suivantes : Dieu est l´Un (l´Unique), le Saint, le Tout-Puissant, l´Eternel, l´Aimant, le Miséricordieux, le Juste, le Parfait. Dieu n´est ni inconnu ni caché ; il se penche vers les hommes, leur parle et les autorise à lui parler.

La description des caractéristiques divines vise à montrer la perfection et l´infaillibilité de Dieu ; cependant, les notions empruntées à l´univers de l´expérience humaine sont impuissantes à restituer toute la réalité divine.

3.1.1 Un Dieu en trois Personnes Retour en haut de page

La Trinité divine est un mystère. Dans la formule trinitaire : « Au nom de Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit », « nom » est employé au singulier, et non pas au pluriel : Dieu est à la fois un et trine. Dans ses paroles adressées aux apôtres, Jésus a rendu la Trinité divine connaissable ; les apôtres devaient baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28 : 19). Dire que Dieu est « le Père, le Fils et le Saint-Esprit » ne revient pas à évoquer trois dieux distincts, mais trois Personnes (hypostases) qui sont le seul et même Dieu.

3.1.2 Dieu, l´Un Retour en haut de page

La foi en le Dieu unique fait partie des professions fondamentales de l´Ancien et du Nouveau Testament. En révélant son nom à Moïse, Dieu s´est défini comme étant unique et fidèle à lui-même : « Je suis celui qui suis » (Ex 3 : 14). Cette profession de foi en l´unicité de Dieu : « L´Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel » (De 6 : 4), a accompagné le peuple de l´Ancienne Alliance tout au long de son histoire.

Bien qu´il soit dit d´emblée et sans aucune ambiguïté dans le premier commandement : « Tu n´auras pas d´autres dieux devant ma face » (Ex 20 : 3), Israël a mis longtemps pour appliquer cette foi en l´unicité de Dieu et exclure de sa pratique religieuse l´adoration de tous les autres dieux ; sans cesse, les prophètes ont reprocher son idolâtrie au peuple. En Esaïe 45 : 21-22 se trouvent ces paroles de Dieu : « Il n´y a point d´autre Dieu que moi, je suis le seul Dieu juste et qui sauve. Tournez-vous vers moi, et vous serez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités de la terre ! Car je suis Dieu, et il n´y en a point d´autre. » À leur retour de la captivité babylonienne, les Juifs prirent conscience du fait que leur foi en le Dieu unique (monothéisme) constituait leur marque distinctive essentielle d´avec les païens. La foi exprimée dans le livre de la Sagesse est, de nos jours encore, caractéristique du judaïsme : « Il n´y a pas de Dieu en dehors de toi » (Sg 12 : 13. TOB).

Cette confession est enracinée dans la foi chrétienne, depuis l´époque des premières communautés jusqu´à l´époque actuelle. L´apôtre Paul défendait le monothéisme sans aucune restriction. Faisant allusion au polythéisme pratiqué dans les religions grecque et romaine, il a écrit : « ... nous savons qu´il n´y a [...] qu´un seul Dieu » (cf. 1 Cor 8 : 4).

3.1.3 Dieu, le Saint Retour en haut de page

Dans l´Ancien Testament, Dieu est appelé à plusieurs reprises « le Saint » (cf. Es 43 : 3 ; 50 : 29 ; Ha 1 : 12). La sainteté, c´est-à-dire la majesté, l´intangibilité, l´isolement du profane, fait partie de la nature de Dieu, de son être et de son agir. Le passage en Apocalypse 4 : 8 l´atteste en ces termes : « Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, qui était, qui est, et qui vient ! » (cf. Es 6 : 3). Sa parole et sa volonté sont empreintes de la même sainteté.

La proximité de Dieu, la présence du Saint, expérimentable à plusieurs reprises au cours de l´histoire de la rédemption, intime le respect. Moïse en a fait l´expérience en voyant le buisson ardent et en y percevant la voix de Dieu : « N´approche pas d´ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte » (Ex 3 : 5). La sainteté de Dieu sanctifie le lieu il se révèle.

La participation de la sainteté de Dieu est à la fois don et devoir : « Soyez saints, car je suis saint, moi, l´Eternel, votre Dieu » ( 19 : 2 ; cf. 1 Pi 1 : 15-16). Chaque croyant se voit ainsi appelé à tendre vers la sainteté qui procède de la sainteté de Dieu. Ce faisant, il « sanctifie » le nom de Dieu, comme cela est exprimé dans la prière du « Notre Père » : « Que ton nom soit sanctifié » (Mt 6 : 9).

3.1.4 Dieu, le Tout-Puissant Retour en haut de page

Professer : « Je crois en Dieu, le Père, le Tout-Puissant, le créateur du ciel et de la terre » (article 1 de la confession de foi), c´est attester que Dieu peut tout, et que rien ne lui est impossible ; pour lui, il n´y a aucune limite à la réalisation de sa volonté. Le passage en Psaumes 135 : 6 exprime cette réalité en les termes suivants : « Tout ce que l´Eternel veut, il le fait, dans les cieux et sur la terre, dans les mers et dans les abîmes. »

La toute-puissance de Dieu se révèle aussi de manière évidente aux hommes dans la création. Sous l´effet de sa seule parole, toutes choses ont été créées du néant (cf. 11 : 3). Dans sa toute-puissance, Dieu fixe le début et la fin de toute chose : « Je suis l´alpha et l´oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant » (Ap 1 : 8). De la même manière, la nouvelle création sera aussi l´expression de la toute-puissance de Dieu.

Jésus-Christ a également parlé de la toute-puissance de Dieu : « Tout est possible à Dieu » (Mc 10 : 27) ; et les anges ont attesté à leur tour : « Car rien n´est impossible à Dieu » (Lu 1 : 37).

La toute-puissance de Dieu s´accompagne de son omniscience et de son omniprésence. Il est question de son omniscience en Psaumes 139 : 2-4 : « Tu sais quand je m´assieds et quand je me lève, tu pénètres de loin ma pensée ; tu sais quand je marche et quand je me couche, et tu pénètres toutes mes voies. Car la parole n´est pas sur ma langue, que déjà, ô Eternel ! tu la connais entièrement. » Le même psaume évoque aussi l´omniprésence de Dieu : « Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au séjour des morts, t´y voilà. Si je prends les ailes de l´aurore, et que j´aille habiter à l´extrémité de la mer, aussi ta main me conduira, et ta droite me saisira » (versets 8-10).

3.1.5 Dieu, l´Eternel Retour en haut de page

Dieu, « l´Eternel », n´a ni commencement ni fin. Pour lui, il n´existe aucune limite temporelle : « Avant que les montagnes soient nées, et que tu aies créé la terre et le monde, d´éternité en éternité tu es Dieu » (Ps 90 : 2). Dieu est le Créateur et le Maître du temps : Contrairement au monde matériel soumis à la temporalité, Dieu dispose souverainement du temps, pour l´accorder ou le retirer.

L´éternité de Dieu dépasse l´horizon expérimentable humain. Elle est infinie, mais non pas synonyme d´absence de temps. Aux yeux de Dieu, passé, présent et futur sont plutôt également présents. Le fait que Dieu est au-dessus de toutes dimensions temporelles et les domine transparaît dans le passage en II Pierre 3 : 8 : « Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c´est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. »

3.1.6 Dieu, l´Aimant Retour en haut de page

Sous l´Ancienne comme sous la Nouvelle Alliance, Dieu se révèle comme étant celui qui aime. C´est par amour qu´il a élu et délivré le peuple d´Israël de la servitude égyptienne. Pour autant, Dieu, par son intervention historique, ne s´est pas révélé comme étant celui qui aime au seul peuple d´Israël, mais finalement à l´humanité entière, en la personne de Jésus-Christ : « Car Dieu a tant aimé le monde qu´il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu´il ait la vie éternelle » (Jn 3 : 16).

Dieu ne se contente pas de se tourner vers le monde par amour, « Dieu est amour » (1 Jn 4 : 16).

3.1.7 Dieu, le Miséricordieux et le Juste Retour en haut de page

Dieu est le Miséricordieux. Sa grâce est un élément de sa justice. Il fait preuve de grâce, de miséricorde, de patience et de bonté envers les hommes (cf. Ps 103 : 8). Dans sa justice, Dieu fait grâce et miséricorde à son peuple, même si celui-ci s´égare ou ne respecte pas son alliance : « Dans un instant de colère, je t´avais un moment dérobé ma face, mais avec un amour éternel j´aurai compassion de toi, dit ton rédempteur, l´Eternel » (Es 54 : 8).

Sous la Nouvelle Alliance, Dieu se montre miséricordieux en se tournant vers l´homme empêtré dans ses péchés pour les lui pardonner. L´apôtre Paul atteste que « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (cf. 2 Co 5 : 19). C´est par grâce que Dieu justifie l´injuste ; le pécheur accède au pardon, et celui qui a besoin d´être sauvé connaît le salut, c´est-à-dire la rédemption.

Dieu est juste : « Ses œuvres sont parfaites, car toutes ses voies sont justes » (De 32 : 4). Des déclarations comme celles-ci : « Car le salaire du péché, c´est la mort » (Ro 6 : 23) ou : « Les jugements du Tout-Puissant sont véritables et justes » (cf. Ap 16 : 7) mettent sa justice en évidence. Dieu est celui qui, sous la Nouvelle Alliance, justifie gratuitement le pécheur par Jésus-Christ (Ro 3 : 24-26 ; 5 : 18).

3.1.8 Dieu, le Parfait Retour en haut de page

Dieu est parfait. Il n´a besoin ni de s´améliorer ni de changer ni d´évoluer. Il est l´Immuable, celui qui échappe à toute condition et contrainte. Il n´agit jamais sous la pression d´une nécessité extérieure, mais toujours et uniquement au gré de sa volonté souveraine.

Dieu s´est fait connaître à Moïse comme étant celui qui est totalement identique à lui-même et parfait : « Je suis celui qui suis » (Ex 3 : 14).

La perfection et la bonté de Dieu sont indissociables l´une de l´autre : Tout ce qui s´opère en Dieu, tout ce qui procède de lui ou est créé par lui est bon et parfait. La perfection de Dieu réside aussi dans l´absence de tout décalage entre le vouloir et le faire, le dessein et la réalisation. L´échec ou l´imperfection sont étrangers à Dieu. La création participe de la perfection et de la bonté de Dieu ; Dieu la juge par conséquent « très bonne » (Ge 1 : 31).

La vérité fait également partie de la perfection de Dieu. En Dieu, il n´y a ni mensonge ni illusion ni incertitude : « Le fondement de ta parole est la vérité » (Ps 119 : 160). La parole de Dieu est fiable : Dieu s´engage, quand il fait des promesses, et il est fidèle.

La vérité de Dieu correspond à la sagesse. Dieu règne par elle et en remplit toute sa création : « Elle s´étend avec force d´une extrémité du monde à l´autre, elle gouverne l´univers avec bonté » (Sg 8 : 1. TOB).

La perfection de Dieu est immédiatement expérimentable en Jésus-Christ, celui « qui suscite la foi et la mène à la perfection » ( 12 : 2), parce qu´il est parfait dans ses paroles et ses actes. Jésus-Christ est le modèle en matière de sagesse et il l´enseigne à l´homme, pour que celui-ci y aspire (Ph 2 : 5).

Le « but », le « prix de la vocation céleste » (Ph 3 : 13), la perfection donc, est de nature eschatologique. L´homme pécheur peut certes tendre vers la perfection, mais non pas l´atteindre, la réaliser. C´est en l´acceptant lors du retour de Christ et en lui permettant de participer de la nouvelle création que Dieu fera pleinement partager sa perfection à l´être humain.

EN BREF Retour en haut de page

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont le seul et même Dieu qui est depuis le commencement, qui crée, agit et conserve. (3)

La nature et l´agir de Dieu échappent à la raison humaine ; seule la foi est en mesure d´appréhender Dieu. (3.1)

Dieu est à la fois un et trine : Père, Fils et Saint-Esprit. Il ne s´agit pas de trois dieux distincts, mais de trois Personnes (hypostases). (3.1.1)

La foi en le Dieu unique (monothéisme) fait partie des professions fondamentales de l´Ancien et du Nouveau Testament, et est enracinée dans la foi chrétienne, depuis l´époque des premières communautés jusqu´à l´époque actuelle. (3.1.2)

La sainteté - c´est-à-dire la majesté, l´intangibilité, l´isolement du profane - fait partie de la nature de Dieu, de son être et de son agir. Sa parole et sa volonté sont empreintes de la même sainteté. (3.1.3)

Dieu peut tout, il ne connaît aucune limite. L´omniscience et l´omniprésence font partie de sa toute-puissance. (3.1.4)

Dieu n´a ni commencement ni fin. Son éternité est infinie, mais non pas synonyme d´absence de temps. Il est le créateur du temps et domine toutes les dimensions temporelles. Pour lui, le passé, le présent et le futur sont également présents. (3.1.5)

Dieu est amour (1 Jn 4 :16). Au fil de l´histoire, il se révèle comme étant celui qui aime. Son amour est évident avant tout dans le don et le sacrifice de son Fils pour l´humanité tout entière. (3.1.6)

Dieu est le Miséricordieux et le Juste. Sa grâce se traduit notamment par le pardon des péchés. Il justifie le pécheur par Jésus-Christ. (3.1.7)

Dieu est le Parfait. Ses œuvres et ses voies sont sans défaut. Il agit uniquement au gré de sa volonté souveraine. Dieu s´engage, quand il fait des promesses, et il est fidèle. Sa perfection est immédiatement expérimentable en Jésus-Christ. (3.1.8)

3.2 Dieu : Père, Fils et Saint-Esprit Retour en haut de page

Dieu s´est révélé lui-même comme étant le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il s´est ainsi fait connaître sous son aspect trine. Cette révélation de Dieu constitue le fondement de la doctrine de la Trinité. Dans l´histoire et dans la création, l´intervention de Dieu a lieu comme étant respectivement celle du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Dieu se révèle comme étant le Créateur, le Rédempteur et Réconciliateur, et l´auteur d´une nouvelle création. Au cours de la vie de Jésus (lors de son baptême, de sa transfiguration, de sa crucifixion, de sa résurrection et de son ascension) ainsi que lors de l´effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte, Dieu a manifesté sa nature trine : il est Père, Fils et Saint-Esprit.

Le mystère de la Trinité divine est évoqué de diverses manières dans l´Ancien et le Nouveau Testament ; cependant, l´Écriture sainte ne fait mention ni de la notion de Trinité ni d´une doctrine à son sujet. C´est dans l´Église ancienne, sur la base de témoignages bibliques, qu´on a discerné la Trinité et formulé sa doctrine.

3.2.1 Les indications de l´Ancien Testament au sujet de la Trinité divine Retour en haut de page

Une première indication au sujet de l´intervention de la Trinité divine se trouve dans le premier récit de la création (Ge 1 : 1-31 ; 2 : 1-4), il est dit : « ... l´Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » (Ge 1 : 2) et encore : « Puis Dieu dit : Faisons l´homme à notre image, selon notre ressemblance » (Ge 1 : 26). Le terme hébreu d´« Élohim », pour désigner Dieu, est au pluriel et signifie : « le divin » et aussi « les dieux » ; à la lumière de l´Évangile, il convient d´y voir une indication au sujet de la Trinité.

Les diverses manifestations divines que sont : « l´ange de l´Eternel » (Ge 16 : 7-11.13 ; Juges 6 : 11-16), « l´Esprit de l´Eternel » (Jg 3 : 10 ; 1 S 16 : 13) sont perçues comme étant des allusions au mystère de la Trinité divine.

Les anecdotes et indications contenant le nombre trois vont aussi dans ce sens.

  • Les trois messagers de Dieu qui viennent trouver Abraham (Ge 18) sont considérés, dans la tradition chrétienne, comme annonçant le mystère de la Trinité divine.

  • C´est dans le même sens qu´est interprétée l´action de la Trinité divine, décrite dans la bénédiction sacerdotale, en Nombres 6 : 24-26 : « Que l´Eternel te bénisse, et qu´il te garde ! Que l´Eternel fasse luire sa face sur toi, et qu´il t´accorde sa grâce ! Que l´Eternel tourne sa face vers toi, et qu´il te donne la paix ! »

  • De même, la triple louange de l´ange, dans la vision qu´a eue le prophète Esaïe lors de sa vocation, est considérée comme une indication au sujet de la Trinité divine : « Saint, saint, saint est l´Eternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire ! » (Es 6 : 3).

3.2.2 Les indications du Nouveau Testament au sujet de la Trinité divine Retour en haut de page

Le Nouveau Testament ne propose pas de doctrine clairement formulée de la Trinité, mais il fait état d´événements et contient des formulations qui rendent évidente la Trinité divine dans son activité salvifique. Un exemple de la présence de la Trinité se trouve dès le début du ministère public de Jésus, , lors de son baptême, le Père et le Saint-Esprit attestent l´envoi du Fils de Dieu incarné : « Au moment il sortait de l´eau, il vit les cieux s´ouvrir, et l´Esprit descendre sur lui comme une colombe. Et une voix fit entendre des cieux ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j´ai mis toute mon affection » (Mc 1 : 10-11). Le Fils de Dieu œuvre donc dans l´unité avec le Père et le Saint-Esprit.

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont aussi cités dans l´ordre de baptiser que Jésus-Christ donne à ses apôtres avant de monter au ciel (Mt 28 : 18-19).

L´Évangile selon Jean livre des indications au sujet de l´union des Personnes divines, en évoquant l´unité du Fils avec son Père, par ces paroles de Jésus-Christ : « Moi et le Père nous sommes un » (Jn 10 : 30 ; cf. Jn 1 : 1.18). De même, la promesse de la venue du Saint-Esprit renvoie à la Trinité divine (Jn 16 : 13-15).

Dans les épîtres néotestamentaires se trouvent d´autres évocations encore de la Trinité divine, notamment dans la louange de Dieu ou dans des formules de bénédiction. Ainsi est-il dit, en I Corinthiens 12 : 4-6 : « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de ministères, mais le même Seigneur ; diversité d´opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. » Il est question, ici, à la fois de l´unicité de Dieu et des différentes révélations des Personnes qui le composent. Le passage en Éphésiens 4 : 4-6 montre, lui aussi, que l´agir de Dieu comporte des indications au sujet de sa nature trine : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. » En I Pierre 1 : 2, il est également question de l´agir salvifique de la Trinité divine : « ... qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l´Esprit, afin qu´ils deviennent obéissants, et qu´ils participent à l´aspersion du sang de Jésus-Christ. » Une indication évidente au sujet de la Trinité divine réside dans la formule de bénédiction qui clôt la seconde épître aux Corinthiens : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l´amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit, soient avec vous tous ! » (2 Co 13 : 13).

3.2.3 L´évolution de la doctrine de la Trinité Retour en haut de page

Le discernement de la Trinité divine et sa présentation sous forme de dogmes ont suivi de près la rédaction des écrits néotestamentaires. Pour traduire ces cohérences par le langage, on a eu recours à des notions appartenant à la philosophie antique comme : « personne », « hypostase » ou « substance ». Formuler une doctrine de la Trinité servait, d´une part, à traduire dans le langage une connaissance acquise au moyen de la foi. D´autre part, il s´agissait aussi de protéger la vraie foi contre les hérésies qui véhiculaient une image de Dieu non conforme au témoignage néotestamentaire. La doctrine de la Trinité a été formulée lors des premiers conciles des IVe et Ve siècles.

La notion de « Trinité » a été forgée par Théophile d´Antioche (au cours de la seconde moitié du IIe siècle). Père de l´Église, Tertullien (160-220 ap. J.-C.) est à l´origine de son emploi généralisé. Il met en évidence l´unité de Dieu : « Une substance divine en trois personnes » (latin : Una substantia tres personae). Tertullien est aussi le premier à appliquer la notion de « Personne » au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

Le concile de Nicée (325 ap. J.-C.) a retenu expressément l´identité de nature du Père et du Fils, en réaction immédiate à la doctrine d´Arius (mort en 336 ap. J.-C.) qui affirmait que le Fils préexistant avait été créé du néant par le Père, qui avait ainsi accompli son premier acte créateur. Le concile a imposé la connaissance selon laquelle le Fils n´est pas une créature, mais, de toute éternité, une partie de la Trinité divine.

Le concile de Nicée n´a pas mis fin à la « querelle de l´arianisme » qui s´est poursuivie jusqu´au concile de Constantinople, en 381 ap. J.-C. Lors de ce concile, il a été déclaré que le Saint-Esprit est une Personne de la Trinité et vrai Dieu, au même titre que le Père et le Fils.

Au cours des années qui ont suivi, la doctrine de la Trinité a été reconnue, à peu d´exceptions près, par l´ensemble de la chrétienté. Pour autant, les réflexions au sujet de la doctrine de la Trinité n´étaient pas encore achevées. C´est avant tout sous l´influence d´Augustin d´Hippone (354-430 ap. J.-C.), Père de l´Église, qu´on a mis l´accent, au sein de l´Église d´Occident, sur le fait que le Saint-Esprit procède également du Père et du Fils. L´Église d´Orient au contraire est restée attachée à une version plus ancienne du symbole de Nicée-Constantinople, disant que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils.

Les réformateurs ont repris à leur compte la foi en la Trinité héritée de l´Église ancienne (IIeVIe siècle). A l´exception de la divergence au sujet du Saint-Esprit, la doctrine de la Trinité est commune à toutes les Églises chrétiennes. Elle fait partie des déclarations fondamentales de la foi chrétienne et constitue une marque distinctive majeure de la religion chrétienne par rapport aux deux autres religions abrahamitiques que sont le judaïsme et l´islam.

Le XIe synode de Tolède (675 ap. J.-C.) a fait l´affirmation suivante : « Le Père est la même chose que le Fils, le Fils la même chose que le Père, le Père et le Fils la même chose que le