Catéchisme

3 La Trinité divine

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont le seul et même Dieu. C´est sa révélation dans l´histoire de la rédemption qui atteste que Dieu est trine de toute éternité, en mettant en évidence que, depuis le commencement, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont, créent, agissent et conservent ensemble.

Sous l´Ancienne Alliance, c´est surtout Dieu, le Père, qui se révèle, tandis que l´activité du Fils et du Saint-Esprit reste encore en grande partie cachée aux hommes. Du point du vue du Nouveau Testament, l´apôtre Paul affirme que le Fils de Dieu était déjà présent lors de la pérégrination du peuple d´Israël à travers le désert (cf. 1 Co 10 : 4). Par ailleurs, il est dit, en Marc 12 : 36 et en Hébreux 3 : 7, que le Saint-Esprit parlait déjà du temps de l´Ancienne Alliance.

L´incarnation, la mort et la résurrection du Fils de Dieu ainsi que l´envoi du Saint-Esprit révèlent Dieu comme étant une Trinité. En Jean 16 : 13-15, Jésus-Christ met en évidence les interactions de la Trinité divine : Tout ce qui appartient au Fils appartient aussi au Père, et ce que le Saint-Esprit annonce, il le prend du Père et du Fils.

Le Dieu trine est le Dieu de la communion du Père, du Fils et de l´Esprit ; c´est cette communion qu´il souhaite rendre accessible à l´être humain.

3.1 La nature de Dieu Retour en haut de page

La nature et l´agir de Dieu échappent à la raison humaine ; seule la foi est en mesure d´appréhender Dieu, sa toute-puissance et sa grandeur. Jésus-Christ a révélé Dieu aux hommes comme étant un Père aimant, bon et miséricordieux, et l´a rendu expérimentable pour eux. Le Saint-Esprit révèle d´autres aspects encore de Dieu, afin de conduire le croyant dans la profondeur de la divinité (cf. 1 Co 2 : 6-16).

La nature de Dieu présente les caractéristiques suivantes : Dieu est l´Un (l´Unique), le Saint, le Tout-Puissant, l´Eternel, l´Aimant, le Miséricordieux, le Juste, le Parfait. Dieu n´est ni inconnu ni caché ; il se penche vers les hommes, leur parle et les autorise à lui parler.

La description des caractéristiques divines vise à montrer la perfection et l´infaillibilité de Dieu ; cependant, les notions empruntées à l´univers de l´expérience humaine sont impuissantes à restituer toute la réalité divine.

3.1.1 Un Dieu en trois Personnes Retour en haut de page

La Trinité divine est un mystère. Dans la formule trinitaire : « Au nom de Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit », « nom » est employé au singulier, et non pas au pluriel : Dieu est à la fois un et trine. Dans ses paroles adressées aux apôtres, Jésus a rendu la Trinité divine connaissable ; les apôtres devaient baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28 : 19). Dire que Dieu est « le Père, le Fils et le Saint-Esprit » ne revient pas à évoquer trois dieux distincts, mais trois Personnes (hypostases) qui sont le seul et même Dieu.

3.1.2 Dieu, l´Un Retour en haut de page

La foi en le Dieu unique fait partie des professions fondamentales de l´Ancien et du Nouveau Testament. En révélant son nom à Moïse, Dieu s´est défini comme étant unique et fidèle à lui-même : « Je suis celui qui suis » (Ex 3 : 14). Cette profession de foi en l´unicité de Dieu : « L´Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel » (De 6 : 4), a accompagné le peuple de l´Ancienne Alliance tout au long de son histoire.

Bien qu´il soit dit d´emblée et sans aucune ambiguïté dans le premier commandement : « Tu n´auras pas d´autres dieux devant ma face » (Ex 20 : 3), Israël a mis longtemps pour appliquer cette foi en l´unicité de Dieu et exclure de sa pratique religieuse l´adoration de tous les autres dieux ; sans cesse, les prophètes ont dû reprocher son idolâtrie au peuple. En Esaïe 45 : 21-22 se trouvent ces paroles de Dieu : « Il n´y a point d´autre Dieu que moi, je suis le seul Dieu juste et qui sauve. Tournez-vous vers moi, et vous serez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités de la terre ! Car je suis Dieu, et il n´y en a point d´autre. » À leur retour de la captivité babylonienne, les Juifs prirent conscience du fait que leur foi en le Dieu unique (monothéisme) constituait leur marque distinctive essentielle d´avec les païens. La foi exprimée dans le livre de la Sagesse est, de nos jours encore, caractéristique du judaïsme : « Il n´y a pas de Dieu en dehors de toi » (Sg 12 : 13. TOB).

Cette confession est enracinée dans la foi chrétienne, depuis l´époque des premières communautés jusqu´à l´époque actuelle. L´apôtre Paul défendait le monothéisme sans aucune restriction. Faisant allusion au polythéisme pratiqué dans les religions grecque et romaine, il a écrit : « ... nous savons qu´il n´y a [...] qu´un seul Dieu » (cf. 1 Cor 8 : 4).

3.1.3 Dieu, le Saint Retour en haut de page

Dans l´Ancien Testament, Dieu est appelé à plusieurs reprises « le Saint » (cf. Es 43 : 3 ; Jé 50 : 29 ; Ha 1 : 12). La sainteté, c´est-à-dire la majesté, l´intangibilité, l´isolement du profane, fait partie de la nature de Dieu, de son être et de son agir. Le passage en Apocalypse 4 : 8 l´atteste en ces termes : « Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, qui était, qui est, et qui vient ! » (cf. Es 6 : 3). Sa parole et sa volonté sont empreintes de la même sainteté.

La proximité de Dieu, la présence du Saint, expérimentable à plusieurs reprises au cours de l´histoire de la rédemption, intime le respect. Moïse en a fait l´expérience en voyant le buisson ardent et en y percevant la voix de Dieu : « N´approche pas d´ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte » (Ex 3 : 5). La sainteté de Dieu sanctifie le lieu où il se révèle.

La participation de la sainteté de Dieu est à la fois don et devoir : « Soyez saints, car je suis saint, moi, l´Eternel, votre Dieu » (Lé 19 : 2 ; cf. 1 Pi 1 : 15-16). Chaque croyant se voit ainsi appelé à tendre vers la sainteté qui procède de la sainteté de Dieu. Ce faisant, il « sanctifie » le nom de Dieu, comme cela est exprimé dans la prière du « Notre Père » : « Que ton nom soit sanctifié » (Mt 6 : 9).

3.1.4 Dieu, le Tout-Puissant Retour en haut de page

Professer : « Je crois en Dieu, le Père, le Tout-Puissant, le créateur du ciel et de la terre » (article 1 de la confession de foi), c´est attester que Dieu peut tout, et que rien ne lui est impossible ; pour lui, il n´y a aucune limite à la réalisation de sa volonté. Le passage en Psaumes 135 : 6 exprime cette réalité en les termes suivants : « Tout ce que l´Eternel veut, il le fait, dans les cieux et sur la terre, dans les mers et dans les abîmes. »

La toute-puissance de Dieu se révèle aussi de manière évidente aux hommes dans la création. Sous l´effet de sa seule parole, toutes choses ont été créées du néant (cf. Hé 11 : 3). Dans sa toute-puissance, Dieu fixe le début et la fin de toute chose : « Je suis l´alpha et l´oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant » (Ap 1 : 8). De la même manière, la nouvelle création sera aussi l´expression de la toute-puissance de Dieu.

Jésus-Christ a également parlé de la toute-puissance de Dieu : « Tout est possible à Dieu » (Mc 10 : 27) ; et les anges ont attesté à leur tour : « Car rien n´est impossible à Dieu » (Lu 1 : 37).

La toute-puissance de Dieu s´accompagne de son omniscience et de son omniprésence. Il est question de son omniscience en Psaumes 139 : 2-4 : « Tu sais quand je m´assieds et quand je me lève, tu pénètres de loin ma pensée ; tu sais quand je marche et quand je me couche, et tu pénètres toutes mes voies. Car la parole n´est pas sur ma langue, que déjà, ô Eternel ! tu la connais entièrement. » Le même psaume évoque aussi l´omniprésence de Dieu : « Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au séjour des morts, t´y voilà. Si je prends les ailes de l´aurore, et que j´aille habiter à l´extrémité de la mer, là aussi ta main me conduira, et ta droite me saisira » (versets 8-10).

3.1.5 Dieu, l´Eternel Retour en haut de page

Dieu, « l´Eternel », n´a ni commencement ni fin. Pour lui, il n´existe aucune limite temporelle : « Avant que les montagnes soient nées, et que tu aies créé la terre et le monde, d´éternité en éternité tu es Dieu » (Ps 90 : 2). Dieu est le Créateur et le Maître du temps : Contrairement au monde matériel soumis à la temporalité, Dieu dispose souverainement du temps, pour l´accorder ou le retirer.

L´éternité de Dieu dépasse l´horizon expérimentable humain. Elle est infinie, mais non pas synonyme d´absence de temps. Aux yeux de Dieu, passé, présent et futur sont plutôt également présents. Le fait que Dieu est au-dessus de toutes dimensions temporelles et les domine transparaît dans le passage en II Pierre 3 : 8 : « Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c´est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. »

3.1.6 Dieu, l´Aimant Retour en haut de page

Sous l´Ancienne comme sous la Nouvelle Alliance, Dieu se révèle comme étant celui qui aime. C´est par amour qu´il a élu et délivré le peuple d´Israël de la servitude égyptienne. Pour autant, Dieu, par son intervention historique, ne s´est pas révélé comme étant celui qui aime au seul peuple d´Israël, mais finalement à l´humanité entière, en la personne de Jésus-Christ : « Car Dieu a tant aimé le monde qu´il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu´il ait la vie éternelle » (Jn 3 : 16).

Dieu ne se contente pas de se tourner vers le monde par amour, « Dieu est amour » (1 Jn 4 : 16).

3.1.7 Dieu, le Miséricordieux et le Juste Retour en haut de page

Dieu est le Miséricordieux. Sa grâce est un élément de sa justice. Il fait preuve de grâce, de miséricorde, de patience et de bonté envers les hommes (cf. Ps 103 : 8). Dans sa justice, Dieu fait grâce et miséricorde à son peuple, même si celui-ci s´égare ou ne respecte pas son alliance : « Dans un instant de colère, je t´avais un moment dérobé ma face, mais avec un amour éternel j´aurai compassion de toi, dit ton rédempteur, l´Eternel » (Es 54 : 8).

Sous la Nouvelle Alliance, Dieu se montre miséricordieux en se tournant vers l´homme empêtré dans ses péchés pour les lui pardonner. L´apôtre Paul atteste que « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (cf. 2 Co 5 : 19). C´est par grâce que Dieu justifie l´injuste ; le pécheur accède au pardon, et celui qui a besoin d´être sauvé connaît le salut, c´est-à-dire la rédemption.

Dieu est juste : « Ses œuvres sont parfaites, car toutes ses voies sont justes » (De 32 : 4). Des déclarations comme celles-ci : « Car le salaire du péché, c´est la mort » (Ro 6 : 23) ou : « Les jugements du Tout-Puissant sont véritables et justes » (cf. Ap 16 : 7) mettent sa justice en évidence. Dieu est celui qui, sous la Nouvelle Alliance, justifie gratuitement le pécheur par Jésus-Christ (Ro 3 : 24-26 ; 5 : 18).

3.1.8 Dieu, le Parfait Retour en haut de page

Dieu est parfait. Il n´a besoin ni de s´améliorer ni de changer ni d´évoluer. Il est l´Immuable, celui qui échappe à toute condition et contrainte. Il n´agit jamais sous la pression d´une nécessité extérieure, mais toujours et uniquement au gré de sa volonté souveraine.

Dieu s´est fait connaître à Moïse comme étant celui qui est totalement identique à lui-même et parfait : « Je suis celui qui suis » (Ex 3 : 14).

La perfection et la bonté de Dieu sont indissociables l´une de l´autre : Tout ce qui s´opère en Dieu, tout ce qui procède de lui ou est créé par lui est bon et parfait. La perfection de Dieu réside aussi dans l´absence de tout décalage entre le vouloir et le faire, le dessein et la réalisation. L´échec ou l´imperfection sont étrangers à Dieu. La création participe de la perfection et de la bonté de Dieu ; Dieu la juge par conséquent « très bonne » (Ge 1 : 31).

La vérité fait également partie de la perfection de Dieu. En Dieu, il n´y a ni mensonge ni illusion ni incertitude : « Le fondement de ta parole est la vérité » (Ps 119 : 160). La parole de Dieu est fiable : Dieu s´engage, quand il fait des promesses, et il est fidèle.

La vérité de Dieu correspond à la sagesse. Dieu règne par elle et en remplit toute sa création : « Elle s´étend avec force d´une extrémité du monde à l´autre, elle gouverne l´univers avec bonté » (Sg 8 : 1. TOB).

La perfection de Dieu est immédiatement expérimentable en Jésus-Christ, celui « qui suscite la foi et la mène à la perfection » (Hé 12 : 2), parce qu´il est parfait dans ses paroles et ses actes. Jésus-Christ est le modèle en matière de sagesse et il l´enseigne à l´homme, pour que celui-ci y aspire (Ph 2 : 5).

Le « but », le « prix de la vocation céleste » (Ph 3 : 13), la perfection donc, est de nature eschatologique. L´homme pécheur peut certes tendre vers la perfection, mais non pas l´atteindre, la réaliser. C´est en l´acceptant lors du retour de Christ et en lui permettant de participer de la nouvelle création que Dieu fera pleinement partager sa perfection à l´être humain.

EN BREF Retour en haut de page

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont le seul et même Dieu qui est depuis le commencement, qui crée, agit et conserve. (3)

La nature et l´agir de Dieu échappent à la raison humaine ; seule la foi est en mesure d´appréhender Dieu. (3.1)

Dieu est à la fois un et trine : Père, Fils et Saint-Esprit. Il ne s´agit pas de trois dieux distincts, mais de trois Personnes (hypostases). (3.1.1)

La foi en le Dieu unique (monothéisme) fait partie des professions fondamentales de l´Ancien et du Nouveau Testament, et est enracinée dans la foi chrétienne, depuis l´époque des premières communautés jusqu´à l´époque actuelle. (3.1.2)

La sainteté - c´est-à-dire la majesté, l´intangibilité, l´isolement du profane - fait partie de la nature de Dieu, de son être et de son agir. Sa parole et sa volonté sont empreintes de la même sainteté. (3.1.3)

Dieu peut tout, il ne connaît aucune limite. L´omniscience et l´omniprésence font partie de sa toute-puissance. (3.1.4)

Dieu n´a ni commencement ni fin. Son éternité est infinie, mais non pas synonyme d´absence de temps. Il est le créateur du temps et domine toutes les dimensions temporelles. Pour lui, le passé, le présent et le futur sont également présents. (3.1.5)

Dieu est amour (1 Jn 4 :16). Au fil de l´histoire, il se révèle comme étant celui qui aime. Son amour est évident avant tout dans le don et le sacrifice de son Fils pour l´humanité tout entière. (3.1.6)

Dieu est le Miséricordieux et le Juste. Sa grâce se traduit notamment par le pardon des péchés. Il justifie le pécheur par Jésus-Christ. (3.1.7)

Dieu est le Parfait. Ses œuvres et ses voies sont sans défaut. Il agit uniquement au gré de sa volonté souveraine. Dieu s´engage, quand il fait des promesses, et il est fidèle. Sa perfection est immédiatement expérimentable en Jésus-Christ. (3.1.8)

3.2 Dieu : Père, Fils et Saint-Esprit Retour en haut de page

Dieu s´est révélé lui-même comme étant le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il s´est ainsi fait connaître sous son aspect trine. Cette révélation de Dieu constitue le fondement de la doctrine de la Trinité. Dans l´histoire et dans la création, l´intervention de Dieu a lieu comme étant respectivement celle du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Dieu se révèle comme étant le Créateur, le Rédempteur et Réconciliateur, et l´auteur d´une nouvelle création. Au cours de la vie de Jésus (lors de son baptême, de sa transfiguration, de sa crucifixion, de sa résurrection et de son ascension) ainsi que lors de l´effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte, Dieu a manifesté sa nature trine : il est Père, Fils et Saint-Esprit.

Le mystère de la Trinité divine est évoqué de diverses manières dans l´Ancien et le Nouveau Testament ; cependant, l´Écriture sainte ne fait mention ni de la notion de Trinité ni d´une doctrine à son sujet. C´est dans l´Église ancienne, sur la base de témoignages bibliques, qu´on a discerné la Trinité et formulé sa doctrine.

3.2.1 Les indications de l´Ancien Testament au sujet de la Trinité divine Retour en haut de page

Une première indication au sujet de l´intervention de la Trinité divine se trouve dans le premier récit de la création (Ge 1 : 1-31 ; 2 : 1-4), où il est dit : « ... l´Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » (Ge 1 : 2) et encore : « Puis Dieu dit : Faisons l´homme à notre image, selon notre ressemblance » (Ge 1 : 26). Le terme hébreu d´« Élohim », pour désigner Dieu, est au pluriel et signifie : « le divin » et aussi « les dieux » ; à la lumière de l´Évangile, il convient d´y voir une indication au sujet de la Trinité.

Les diverses manifestations divines que sont : « l´ange de l´Eternel » (Ge 16 : 7-11.13 ; Juges 6 : 11-16), « l´Esprit de l´Eternel » (Jg 3 : 10 ; 1 S 16 : 13) sont perçues comme étant des allusions au mystère de la Trinité divine.

Les anecdotes et indications contenant le nombre trois vont aussi dans ce sens.

  • Les trois messagers de Dieu qui viennent trouver Abraham (Ge 18) sont considérés, dans la tradition chrétienne, comme annonçant le mystère de la Trinité divine.

  • C´est dans le même sens qu´est interprétée l´action de la Trinité divine, décrite dans la bénédiction sacerdotale, en Nombres 6 : 24-26 : « Que l´Eternel te bénisse, et qu´il te garde ! Que l´Eternel fasse luire sa face sur toi, et qu´il t´accorde sa grâce ! Que l´Eternel tourne sa face vers toi, et qu´il te donne la paix ! »

  • De même, la triple louange de l´ange, dans la vision qu´a eue le prophète Esaïe lors de sa vocation, est considérée comme une indication au sujet de la Trinité divine : « Saint, saint, saint est l´Eternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire ! » (Es 6 : 3).

3.2.2 Les indications du Nouveau Testament au sujet de la Trinité divine Retour en haut de page

Le Nouveau Testament ne propose pas de doctrine clairement formulée de la Trinité, mais il fait état d´événements et contient des formulations qui rendent évidente la Trinité divine dans son activité salvifique. Un exemple de la présence de la Trinité se trouve dès le début du ministère public de Jésus, où, lors de son baptême, le Père et le Saint-Esprit attestent l´envoi du Fils de Dieu incarné : « Au moment où il sortait de l´eau, il vit les cieux s´ouvrir, et l´Esprit descendre sur lui comme une colombe. Et une voix fit entendre des cieux ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j´ai mis toute mon affection » (Mc 1 : 10-11). Le Fils de Dieu œuvre donc dans l´unité avec le Père et le Saint-Esprit.

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont aussi cités dans l´ordre de baptiser que Jésus-Christ donne à ses apôtres avant de monter au ciel (Mt 28 : 18-19).

L´Évangile selon Jean livre des indications au sujet de l´union des Personnes divines, en évoquant l´unité du Fils avec son Père, par ces paroles de Jésus-Christ : « Moi et le Père nous sommes un » (Jn 10 : 30 ; cf. Jn 1 : 1.18). De même, la promesse de la venue du Saint-Esprit renvoie à la Trinité divine (Jn 16 : 13-15).

Dans les épîtres néotestamentaires se trouvent d´autres évocations encore de la Trinité divine, notamment dans la louange de Dieu ou dans des formules de bénédiction. Ainsi est-il dit, en I Corinthiens 12 : 4-6 : « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de ministères, mais le même Seigneur ; diversité d´opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. » Il est question, ici, à la fois de l´unicité de Dieu et des différentes révélations des Personnes qui le composent. Le passage en Éphésiens 4 : 4-6 montre, lui aussi, que l´agir de Dieu comporte des indications au sujet de sa nature trine : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. » En I Pierre 1 : 2, il est également question de l´agir salvifique de la Trinité divine : « ... qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l´Esprit, afin qu´ils deviennent obéissants, et qu´ils participent à l´aspersion du sang de Jésus-Christ. » Une indication évidente au sujet de la Trinité divine réside dans la formule de bénédiction qui clôt la seconde épître aux Corinthiens : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l´amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit, soient avec vous tous ! » (2 Co 13 : 13).

3.2.3 L´évolution de la doctrine de la Trinité Retour en haut de page

Le discernement de la Trinité divine et sa présentation sous forme de dogmes ont suivi de près la rédaction des écrits néotestamentaires. Pour traduire ces cohérences par le langage, on a eu recours à des notions appartenant à la philosophie antique comme : « personne », « hypostase » ou « substance ». Formuler une doctrine de la Trinité servait, d´une part, à traduire dans le langage une connaissance acquise au moyen de la foi. D´autre part, il s´agissait aussi de protéger la vraie foi contre les hérésies qui véhiculaient une image de Dieu non conforme au témoignage néotestamentaire. La doctrine de la Trinité a été formulée lors des premiers conciles des IVe et Ve siècles.

La notion de « Trinité » a été forgée par Théophile d´Antioche (au cours de la seconde moitié du IIe siècle). Père de l´Église, Tertullien (160-220 ap. J.-C.) est à l´origine de son emploi généralisé. Il met en évidence l´unité de Dieu : « Une substance divine en trois personnes » (latin : Una substantia tres personae). Tertullien est aussi le premier à appliquer la notion de « Personne » au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

Le concile de Nicée (325 ap. J.-C.) a retenu expressément l´identité de nature du Père et du Fils, en réaction immédiate à la doctrine d´Arius (mort en 336 ap. J.-C.) qui affirmait que le Fils préexistant avait été créé du néant par le Père, qui avait ainsi accompli son premier acte créateur. Le concile a imposé la connaissance selon laquelle le Fils n´est pas une créature, mais, de toute éternité, une partie de la Trinité divine.

Le concile de Nicée n´a pas mis fin à la « querelle de l´arianisme » qui s´est poursuivie jusqu´au concile de Constantinople, en 381 ap. J.-C. Lors de ce concile, il a été déclaré que le Saint-Esprit est une Personne de la Trinité et vrai Dieu, au même titre que le Père et le Fils.

Au cours des années qui ont suivi, la doctrine de la Trinité a été reconnue, à peu d´exceptions près, par l´ensemble de la chrétienté. Pour autant, les réflexions au sujet de la doctrine de la Trinité n´étaient pas encore achevées. C´est avant tout sous l´influence d´Augustin d´Hippone (354-430 ap. J.-C.), Père de l´Église, qu´on a mis l´accent, au sein de l´Église d´Occident, sur le fait que le Saint-Esprit procède également du Père et du Fils. L´Église d´Orient au contraire est restée attachée à une version plus ancienne du symbole de Nicée-Constantinople, disant que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils.

Les réformateurs ont repris à leur compte la foi en la Trinité héritée de l´Église ancienne (IIe — VIe siècle). A l´exception de la divergence au sujet du Saint-Esprit, la doctrine de la Trinité est commune à toutes les Églises chrétiennes. Elle fait partie des déclarations fondamentales de la foi chrétienne et constitue une marque distinctive majeure de la religion chrétienne par rapport aux deux autres religions abrahamitiques que sont le judaïsme et l´islam.

Le XIe synode de Tolède (675 ap. J.-C.) a fait l´affirmation suivante : « Le Père est la même chose que le Fils, le Fils la même chose que le Père, le Père et le Fils la même chose que le Saint-Esprit, savoir un seul Dieu par nature. »

3.2.4 L´unité des trois Personnes divines Retour en haut de page

Les chrétiens professent leur foi en la Trinité divine. Chacune des trois Personnes divines - le Père, le Fils et le Saint-Esprit — est vrai Dieu. La foi chrétienne dit que Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, est depuis toujours, d´éternité.

« Père », « Fils » et « Saint-Esprit » ne sont donc pas de simples dénominations qui désignent les différentes manières d´être ou de se révéler de Dieu, mais elles désignent aussi les trois Personnes divines, distinctes les unes des autres dans leur existence. En réalité, le Père n´est pas le même que le Fils, ni le Fils le même que le Père, ni le Saint-Esprit le même que le Père ou le Fils, car le Père est celui qui engendre, le Fils est l´engendré ; quant au Saint-Esprit, il procède du Père et du Fils.

Les trois Personnes divines se réfèrent continuellement l´une à l´autre et sont éternellement une. Leur différence ne divise pas l´unité de Dieu, parce qu´elles sont de même nature, de même substance. En elles, il n´y a pas de volonté contradictoire. Le Père est tout entier dans le Fils, tout entier dans le Saint-Esprit ; le Fils est tout entier dans le Père, tout entier dans le Saint-Esprit ; le Saint-Esprit est tout entier dans le Père, tout entier dans le Fils.

Les chrétiens professent que toutes les actions de Dieu en termes de création, de rédemption et de nouvelle création sont des actions du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Même si toutes ces actions sont à la fois des actions du Père, du Fils et de l´Esprit-Saint, elles ne le sont pas toujours de la même manière. Ainsi la Création est-elle bel et bien l´œuvre de Dieu, le Père, et de Dieu, le Fils ; cependant, ni le Père ni le Saint-Esprit ne se sont incarnés, mais le Fils ; ni le Père ni le Fils n´ont été répandus, mais le Saint-Esprit. La tradition chrétienne dédie un attribut essentiel (« appropriation ») à chacune des trois Personnes divines : Le Père est le Créateur, le Fils, le Rédempteur, et le Saint-Esprit, l´auteur d´une nouvelle création.

EN BREF Retour en haut de page

L´agir de Dieu dans la création et dans l´Histoire est agir du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (3.2)

On trouve des indications au sujet de la Trinité divine dans le premier récit de la création, dans les trois messagers de Dieu venus chez Abraham, dans la triple bénédiction aaronitique et dans la triple louange de l´ange dans la vision qu´a eue le prophète Esaïe de sa vocation. (3.2.1)

On trouve un exemple de la présence de la Trinité lors du baptême de Jésus, où le Père et le Saint-Esprit attestent l´envoi du Fils. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont aussi cités dans l´ordre de baptiser donné par Jésus ainsi que dans la formule de bénédiction en II Corinthiens 13 : 13. (3.2.2)

La doctrine de la Trinité a été formulée lors des conciles des IVe et Ve siècles. Le concile de Nicée a imposé le dogme de l´unité de nature divine du Père et du Fils. Quant au concile de Constantinople, il a fixé l´unité de nature du Saint-Esprit avec le Père et le Fils. (3.2.3)

Dans leur existence, le « Père », le « Fils » et le « Saint-Esprit » sont des Personnes divines différentes ; elles se réfèrent continuellement l´une à l´autre et sont éternellement une. (3.2.4)

La tradition chrétienne dédie un attribut essentiel à chacune des trois Personnes divines : Le Père est le Créateur, le Fils, le Rédempteur, et le Saint-Esprit, l´auteur d´une nouvelle création. (3.2.4)

3.3 Dieu, le Père Retour en haut de page

C´est dans son incarnation en Dieu, le Fils, que Dieu se révèle d´une manière sublime comme étant le Père : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. [...] Personne n´a jamais vu Dieu ; Dieu le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l´a fait connaître » (Jn 1 : 14.18). Dieu, le Père, engendre son Fils unique de toute éternité (cf. 3.4.1). Ce mystère n´est accessible qu´à celui à qui le Fils le révèle : « [...] personne ne connaît le Fils, si ce n´est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n´est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11 : 27).

En utilisant le terme de « Père » pour désigner Dieu, le croyant y associe les dimensions de création, d´autorité et de sollicitude. Dieu est l´auteur et le conservateur de ce qu´il crée. Dans cette mesure, chaque homme est en droit de s´adresser à Dieu, son Créateur, en l´appelant « Père ».

Aux temps vétérotestamentaires, Dieu s´est révélé comme étant un Père aimant et plein de sollicitude envers le peuple d´Israël. Il a dit à Moïse : « Tu diras à Pharaon : Ainsi parle l´Eternel, Israël est mon fils, mon premier-né. Je te dis : Laisse aller mon fils, pour qu´il me serve » (Ex 4 : 22-23). Le peuple d´Israël appelle Dieu son « Père » (cf. De 32 : 6 ; Jé 31 : 9). En s´adressant aux Juifs, dans son Sermon sur la montagne, Jésus a aussi désigné Dieu comme étant leur Père (notamment en Mt 5 : 16). Il les a incités à invoquer Dieu en ces termes : « Notre Père qui es aux cieux ! » (Mt 6 : 9).

Par la régénération d´eau et d´Esprit, Jésus-Christ a ouvert la voie aux hommes pour devenir enfants et, par là-même, héritiers du Tout-Puissant (Ep 1 : 5 ; Tit 3 : 5-6 ; Ro 8 : 14-17). Les notions de « Père » et d´ « enfant » ont ainsi pris une dimension nouvelle. En I Jean 3 : 1, l´amour paternel de Dieu est cité comme étant le fondement de la certitude, pour ceux qui sont régénérés, d´être des enfants de Dieu : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes. »

3.3.1 Dieu, le Créateur Retour en haut de page

« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » (Ge 1 : 1). Cette déclaration contenue dans le premier verset de la Bible exprime une vérité fondamentale professée dans l´article 1 de notre confession de foi. Dieu a créé les mondes célestes ainsi que l´univers, en y ménageant sa place à la terre, où il s´est fait homme.

C´est de l´activité créatrice de Dieu que procède tout ce qui existe. D´une part, Dieu a créé à partir du néant, « ex nihilo », et sans modèle, donc en totale liberté : « [Dieu] appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient » (Ro 4 : 17 ; cf. Hé 11 : 3). D´autre part, il a formé des choses et des êtres à partir de la matière qu´il a créée (Ge 2 : 7-8.19). Tout ce qui est créé lui est soumis.

La création et l´ordre qui y règne témoignent de la sagesse de Dieu, dont l´homme est incapable de concevoir l´étendue. Admiratif, le psalmiste s´exclame : « Que tes œuvres sont en grand nombre, ô Eternel ! Tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est remplie de tes biens » (Ps 104 : 24).

Le Nouveau Testament révèle que Dieu a créé toutes choses par son Fils. Cela ressort avant tout du début de l´Évangile selon Jean : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n´a été fait sans elle » (Jn 1 : 1-3 ; cf. Col 1 : 16 ; Hé 1 : 2 ; cf. 3.4.2).

Comme le Père et le Fils, le Saint-Esprit est, lui aussi, créateur, ainsi que le suggère la parole : « Faisons l´homme à notre image, selon notre ressemblance » (Ge 1 : 2.26).

Le Dieu trine a créé le monde matériel au moyen de sa parole, il en conserve l´inventaire et dirige son cours. Par conséquent, la création ne recèle pas seulement le mystère de son origine et de son commencement, mais aussi de sa poursuite et de son avenir. En toute chose, la sollicitude du Créateur est manifeste : « Tu aimes tous les êtres et ne détestes aucune de tes œuvres : aurais-tu haï l´une d´elles, tu ne l´aurais pas créée. Et comment un être quelconque aurait-il subsisté, si toi, tu ne l´avais voulu, ou aurait-il été conservé sans avoir été appelé par toi. Tu les épargnes tous, car ils sont à toi, Maître qui aimes la vie, et ton esprit incorruptible est dans tous les êtres » (Sg 11 : 24 — 12 : 1. TOB).

EN BREF Retour en haut de page

C´est dans son incarnation en Dieu, le Fils, que Dieu se révèle d´une manière sublime comme étant le Père. (3.3)

Utiliser le terme de « Père » pour désigner Dieu, c´est y associer les dimensions de création, d´autorité et de sollicitude. (3.3)

Par sa parole, Dieu a créé tout ce qui existe. D´une part, Dieu a créé à partir du néant et sans modèle ; d´autre part, il a formé des choses et des êtres à partir de la matière qu´il a créée. Tout ce qui est créé lui est soumis. Il conserve la création et dirige son cours. (3.3.1)

3.3.1.1 La création invisible Retour en haut de page

La Bible atteste à de multiples reprises l´existence d´un monde invisible, c´est-à-dire de domaines, de processus, d´états et d´êtres qui se situent en dehors du monde matériel. Ce monde créé par Dieu est appelé la « création invisible ». Parfois, il est aussi désigné par la notion d´ « au-delà », pour souligner le fait que la création invisible se situe au-delà de la capacité de perception humaine. Comme Dieu lui-même, ses mystères échappent aux recherches humaines. Cependant, grâce à des révélations divines, l´homme peut parfois entrevoir quelques aspects de cette création invisible. À vrai dire, le monde invisible est impossible à décrire à l´aide de notions humaines, car celles-ci se rapportent uniquement à l´univers de perception propre à l´homme (les choses visibles). La Bible recourt néanmoins à de telles notions pour faire, dans un langage imagé, des déclarations au sujet des choses invisibles.

Du récit biblique, il convient de retenir ceci : Font partie de la création invisible le royaume où est érigé le trône de Dieu (Ap 4 et 5), les anges (cf. 3.3.1.1.1), l´âme immortelle de l´être humain (cf. 3.3.4) ainsi que le séjour des morts (cf. 9). Le diable, l´adversaire de Dieu et l´ennemi des hommes, ainsi que sa suite font également partie du monde invisible, bien qu´ils n´aient pas été créés méchants (cf. 4.1 et 4.1.2).

3.3.1.1.1 Les anges Retour en haut de page

Le terme d´ « ange » est une traduction de l´hébreu « malak » ou du grec « angelos ». Ces deux termes apparaissent régulièrement dans les textes en hébreu ou en grec de l´Écriture sainte, dans le sens général de « messager » ou d´ « envoyé » ; ils sont cependant essentiellement utilisés pour désigner des messagers divins célestes [4].

Les anges ont pour tâche d´adorer Dieu, de remplir ses missions et, ce faisant, de le servir. Au gré de la volonté divine, ces anges peuvent, dans certains cas particuliers, se rendre visibles. La Bible rapporte que, sur l´ordre de Dieu, des anges ont communiqué des messages à des hommes. Il y est attesté aussi à de multiples reprises qu´ils leur ont proposé aide ou protection par mission de Dieu : « Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut ? » (Hé 1 : 14). Le passage en Matthieu 18 : 10 indique que des anges sont attribués aux enfants, qui voient continuellement la face de Dieu.

Les services que les anges rendent aux hommes dépendent toujours de la volonté de Dieu. C´est la raison pour laquelle les actions de grâces et les honneurs ne reviennent pas aux anges, mais à Dieu seul : « Je suis Raphaël, l´un des sept anges qui se tiennent devant la gloire du Seigneur et pénètrent en sa présence. [...] Quand j´étais avec vous, ce n´était pas par un effet de ma bienveillance que j´étais avec vous, mais par la volonté de Dieu. C´est lui que vous devez bénir tout au long des jours, c´est lui que vous devez chanter » (Tb 12 : 15.18. TOB).

La formulation : « une multitude de l´armée céleste » (Lu 2 : 13) donne un aperçu du grand nombre des anges tout comme, par ailleurs, cette indication de Jésus, en Matthieu 26 : 53, selon laquelle son Père lui « donnerait à l´instant plus de douze légions d´anges. » Les anges sont dits « puissants en force » (Ps 103 : 20) et décrits comme étant des êtres saints et majestueux. Ils sont aussi à même d´inspirer de la frayeur et de la peur aux hommes (Lu 1 : 11-12.29 ; 2 : 9-10).

L´Écriture sainte parle en outre des chérubins qui, après la chute dans le péché, gardent le chemin de l´arbre de vie (Ge 3 : 24), et des séraphins que, dans une vision, le prophète Esaïe a vu remplir leur service au trône de Dieu (cf. Es 6 : 2-7). La description biblique suggère l´existence d´une hiérarchie dans le monde des anges : Il y est question de « principaux chefs » comme « l´archange » Micaël (Da 10 : 13 ; 12 : 1 ; Jud 9) ainsi que de Gabriel et de Raphaël qui se tiennent devant Dieu (Lu 1 : 19 ; Tb 12 : 15), semblant occuper ainsi un rang éminent. La Bible ne fournit pas d´explications précises sur les règles qui ont cours dans le monde des anges.

L´amour que Dieu voue aux hommes se manifeste notamment dans le fait qu´il demande aussi aux anges de les servir.

[4] Les chapitres 2 et 3 de l´Apocalypse sont un exemple qui montre que, dans la Bible, même des hommes peuvent être désignés par le terme d´ « anges ». Par les « anges de l´Église » dont il y est question, il faut comprendre les conducteurs responsables de ces Églises locales.

3.3.1.1.2 L´importance des choses invisibles pour la vie de l´être humain Retour en haut de page

Revêt une importance capitale pour l´être humain le fait de croire qu´après sa mort physique, son âme et son esprit continuent de subsister éternellement dans l´au-delà (1 Pi 3 : 19 ; 1 Co 15). L´attitude que l´homme adopte ici-bas à l´égard de Dieu a des répercussions sur son existence dans l´au-delà. Cette prise de conscience peut contribuer à l´inciter à résister aux tentations du diable, pour mener une vie qui soit agréable à Dieu.

Dans ce sens, le fait de se préoccuper des choses de l´au-delà, des choses invisibles, est bénéfique. En revanche, celui d´étudier les choses invisibles en évoquant des esprits ou en interrogeant des morts n´est pas conforme à la volonté de Dieu (De 18 : 10-11 ; 1 S 28).

L´apôtre Paul met en évidence le caractère particulier des choses invisibles : « Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles » (2 Co 14 : 17-18).

EN BREF Retour en haut de page

La Bible atteste à de multiples reprises l´existence d´un monde invisible (création invisible, au-delà) dont font partie le royaume où Dieu a son trône, les anges, l´âme immortelle de l´être humain ainsi que le séjour des morts ; le diable et ses acolytes font également partie de ce monde invisible. (3.3.1.1)

Le terme d´ « anges » désigne premièrement les célestes messagers de Dieu qui ont pour tâche de l´adorer et de le servir. La description biblique suggère l´existence d´une hiérarchie dans le monde des anges, de « principaux chefs » et d´ « archanges ». La Bible ne fournit pas d´explications précises sur les règles qui ont cours dans le monde des anges. (3.3.1.1.1)

Dans ce monde invisible, l´âme et l´esprit de l´homme subsistent éternellement. Cette prise de conscience peut contribuer à l´inciter à résister aux tentations et à mener une vie agréable à Dieu. (3.3.1.1.2)

3.3.1.2 La création visible Retour en haut de page

La Bible atteste que Dieu a créé le monde visible en l´espace de six « jours ». Il ne faut pas y voir des périodes précisément déterminées. La Bible rapporte comment ce qui est perceptible par l´homme a été appelé à l´existence : Dieu est l´auteur de toute la réalité expérimentable. Sur sa parole, les cieux et la terre, la lumière, la forme de la terre, le soleil, la lune et les étoiles, les plantes et les animaux ainsi que l´homme ont paru, et tout était très bon (Ge 1 : 31).

Bien que la création ait eu à subir les conséquences de la chute dans le péché, Dieu continue de porter un jugement positif sur elle. Il le prouve notamment en continuant de veiller sur l´ordre qu´il a établi en son sein (Ge 8 : 22). Même dans son état de déchéance, la création visible témoigne de façon éloquente de Dieu, son Créateur (Ro 1 : 20). De surcroît, Dieu entre dans la création matérielle par le biais de son incarnation.

Dieu a attribué leur espace vital aux hommes, en leur enjoignant de dominer sur la terre et de la préserver (Ge 1 : 26-30 ; Ps 8 : 7). L´homme est responsable devant Dieu, le Créateur, de la manière dont il use de sa création. Il est tenu de respecter toute vie ainsi que l´espace vital.

3.3.2 L´homme à l´image de Dieu Retour en haut de page

Dieu a conféré une position éminente parmi toutes ses créatures à l´être humain, le plaçant dans une relation étroite avec lui-même : « Puis Dieu dit : Faisons l´homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu´il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l´homme à son image, il le créa à l´image de Dieu, il créa l´homme et la femme » (Ge 1 : 26-27).

Ce qui distingue l´être humain, c´est son égal rapport à la création visible et invisible, car il est de nature à la fois matérielle et immatérielle par l´acte créateur divin : « L´Eternel Dieu forma l´homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l´homme devint une âme vivante » (Ge 2 : 7). Dieu remplit sa créature la plus noble de vitalité et la fait aussi participer des attributs divins tels l´amour, la personnalité, la liberté, la raison, l´immortalité. Dieu rend l´homme capable de reconnaître son Créateur, de l´aimer et de le louer. L´être humain est ainsi focalisé sur Dieu, même s´il ne reconnaît pas toujours le vrai Dieu et le remplace par un substitut.

Puisque c´est Dieu qui a donné une nature à la fois physique et spirituelle à l´être humain, les deux appellent le respect et la dignité.

Sa ressemblance avec Dieu implique que l´homme occupe une position exceptionnelle au sein de la création visible : Il est celui à qui Dieu s´adresse et qu´il aime.

De surcroît, la ressemblance de l´homme à Dieu renvoie à l´incarnation de Dieu en Jésus-Christ, « l´image du Dieu invisible » (Col 1 : 15). Jésus-Christ est le second « Adam » (1 Co 15 : 47) ; sa ressemblance avec Dieu est visible et parfaite.

Le fait que l´homme ait été créé à l´image de Dieu n´implique pas pour autant que l´on puisse tirer des conclusions quant à la nature de Dieu à partir de la personne humaine ; tel est le cas pour Jésus-Christ seulement.

Dieu a créé l´homme en le dotant du langage, autre aspect de sa ressemblance avec Dieu. De toute éternité, Dieu est un Dieu qui parle. C´est par la parole qu´il a tout créé et qu´il a appelé l´homme par son nom. En percevant la parole que Dieu lui adresse, l´homme se perçoit comme étant une personne : le « tu » de Dieu fait de l´homme un « ego ». Il est ainsi capable de louer Dieu, de se communiquer à lui au moyen de la prière et d´entendre la parole de Dieu.

La possibilité offerte à l´homme de faire librement ses choix est aussi une conséquence de sa création à l´image de Dieu. Cette liberté qui lui est consentie rend l´homme responsable de ses actes : il doit ainsi en assumer les conséquences (Ge 2 : 16-17).

L´homme et la femme sont d´égale façon à l´image de Dieu ; ils sont donc de nature identique. Non seulement ils ont été créés pour être l´un avec l´autre, mais aussi pour être là l´un pour l´autre, et ils se sont vu confier la même tâche : « dominer » sur la terre, c´est-à-dire la travailler et la préserver. Ce pouvoir conféré à l´homme ne l´autorise cependant pas à user de la création de manière arbitraire, bien au contraire : Étant créé à l´image de Dieu, il lui incombe de traiter la création à la manière d´un être divin : avec sagesse, bonté et amour.

EN BREF Retour en haut de page

Dieu, l´auteur de toute la réalité expérimentable, a attribué son espace vital à l´homme et lui a donné pour tâche de dominer sur la terre et de la conserver. L´homme est tenu de respecter toute vie ainsi que l´espace vital. (3.3.1.2)

Dieu a créé l´homme à son image ; l´homme cultive un égal rapport à la création visible et invisible. Dieu remplit l´homme de vitalité et le fait participer des attributs divins. (3.3.2)

Sa ressemblance avec Dieu implique que l´homme occupe une position exceptionnelle au sein de la création visible : Il est celui à qui Dieu s´adresse et qu´il aime. L´homme et la femme sont d´égale façon à l´image de Dieu. (3.3.2)

3.3.3 La chute de l´être humain Retour en haut de page

Après l´avoir créé, Dieu a permis à l´être humain de le rencontrer sans intermédiaire. En lui intimant l´ordre de ne pas manger du fruit de l´arbre de la connaissance du bien et du mal, il s´affirme comme étant son Seigneur et législateur, celui à qui l´être humain doit obéissance.

Par l´influence du malin, l´homme est exposé à la tentation et y succombe en transgressant le commandement de Dieu : Le péché fait ainsi son entrée dans l´existence de l´être humain, entraînant la séparation de celui-ci d´avec Dieu, c´est-à-dire la mort spirituelle. Cette évidence s´impose à l´homme par la prise de conscience de sa nudité qui lui fait honte (Ge 3 : 7-10). La honte est le signe de l´altération de la confiance originelle de l´homme en son Créateur. La désobéissance de l´homme a pour conséquence que Dieu l´exclut de la communion qu´il entretenait avec lui jusqu´alors.

Cette séparation oblige dès lors l´être humain à mener une vie pénible sur la terre, qui s´achève par la mort du corps (Ge 3 : 16-19). De lui-même, l´homme n´est pas en mesure de mettre fin à sa séparation de Dieu.

Depuis sa chute dans le péché, l´homme est en état de péché, c´est-à-dire pris dans les liens du péché et, par conséquent, incapable de vivre sans commettre de péché. Ses compagnons de vie sont les souffrances et les soucis dans un monde sur lequel pèse la malédiction de Dieu. L´existence de l´homme est marquée par la crainte de la mort (cf. 4.2.1).

La liberté originelle de l´homme a ainsi connu une profonde restriction : désormais, l´homme a beau s´efforcer de mener une vie agréable à Dieu, sa démarche reste vouée à l´échec, parce que le malin exerce son pouvoir sur lui. Il vit donc dans une condition d´ « esclave », de « serviteur » : il est prisonnier du péché, entravé par lui.

Pour autant, sa condition de pécheur ne le prive pas de la consolation et de l´assistance de Dieu qui ne l´abandonne pas à la mort. En présence de l´homme, Dieu dit au serpent : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t´écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon » (Ge 3 : 15). C´est là une première indication au sujet du sacrifice de Jésus, par lequel le Seigneur vaincra le mal.

3.3.4 L´homme, entité composée de l´esprit, de l´âme et du corps Retour en haut de page

Dieu a créé l´homme, être à la fois physique et spirituel, c´est-à-dire doté d´un esprit et d´une âme. Si le corps de l´homme est mortel, son esprit et son âme sont immortels (cf. 9.1).

Le corps procède de la conception ; il participe ainsi de la nature et de l´apparence des parents. En revanche, l´âme n´est pas due à la conception humaine, mais elle est créée par Dieu lui-même, sans intermédiaire : à l´évidence, Dieu est actuellement Créateur.

La Bible ne distingue pas clairement l´âme de l´esprit [5]. Tous deux rendent l´être humain capable de participer du monde spirituel, de reconnaître Dieu et d´être ainsi en communion avec lui.

Il ne faut pas concevoir l´esprit, l´âme et le corps comme étant indépendants les uns des autres ; ils se réfèrent bien plutôt continuellement l´un à l´autre, s´interpénètrent et s´influencent mutuellement, car l´être humain est une entité : Aussi longtemps qu´il vit sur terre, il est une entité composée de l´esprit, de l´âme et du corps (1 Th 5 : 23) qui interagissent étroitement entre eux ; après la mort du corps, l´homme est une entité composée de l´esprit et de l´âme.

La mort n´entraîne pas la fin de la personnalité de l´homme ; celle-ci s´exprime désormais par l´esprit et l´âme.

Lors de la résurrection des morts, l´esprit et l´âme revêtiront un corps de résurrection (cf. 10.1.2).

EN BREF Retour en haut de page

Le malin tente l´être humain. Celui-ci succombe à cette tentation et transgresse ainsi le commandement de Dieu : Le péché vient de faire son entrée dans l´existence de l´être humain. (3.3.3)

La conséquence du péché, c´est la séparation d´avec Dieu. De surcroît, la liberté originelle de l´homme connaît ainsi une profonde restriction : il a beau s´efforcer de mener une vie agréable à Dieu, sa démarche reste vouée à l´échec. Cependant, même pécheur, Dieu ne le prive pas de son assistance. (3.3.3)

Dieu a créé l´homme, être à la fois physique et spirituel : son corps est mortel, mais son être spirituel (l´esprit et l´âme) est éternel. La mort n´entraîne pas la fin de la personnalité de l´homme ; celle-ci s´exprime désormais par l´esprit et l´âme. (3.3.4)

[5] Il ne faut pas confondre l´âme immortelle avec la « psychè » de l´être humain, désigné communément par le terme d´ « âme ». De la même manière, il convient de distinguer l´esprit inhérent à l´être immortel de l´intelligence (communément appelé : « l´esprit, l´intellect humain »).

3.4 Dieu, le Fils Retour en haut de page

La profession de foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, fait partie des fondements de la foi chrétienne.

La déclaration de l´article 2 de la confession de foi : « Je crois en Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, notre Seigneur » exprime cette foi de manière concise. Le symbole de Nicée-Constantinople (cf. 2.2.2) détaille la teneur de cette foi : « Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu né de Dieu, lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré et non créé, de même nature que le Père, et par qui tout a été fait. »

Parler de « Dieu, le Fils », c´est évoquer la deuxième Personne de la Trinité divine, qui vit et règne aux siècles des siècles, dans la communion avec Dieu, le Père, et Dieu, le Saint-Esprit. La notion d´ « engendré » n´est pas à entendre dans son sens biologique, mais comme la tentative d´exprimer par le langage le rapport mystérieux qui existe entre Dieu, le Père, et Dieu, le Fils.

Entre Dieu, le Père, et Dieu, le Fils, il n´y a pas de rapport hiérarchique, même si les notions de « Père » et de « Fils » peuvent impliquer un rapport de succession ou de subordination. Le Père et le Fils sont, également, vrai Dieu ; ils sont de même nature. C´est ce qu´exprime le passage en Hébreux 1 : 3 : « Le Fils est [...] l´empreinte de sa [= du Père] personne. »

En Jésus-Christ, Dieu, le Fils, s´est fait homme tout en restant Dieu : Dieu est entré dans la réalité historique pour y agir. La foi en Dieu, le Fils, est indissociable de la foi en Jésus-Christ, personne présente et agissante dans l´histoire. La confession de foi le montre en rappelant des étapes essentielles de la vie du Fils de Dieu incarné et en faisant de ces étapes le fondement du salut : « Je crois en Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la vierge Marie. Il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort et a été enseveli ; il est entré dans le séjour des morts ; il est ressuscité d´entre les morts le troisième jour et monté au ciel. Il siège à la droite de Dieu, le Père tout-puissant, d´où il reviendra. »

Jésus-Christ est vrai homme et vrai Dieu. Il a deux natures, une nature humaine et une nature divine, qui sont toutes deux présentes en lui de manière distincte, immuable, unie et indivisible.

Dans sa nature humaine, il est semblable à tous les autres hommes ; la seule chose qui le distingue d´eux, c´est qu´il est venu au monde sans péché, qu´il n´a jamais commis aucun péché et qu´il a été obéissant jusqu´à la mort de la croix à Dieu, son Père (Ph 2 : 8).

Dans sa nature divine, il est vrai Dieu, dans sa toute-puissance et sa perfection, y compris durant son humiliation ici-bas. Jésus a révélé le mystère de sa personne de multiples manières, notamment par ces paroles en Matthieu 11 : 27 : « Toutes choses m´ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n´est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n´est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » La connaissance que Jésus-Christ est le Fils de Dieu résulte d´une révélation divine : « Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu´il nous a donné l´intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable en son Fils Jésus-Christ. C´est lui qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle » (1 Jn 5 : 20).

3.4.1 Le Fils unique de Dieu Retour en haut de page

La déclaration, selon laquelle Jésus-Christ est le Fils unique du Père (Jn 1 : 14) figure dans l´article 2 de la confession de foi : « Je crois en Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu », ce qui signifie que Jésus-Christ est Fils de Dieu d´une manière incomparable. « Fils unique » veut dire qu´il est engendré, et non pas créé par le Père : « Le Fils est [...] le premier-né de toute la création » (Col 1 : 15). Le Fils de Dieu est auprès du Père avant toute création (préexistence).

En Jean 3 : 16, Jésus est désigné comme étant le « Fils unique » de Dieu. Il est celui qui est en mesure d´attester authentiquement le Père, ce qui, en Jean 1 : 18, est dit en les termes suivants : « Personne n´a jamais vu Dieu ; Dieu le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l´a fait connaître. »

Le Fils de Dieu n´est pas, comme l´être humain, une créature, il n´est pas non plus comparable aux anges qui, eux, ont un commencement. Il est sans commencement ni fin, de même nature que le Père, c´est-à-dire « unique », éternellement engendré. Hébreux 1 : 5 utilise la notion d´ « engendrement » en s´appuyant sur Psaumes 2 : 7, pour exprimer la relation unique qui unit le Père et le Fils.

3.4.2 La Parole faite chair Retour en haut de page

Le passage en Jean 1 : 1-18 propose des déclarations fondamentales au sujet de la nature de Dieu et de sa révélation au monde. Il y est question du commencement, de l´origine qui détermine toute chose et dont toute chose procède. Ce commencement, absolu en soi et situé au-delà de toute temporalité, est étroitement associé à la notion grecque de « Logos », habituellement traduite par « parole » ou « verbe ». C´est ce Logos, ce pouvoir, qui pose le commencement de la création. La Parole et Dieu se situent dans un rapport d´immédiateté : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » (Jn 1 : 1). Dieu et la Parole existent de toute éternité.

Jean 1 : 14 atteste la présence du Logos sur terre : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » La Parole divine supramondaine qui est au commencement avec Dieu pénètre à présent dans la sphère du terrestre, mieux : elle s´incarne ; le verbe éternel se fait vrai homme.

C´est à l´humanité du Fils de Dieu, à la réalité historique de la « Parole faite chair », que se rapporte la déclaration : « Nous avons contemplé sa gloire. » Il est fait allusion, ici, au cercle des témoins de l´activité de Jésus sur la terre. Les apôtres et les disciples étaient en communion immédiate avec Jésus-Christ, le Verbe incarné (1 Jn 1 : 1-3).

La gloire du Père, propre à la sphère située au-dessus du monde sensible, devient une réalité historique immédiatement expérimentable dans la gloire terrestre du Fils. C´est ainsi que le Fils de Dieu peut dire, à juste titre : « Celui qui m´a vu a vu le Père » (Jn 14 : 9).

Le passage en Hébreux 2 : 14 justifie l´incarnation de la Parole : « Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort, c´est-à-dire le diable. »

3.4.3 Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu Retour en haut de page

La connaissance que Jésus-Christ est à la fois vrai homme et vrai Dieu, c´est-à-dire la doctrine des deux natures, a été fixée par écrit par le concile de Chalcédoine (451 ap. J.-C.). Cette doctrine de la nature double de Jésus dépasse ce que l´homme peut connaître par l´expérience et la pensée. C´est un mystère. L´incarnation du Fils de Dieu est décrite comme une auto-humiliation en Philippiens 2 : 6-8 : « Existant en forme de Dieu, il n´a point regardé son égalité avec Dieu comme une proie à arracher, mais il s´est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et il a paru comme un vrai homme, il s´est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu´à la mort, même jusqu´à la mort de la croix. »

Jésus a ainsi partagé avec les hommes toute la palette des sensations et sentiments humains. Dans sa dimension humaine, il avait un corps dont il éprouvait tous les besoins. En Luc 2 : 52, il est dit que « Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. » Aux noces de Cana, il a partagé la joie des convives ; il a partagé la tristesse et les larmes des amis de Lazare, quand celui-ci est mort ; lorsqu´il est arrivé au puits de Jacob, il était tenaillé par la soif ; il a souffert sous les coups que les infligeaient les soldats. Envisageant sa mort à la croix, il a avoué : « Mon âme est triste jusqu´à la mort » (Mt 26 : 38).

En Hébreux 4 : 15, il est dit que Jésus-Christ est véritablement homme ; il y est aussi fait état de ce qui le distingue de tous les autres hommes : Il est sans péché.

De la même manière, Jésus-Christ est aussi vrai Dieu.

La Bible atteste que Jésus-Christ est à la fois Fils de Dieu et Dieu. Lors du baptême de Jésus dans le Jourdain, une voix s´est fait entendre du haut du ciel, disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j´ai mis toute mon affection » (Mt 3 : 17). Lors de la Transfiguration de Jésus, le Père a aussi mis sa condition de Fils de Dieu en évidence, en ajoutant qu´il fallait l´écouter (Mt 17 : 5).

Ces paroles de Jésus : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m´a envoyé ne l´attire » (Jn 6 : 44) et : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14 : 6) attribuent la même autorité à Dieu, le Père, et à Dieu, le Fils. Le Père attire l´homme vers le Fils, et le Fils conduit l´homme vers le Père.

C´est seulement parce qu´il était vrai Dieu que Jésus-Christ pouvait affirmer : « Moi et le Père nous sommes un » (Jn 10 : 30), exprimant ainsi, de la manière la plus simple qui soit, son identité de nature avec le Père.

D´autres passages bibliques prouvent que Jésus-Christ est vrai Dieu, notamment ceux-ci :

  • L´attitude des apôtres après l´Ascension : «Pour eux, après [...] avoir adoré [Jésus-Christ], ils retournèrent à Jérusalem... » (Lu 24 : 52).

  • La déclaration en Jean 1 : 18 : « Personne n´a jamais vu Dieu ; Dieu le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l´a fait connaître. »

  • Le témoignage de l´apôtre Thomas, après avoir vu le Ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20 : 28).

  • La profession de foi en la nature de Jésus, dans l´hymne à la gloire de Christ : « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 2 : 9).

  • Le témoignage en I Jean 5 : 20 : « Et nous sommes dans le Véritable en son Fils Jésus-Christ. C´est lui qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. »

  • La déclaration : « Dieu a été manifesté en chair » (1 Ti 3 : 16).

3.4.4 Indications vétérotestamentaires au sujet de Jésus-Christ Retour en haut de page

Dans l´Ancien Testament se trouvent déjà des indications au sujet du Messie à venir, du Sauveur et Rédempteur. Ainsi par exemple la malédiction prononcée par Dieu contre le serpent, dès après la chute dans le péché, recèle-t-elle une première indication au sujet d´un Rédempteur à venir (Ge 3 : 15).

L´auteur de l´épître aux Hébreux discerne, dans la démarche de Melchisédek, roi et sacrificateur, qui apporte du pain et du vin à Abraham et le bénit (Ge 14 : 17-20 ; Hé 7), une allusion à Jésus-Christ.

Dieu, le Fils, accompagne le peuple d´Israël au long de son histoire. L´apôtre Paul atteste expressément la présence de Christ lors de la pérégrination à travers le désert : « Nos pères [...] ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ » (1 Co 10 : 1-4).

Des prophètes vétérotestamentaires ont mis en évidence des détails concrets du contexte de la venue du Rédempteur :

  • Esaïe l´a décrit à l´aide d´attributs qui soulignent son caractère unique : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l´appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Es 9 : 5).

  • Michée a annoncé son lieu de naissance : « Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël, et dont les activités remontent aux temps anciens, aux jours de l´éternité » (Mi 5 : 1).

  • Malachie a prophétisé que le Fils de Dieu aurait un précurseur : « Voici, j´enverrai mon messager ; il préparera le chemin devant moi. Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; et le messager de l´alliance que vous désirez, voici, il vient, dit l´Eternel des armées » (Mal 3 : 1). Ce précurseur, c´est Jean-Baptiste (Mt 11 : 10).

  • Zacharie a, quant à lui, décrit l´entrée du Seigneur dans Jérusalem : « Sois transportée d´allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, ton roi vient à toi ; il est juste et victorieux, il est humble et monté sur un âne, sur un âne, le petit d´une ânesse » (Za 9 : 9).

C´est ainsi que l´incarnation du Fils de Dieu et son itinéraire terrestre ont été annoncés dans l´Ancien Testament.

3.4.5 Jésus-Christ, le Rédempteur Retour en haut de page

« Jésus » signifie : « L´Eternel est salut ». En annonçant la naissance de Jésus, l´ange Gabriel a en même temps imposé son nom : « ... tu lui donneras le nom de Jésus ; c´est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1 : 21). Son nom indique à lui seul que Jésus est le Sauveur et Rédempteur promis.

Dans ses œuvres, Jésus-Christ s´est révélé comme étant le Sauveur et Rédempteur envoyé par Dieu : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (Mt 11 : 5). La rédemption opérée par Jésus-Christ dépasse de loin la dimension des choses visibles et temporelles pour s´étendre au domaine des choses invisibles et éternelles. Elle prive le diable de son emprise sur l´homme et conduit ce dernier hors du péché et de la mort.

La rédemption de l´homme est fondée sur le sacrifice de Jésus-Christ (Ep 1 : 7). C´est en lui seul que le salut s´ouvre aux hommes (Ac 4 : 12).

EN BREF Retour en haut de page

Dieu, le Fils, est la deuxième Personne de la Trinité. En Jésus-Christ, Dieu s´est fait homme tout en restant Dieu : il est entré dans la réalité historique. (3.4)

Jésus-Christ est vrai homme et vrai Dieu ; il a, par conséquent, deux natures. Dans sa nature humaine, Jésus-Christ est semblable à tous les hommes ; en revanche, il est exempt de péché. Dans sa nature divine, il reste immuablement vrai Dieu, même au cours de son humiliation sur la terre. (3.4)

Jésus est appelé « Fils unique de Dieu ». Le Fils de Dieu, l´ « unique », est engendré par son Père, non pas créé, donc éternel, sans commencement ni fin, de même nature que le Père. (3.4.1)

La Parole divine (le « Logos ») supramondaine qui est au commencement avec Dieu pénètre à présent dans la sphère du terrestre et de l´humain. Elle « a été faite chair » (Jn 1 : 14) : le verbe éternel se fait vrai homme. La gloire du Père, propre à la sphère située au-dessus du monde sensible, devient une réalité historique immédiatement expérimentable dans la gloire terrestre du Fils. (3.4.2)

La nature double de Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu, est un mystère. Vrai homme, Jésus a partagé avec les hommes toute la palette des sensations et sentiments humains. Vrai Dieu, il a exprimé son identité de nature avec le Père, en disant : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jn 10 : 30). (3.4.3)

L´Ancien Testament fournit des indications au sujet du Messie à venir. Des prophètes vétérotestamentaires ont mis en évidence des détails concrets du contexte de la venue du Rédempteur : son existence éternelle, l´incarnation du Fils de Dieu ainsi que son itinéraire terrestre ont ainsi été annoncés à l´avance dans l´Ancien Testament. (3.4.4)

Dans ses œuvres, Jésus-Christ s´est révélé comme étant le Sauveur et Rédempteur envoyé par Dieu. La délivrance de l´homme de la mort et du péché est fondée sur le sacrifice de Jésus-Christ. C´est en lui seul que le salut s´ouvre aux hommes. (3.4.5)

3.4.6 Titres de souveraineté attribués à Jésus Retour en haut de page

Ces « titres de souveraineté » attribués au Fils de Dieu sont des noms et des attributs, par lesquels la Bible décrit différentes caractéristiques qui le rendent unique.

3.4.6.1 Messie, Christ, Oint Retour en haut de page

Ces trois termes désignent la même réalité : « Messie » est dérivé de l´hébreu « machiah », et le latin « Christus », du grec « Christos », qui signifie : « oint ».

Dans quelques Psaumes, les rois d´Israël sont appelés « oints de l´Eternel » (p. e. Ps 20 : 7). Leur onction est étroitement liée à des déclarations au sujet d´une alliance particulière conclue par Dieu avec David et ses successeurs. La vénération du roi oint, donné par Dieu, pouvait aller jusqu´à sa déification (Ps 45 : 6-10).

À partir de déclarations faites par des prophètes (p. e. Es 61 ; Jé 31 : 31 sqq.), se sont forgées, au sein du peuple d´Israël, des conceptions au sujet du Messie qui ont fini par faire, de celui-ci, un personnage supérieur à toute dimension humaine et profondément divin.

Jésus de Nazareth est ce Messie, ce Christ : c´est là la profession de foi unanime du Nouveau Testament. Ce titre de souveraineté qu´est « Christ » est si étroitement lié à Jésus qu´il est devenu son nom : « Jésus-Christ ». Croire en lui, c´est professer sa foi en le Messie attendu par Israël, celui que Dieu envoie pour apporter le salut.

Partout où il est question de Jésus dans le Nouveau Testament, il est question du Christ, du Messie. Une différence déterminante est ainsi mise en évidence : Tandis que, de nos jours encore, de nombreuses personnes de confession juive attendent l´avènement du Messie, les chrétiens professent que Jésus-Christ est déjà venu et présent. Cette foi est formulée dans la déclaration capitale qui figure au début de l´Évangile selon Marc : « Commencement de l´Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu » (Mc 1 : 1).

3.4.6.2 Seigneur Retour en haut de page

Dans l´Ancien Testament, le titre de « Seigneur » désigne le plus souvent le Dieu d´Israël, l´Eternel. Dans le Nouveau Testament, il s´applique aussi à Jésus-Christ.

Dans l´épître aux Romains, il est dit : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l´a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Ro 10 : 9). De ce texte se déduit la dénomination, en grec : « Kyrios Iesous » : « Seigneur [est] Jésus », qui fait partie des professions de foi les plus anciennes de l´Église primitive. Ici, « Seigneur » n´est pas un titre ou une marque de respect, mais désigne l´autorité divine de Jésus-Christ.

Jésus est le « Seigneur » : telle était, après sa résurrection, la certitude irrévocable de ses disciples, hommes et femmes. L´apôtre Thomas s´est adressé au Ressuscité en les termes suivants : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20 : 28).

Appeler Jésus le « Seigneur » est une manière de dire que c´est Dieu, et lui seul, qui s´est incarné en lui.

L´apôtre Paul évoque la « seigneurie » de Jésus qui surpasse tous les autres souverains, y compris l´empereur romain qui revendique sa divinité : « Nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait prédestinée pour notre gloire, sagesse qu´aucun des chefs de ce siècle n´a connue, car, s´ils l´avaient connue, ils n´auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » (1 Co 2 : 7-8).

Jésus étant le Seigneur de gloire, l´invocation de son nom et son adoration revêtent une grande importance (Ph 2 : 9-11).

3.4.6.3 Fils de l´homme Retour en haut de page

Selon Daniel 7 : 13-14, la notion de « fils de l´homme » désigne un être céleste qui ne fait pas partie du genre humain.

Au temps de Jésus, on attendait, dans certains cercles juifs pieux, le « Fils de l´homme », que Dieu devait investir de la domination sur le monde. Selon Jean 3 : 13, le Seigneur lui-même se présente comme étant le Fils de l´homme : « Personne n´est monté au ciel, si ce n´est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l´homme qui est dans le ciel. » En cette qualité, il a le pouvoir de pardonner les péchés (Mt 9 : 6), il est le maître du sabbat (Mt 12 : 8) et il est « venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lu 19 : 10).

Jésus a finalement aussi annoncé les souffrances (Mt 17 : 12), la mort sacrificatoire (Mt 12 : 40 ; 20 : 28) et la résurrection du Fils de l´homme (Mt 17 : 9). En parlant du Fils de l´homme, Jésus se désigne toujours lui-même.

Étienne a, lui aussi, attesté la divinité du Fils de l´homme : « Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l´homme debout à la droite de Dieu » (Ac 7 : 56). Jésus-Christ, le Fils de l´homme, est retourné là d´où il est venu (Jn 16 : 28).

3.4.6.4 Emmanuel, Serviteur de Dieu, Fils de David Retour en haut de page

La Bible cite encore d´autres titres de souveraineté de Jésus : Emmanuel, Serviteur de Dieu, Fils de David.

Le nom hébreu d´ « Emmanuel » signifie : « Dieu avec nous ». Le passage en Matthieu 1 : 22-23 reprend la prophétie en Esaïe 7 : 14, pour l´appliquer à Jésus : « Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d´Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. » Jésus-Christ est par conséquent celui par qui Dieu est directement présent et expérimentable.

La dénomination de « serviteur de Dieu » se trouve dans l´Ancien et dans le Nouveau Testament pour désigner des personnages majeurs de l´histoire de la rédemption (patriarches, prophètes, apôtres). Esaïe a donné des indications au sujet d´un serviteur de Dieu, qui se sont accomplies en Jésus-Christ (p. e. Es 42 : 1).

Dans le Nouveau Testament, la dénomination : « Fils de David » est courante pour désigner Jésus-Christ. Dès le début de l´Évangile selon Matthieu, l´accent est mis sur ceci : « Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d´Abraham » (Mt 1 : 1). Cela signifie que les promesses faites à David se réalisent dans le Fils de Dieu.

EN BREF Retour en haut de page

Les « titres de souveraineté » attribués au Fils de Dieu sont des noms et des attributs, par lesquels la Bible décrit différentes caractéristiques qui le rendent unique. (3.4.6)

Jésus de Nazareth est le « Messie » : c´est là la profession de foi unanime du Nouveau Testament. (3.4.6.1)

Le titre de « Seigneur » indique l´autorité divine de Jésus-Christ. (3.4.6.2)

La notion de « fils de l´homme » désigne un être céleste qui ne fait pas partie du genre humain ; le Seigneur s´est présenté lui-même comme étant ce fils de l´homme. (3.4.6.3)

La Bible cite encore d´autres titres de souveraineté : Emmanuel (« Dieu avec nous »), « Serviteur de Dieu » et « Fils de David ». (3.4.6.4)

3.4.7 Les ministères du Christ : Roi, sacrificateur et prophète Retour en haut de page

Le titre de « roi » véhicule l´idée de domination et de règne. Le sacrificateur vaque au culte sacrificiel, pour être le médiateur de la réconciliation de l´homme avec Dieu. Quant au prophète, il a pour tâche de proclamer la volonté de Dieu et de prédire les événements à venir.

Dominer et régner, opérer la réconciliation avec Dieu, proclamer la volonté de Dieu et annoncer les choses à venir, tout cela, Jésus-Christ le fait à la perfection.

3.4.7.1 Jésus-Christ, le roi Retour en haut de page

En annonçant à la vierge Marie qu´elle donnerait naissance à Jésus, l´ange du Seigneur lui dit : « Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut [...]. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n´aura point de fin » (Lu 1 : 32-33).

Les mages d´Orient ont demandé où se trouvait le roi des Juifs qui venait de naître et qu´ils sont venus adorer (Mt 2 : 2).

En Jésus-Christ s´est accomplie la promesse que Dieu avait donnée au prophète Jérémie : « Voici, les jours viennent, dit l´Eternel, où je susciterai à David un germe juste ; il régnera en roi et prospérera, il pratiquera la justice et l´équité dans le pays » (Jé 23 : 5).

Nathanaël, l´un des premiers disciples de Jésus, a fait cette profession de foi : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d´Israël » (Jn 1 : 49). Cependant, la royauté de Jésus ne s´applique pas à un règne terrestre ni à l´exercice d´un pouvoir extérieur : elle se révèle dans l´autorité, avec laquelle il agissait, et dans les signes qu´il accomplissait.

Jésus a résolument rejeté toute conception, le faisant aspirer à gouverner un royaume terrestre ou à remplir une charge politique.

Les quatre Évangiles rapportent comment, avant ses souffrances et sa mort, Jésus est entré à Jérusalem. Lors de cette entrée, il s´est fait connaître comme étant le roi de paix et de justice annoncé par le prophète Zacharie (Za 9 : 9). La foule aurait aimé faire de Jésus le roi temporel d´Israël, aussi l´a-t-elle acclamé (Jn 12 : 13).

Au cours de l´interrogatoire mené par Ponce Pilate, Jésus a dit tout aussi clairement que son royaume n´était pas de ce monde et qu´il n´ambitionnait pas de pouvoir terrestre. Rebondissant sur ces paroles de Jésus, Ponce Pilate dit encore : « Tu es donc roi ? », donnant ainsi l´occasion au Fils de Dieu de parler de sa royauté : « Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. » Face à ce représentant de l´Empire romain et du paganisme, Jésus a aussi, de cette sorte, affirmé être roi et témoin de la vérité (Jn 18 : 33-37).

La mort à la croix constitue à la fois le paroxysme et l´achèvement d´une humiliation qui, en réalité, est le chemin de l´élévation de Jésus-Christ : « Pilate fit une inscription, qu´il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue : Jésus de Nazareth, roi des Juifs. [...] Elle était en hébreu, en grec et en latin » (Jn 19 : 19-20). Plus largement, cette inscription en trois langues vise à faire connaître la royauté de Jésus-Christ au monde entier.

L´Apocalypse de Jean souligne, elle aussi, la dignité royale de Jésus-Christ : Jésus-Christ est « le prince des rois de la terre » (Ap 1 : 5). Au moment où le septième ange sonne de la trompette, « le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ ; et il régnera aux siècles des siècles » (Ap 11 : 15). Désormais, la royauté de Christ est révélée dans tous les domaines.

3.4.7.2 Jésus-Christ, le sacrificateur Retour en haut de page

Sous l´Ancienne Alliance, les sacrificateurs avaient essentiellement pour tâche d´offrir des sacrifices à Dieu, d´enseigner la Loi au peuple, de trancher les litiges juridiques épineux ainsi que toutes les questions relatives à la pureté cultuelle. La tâche du souverain sacrificateur consistait à présenter à Dieu ses propres péchés, ceux des sacrificateurs et du peuple ; à cette fin, il pénétrait une fois l´an, le jour des Expiations (Yom Kippour), dans le lieu très saint, en intercédant pour eux. Ce faisant, il agissait en lieu et place du peuple, devenant ainsi le lien entre Dieu et le peuple d´Israël.

Portant le regard sur le sacerdoce de l´Ancienne Alliance et les sacrifices offerts dans le temple, l´auteur de l´épître aux Hébreux écrit : « Ils célèbrent un culte, image et ombre des choses célestes » (Hé 8 : 5). A la lumière de l´Évangile, il devient évident que le sacerdoce vétérotestamentaire n´avait qu´un caractère provisoire, « car la loi n´a rien amené à la perfection » (Hé 7 : 19).

Dans l´incarnation du Fils de Dieu se révèle un sacerdoce présent qui surpasse tous les autres. Jésus-Christ n´est pas seulement l´un des nombreux souverains sacrificateurs d´Israël. En Jésus-Christ se révèle bien plutôt le souverain sacrificateur, dans lequel est fondée la rédemption du monde : Dieu lui-même surmonte l´abîme du péché et réconcilie le monde avec lui-même par Jésus-Christ ; aucun autre sacerdoce n´est en mesure d´accomplir cela. Jésus-Christ est ainsi l´éternel souverain sacrificateur : « Mais lui, parce qu´il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n´est pas transmissible. C´est aussi pour cela qu´il peut sauver parfaitement ceux qui s´approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur » (Hé 7 : 24-25).

Contrairement au souverain sacrificateur de l´Ancienne Alliance, Jésus-Christ n´avait pas besoin de la réconciliation avec Dieu, étant lui-même le réconciliateur. Non seulement, il témoigne de la rencontre avec Dieu, mais, en lui, l´homme et Dieu sont indissociablement unis.

Le sacerdoce de Jésus-Christ met en évidence la sollicitude divine envers le monde ; en lui, l´homme a accès au salut de Dieu.

L´épître aux Hébreux développe le service sacerdotal de Christ, consistant à expier les péchés du peuple (Hé 2 : 17). En Jésus-Christ, l´éternel souverain sacrificateur, la certitude du pardon des péchés et la promesse de la vie éternelle sont données.

En Hébreux 3 : 1-2, il est dit : « Considérez l´apôtre et le souverain sacrificateur de la foi que nous professons, Jésus. » Jésus-Christ surpasse le service du souverain sacrificateur de l´Ancienne Alliance, en étant le véritable souverain sacrificateur et la condition préalable au service des apôtres sous la Nouvelle Alliance. La teneur du service apostolique est mise en évidence en II Corinthiens 5 : 20 : « Nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! »

3.4.7.3 Jésus-Christ, le prophète Retour en haut de page

En Jésus-Christ s´est accomplie la promesse faite par Dieu à Moïse : « Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai » (De 18 : 18).

Les prophètes de l´Ancienne Alliance avaient vocation à annoncer la volonté de Dieu. Leurs messages étaient fréquemment introduits par l´indication de leur origine divine : « Ainsi parle l´Eternel ». En Jésus-Christ, c´est Dieu lui-même qui parle aux hommes.

Selon Marc 1:15 le Fils de Dieu a débuté son ministère public par ces paroles : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle ». Le Seigneur enseignait avec autorité, une autorité divine : « Mais moi, je vous dis... » (Mt 5-7).

Prophète, Jésus-Christ annonçait aussi des choses à venir, comme nous le rapportent par exemple les passages en Matthieu 24, Marc 13 et Luc 21.

Dans ses discours d´adieux (Jn 13-16), il a annoncé la venue du Saint-Esprit qui conduirait dans toute la vérité.

Dans le livre de l´Apocalypse, le Fils de Dieu dévoile le cours de l´histoire de la rédemption jusqu´à la nouvelle création.

Voici comment Jésus-Christ œuvre en qualité de prophète : Il annonce la volonté de Dieu, éclaire le passé, dévoile des choses cachées, montre le chemin de la vie et promet des choses à venir. Ses déclarations sont valables en toute éternité : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Mc 13 : 31).

EN BREF Retour en haut de page

La royauté de Jésus-Christ se manifestait dans l´autorité dont il faisait preuve dans ses actes et dans les signes qu´il a accomplis. (3.4.7.1)

L´inscription en trois langues apposée à la croix servait plus largement à faire connaître la royauté de Jésus-Christ au monde entier. (3.4.7.1)

L´Apocalypse de Jean évoque aussi la dignité royale de Jésus-Christ (Ap. 1 : 5 ; 11 : 15). (3.4.7.1)

En Jésus-Christ se révèle le souverain sacrificateur, en qui est fondée la rédemption : Par Jésus-Christ, Dieu réconcilie le monde avec lui-même. Contrairement au souverain sacrificateur de l´Ancienne Alliance, Jésus-Christ n´avait pas besoin de se réconcilier avec Dieu : Il est lui-même le réconciliateur. (3.4.7.2)

Le sacerdoce de Jésus-Christ révèle la sollicitude de Dieu à l´égard du monde : En lui, l´homme a accès au salut de Dieu ; en lui sont données la certitude du pardon des péchés et la promesse de la vie éternelle. (3.4.7.2)

Les prophètes de l´Ancienne Alliance avaient pour vocation d´annoncer la volonté de Dieu. De la même manière, Jésus-Christ a aussi œuvré en prophète : il annonçait la volonté de Dieu, éclairait le passé, dévoilait des choses cachées, montrait le chemin de la vie et promettait des choses à venir. (3.4.7.3)

3.4.8 Témoignages néotestamentaires sur la personne et l´œuvre de Jésus-Christ Retour en haut de page

Les Évangiles témoignent de la vie et de l´activité de Jésus-Christ. Pour autant, les évangélistes ne font pas œuvre de biographes ; ils s´emploient plutôt à porter témoignage du fait que Jésus de Nazareth est bel et bien le Messie attendu par Israël : Son histoire est l´histoire de l´intervention salvatrice de Dieu dans le cours du monde, de l´instauration du royaume de Dieu en sa personne. Les éléments essentiels de la profession de foi en Jésus-Christ ont leur fondement dans ces témoignages néotestamentaires au sujet de Jésus.

3.4.8.1 Conception et naissance de Jésus Retour en haut de page

Les Évangiles de Matthieu et de Luc décrivent la naissance de Jésus. Jésus est né au temps où le roi Hérode régnait sur la Judée, où Auguste était empereur à Rome et Quirinius gouverneur romain de la Syrie. Ces indications précises renvoient à l´existence historique réelle de Jésus, dans le but de parer à toute tentative de classer l´histoire de Jésus de Nazareth au nombre des mythes et des légendes.

L´unicité de l´homme Jésus est mise en évidence par sa naissance virginale rapportée par l´Évangile selon Luc. L´ange Gabriel a transmis à la vierge Marie le message suivant : « Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n´aura point de fin » (Lu 1 : 31-33). Il lui a aussi expliqué comment se passerait la conception : « Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C´est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu » (Lu 1 : 35).

La déclaration faite dans l´article 2 de la confession de foi : « ... qui a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la vierge Marie » montre que l´incarnation du Fils de Dieu est un événement qui se situe hors du contexte naturel. Jésus de Nazareth est vrai homme, mais sa corporalité et son humanité sont déjà indissociablement liées au dessein salvifique de Dieu : Sa conception et sa naissance sont des faits salvifiques, donc des éléments de l´histoire de la rédemption. Des épiphénomènes à valeur de signe, qui accompagnent la naissance de Jésus, le soulignent :

  • Des anges sont apparus pour annoncer aux bergers cette bonne nouvelle : « C´est qu´aujourd´hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Lu 2 : 11 ; cf. Mi 5 : 1).

  • Une étoile a témoigné de la venue au monde du roi nouveau-né ; les mages d´Orient l´ont suivie, et elle les a conduits à Bethléhem, où ils ont adoré l´enfant (Mt 2 : 1-11).

3.4.8.2 Le baptême de Jésus dans le Jourdain Retour en haut de page

Jésus-Christ est exempt de péchés. Malgré cela, il s´est fait baptiser dans le Jourdain par Jean-Baptiste, se rangeant ainsi au nombre des pécheurs (2 Co 5 : 21). Cet acte baptismal, expression de repentance, montre que Jésus-Christ s´est humilié pour suivre la démarche obligatoire pour tout pécheur.

Il devient dès lors évident que Jésus-Christ, l´Impeccable, se charge du péché en lieu et place des hommes, pour ouvrir finalement la voie de la justice valable devant Dieu.

Après son baptême, le Saint-Esprit est descendu sur Jésus de manière visible. D´une voix se faisant entendre du ciel, son Père a attesté : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j´ai mis toute mon affection » (Lu 3 : 22). Par cet événement révélatoire, le Père fait savoir au monde entier que Jésus est son Fils, et il proclame sa messianité : Jésus est le Christ, le Fils de Dieu.

Jean-Baptiste a, quant à lui, reconnu en Jésus le serviteur de Dieu souffrant, le Rédempteur (Es 53 : 5), comme l´attestent ses paroles : « Voici l´Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jn 1 : 29). Auparavant, il avait eu la révélation suivante : « Celui sur qui tu verras l´Esprit descendre et s´arrêter, c´est celui qui baptise du Saint-Esprit. » Et de confirmer : « Et j´ai vu, et j´ai rendu témoignage qu´il est le Fils de Dieu » (Jn 1 : 29.33-34).

3.4.8.3 La tentation de Jésus au désert Retour en haut de page

Après son baptême dans le Jourdain, Jésus a été conduit par l´Esprit dans le désert, « pour être tenté par le diable » (Mt 4 : 1). Il y est resté pendant quarante jours et y a été tenté à plusieurs reprises par le diable. Jésus a résisté à la tentation et repoussé le diable.

Cet événement a une dimension salvifique : Adam avait succombé à la tentation et était tombé dans le péché ; Christ, qui « a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché » (Hé 4 : 15), est le nouvel Adam qui résiste à la tentation. Avant même d´entamer son ministère public, il se révèle comme étant le vainqueur de Satan.

EN BREF Retour en haut de page

L´histoire de Jésus de Nazareth est celle de l´intervention salvatrice de Dieu dans le cours du monde. Les Évangiles ne sont pas des biographies, mais des témoignages de la foi. (3.4.8)

L´unicité de Jésus homme est mise en évidence par sa naissance virginale. Sa conception et sa naissance sont des faits salvifiques, donc des éléments de l´histoire de la rédemption. (3.4.8.1)

Bien qu´exempt de péchés, Jésus-Christ s´est fait baptiser par Jean-Baptiste et compter ainsi au nombre des pécheurs. Après son baptême, Dieu a fait savoir au monde entier que Jésus est son Fils. (3.4.8.2)

Avant même le début de son ministère public, Jésus a été tenté au désert. Il s´y est révélé comme étant le vainqueur de Satan. (3.4.8.3)

Au centre de la prédication de Jésus, il y avait le royaume de Dieu dans sa forme présente et à venir. Il est présent en la personne de Jésus-Christ. (3.4.8.4)

3.4.8.4 Le magistère de Jésus Retour en haut de page

Au centre de l´enseignement prêché par Jésus, il y a le royaume de Dieu, c´est-à-dire le règne de Dieu se réalisant dans l´histoire, dans sa forme présente et à venir : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche » (Mc 1 : 15). En Jésus-Christ, le royaume de Dieu est désormais personnellement présent (Lu 17 : 21).

La teneur fondamentale de l´Évangile, c´est la grâce, l´amour et la réconciliation manifestés en Jésus-Christ. Fils de Dieu, il est venu pour détruire les œuvres du diable, pour délivrer l´être humain tombé dans le péché et attaché à lui, et le libérer de l´emprise du diable. Au moyen de son sacrifice, Jésus-Christ rend la réconciliation avec Dieu accessible à l´homme et lui ouvre la porte de la vie éternelle. Par sa mort et sa résurrection, il prouve une fois pour toutes qu´il domine et sur la mort et sur le diable. Et l´homme participe de cette victoire par la foi (1 Co 15 : 57).

Jésus a appelé des disciples à le suivre. Il prêchait avec une autorité souveraine et pardonnait les péchés. Le fait que, par lui, le salut était venu aux hommes, il l´a aussi montré au moyen de ses prodiges et miracles, soulignant ainsi son message au sujet du début du règne de Dieu et de lui-même en qualité de Sauveur.

3.4.8.5 Les miracles de Jésus Retour en haut de page

Tous les quatre Évangiles parvenus jusqu´à nous sous la forme écrite relatent des actes miraculeux de Jésus, en les présentant comme des faits réels qui témoignent de sa messianité. Ses miracles sont les signes de la sollicitude miséricordieuse de Dieu pour l´homme souffrant. Ce sont des révélations, dans la mesure où ils montrent la gloire de Christ (Jn 2 : 11) et son autorité divine (Jn 5 : 21).

Ils sont variés, les miracles accomplis par le Fils de Dieu : guérisons, exorcismes, résurrections, miracles de la domination sur la nature, de la multiplication de la nourriture, de l´abondance de dons.

Guérisons

Jésus a guéri des malades, des aveugles, des paralytiques, des sourds, des lépreux. Toutes ces guérisons renvoient à la nature divine de Jésus-Christ qui agissait très exactement de la manière dont Dieu parlait de lui-même à Israël : « Je suis l´Eternel, qui te guérit » (Ex 15 : 26). L´un de ces miracles est la guérison d´un paralytique à Capernaüm (Mc 2 : 1-12), à qui Jésus a dit en un premier temps : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés » (verset 5). Les scribes présents ont considéré cela comme un blasphème ; le Seigneur leur a montré qu´il avait le pouvoir, et de pardonner les pécher et de guérir. Il y a un rapport étroit entre ces guérisons miraculeuses et la foi.

Exorcismes

Font partie des miracles de Jésus les exorcismes, c´est-à-dire les expulsions de démons (Mc 1 : 23-28). Même les démons reconnaissaient en Jésus-Christ le Seigneur (Mc 3 : 11). Il apparaît ainsi que le mal n´est pas une puissance autonome, mais qu´il est soumis au pouvoir de Dieu : Avec l´avènement de Jésus-Christ, le temps de sa domination destructrice et de son influence sur les hommes touche à sa fin (Lu 11 : 20).

Résurrections

Les Évangiles rapportent trois cas, où le Seigneur a ramené des personnes mortes à la vie : la fille de Jaïrus (Mt 9 : 18-26), le jeune homme de Naïn (Lu 7 : 13-15) et Lazare (Jn 11 : 1-44). Avant de ressusciter Lazare, Jésus se révèle en prononçant ces paroles fondamentales : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s´il meurt ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jn 11 : 25-26). Jésus-Christ n´avait pas seulement le pouvoir de ramener des morts à la vie : il était lui-même la vie, il était lui-même la résurrection. La résurrection montre, à la manière d´un signe, que la foi en Jésus-Christ est synonyme de victoire sur la mort et, par là, de vie éternelle.

Miracles de la domination sur la nature

En commandant le vent et la mer, le Seigneur a montré son pouvoir sur les éléments (p. e. Mt 8 : 23-27). Cette domination sur les puissances de la nature souligne le fait que le Fils de Dieu est Créateur, lui qui, « Parole éternelle du Père », existait avant toute création (Jn 1 : 1-3).

Miracles de la multiplication de la nourriture

Tous les Évangiles rapportent que Jésus a nourri les cinq mille hommes (p. e. Mc 6 : 30-44) ; ceux selon Matthieu et Marc évoquent aussi une foule de quatre mille hommes nourrie par lui (Mt 15 : 32-39; Mc 8 : 1-9). Ces faits rappellent d´une part que Dieu avait nourri son peuple dans le désert et, d´autre part, ils renvoient à la sainte cène : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu´un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c´est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde » (Jn 6 : 51).

Miracles de l´abondance des dons

Sont des signes de la divinité de Jésus-Christ et de la proximité du royaume de Dieu les miracles, par lesquels des personnes ont été comblées de dons terrestres. La pêche miraculeuse de Pierre (Lu 5 : 1-11) et la transformation de l´eau en vin aux noces de Cana (Jn 2 : 1-11) en sont des exemples.

EN BREF Retour en haut de page

La teneur fondamentale de l´Évangile, c´est la grâce, l´amour et la réconciliation manifestés en Jésus-Christ. (3.4.8.4)

Tous les Évangiles rapportent des actes miraculeux en les présentant comme des faits réels. Ces derniers attestent la messianité de Jésus et mettent en évidence la sollicitude miséricordieuse de Dieu pour l´homme souffrant. (3.4.8.5)

Ils sont variés, les miracles accomplis par le Fils de Dieu : guérisons, exorcismes, résurrections, miracles de la domination sur la nature, de la multiplication de la nourriture, de l´abondance de dons. (3.4.8.5)

3.4.8.6 Les paraboles et paroles imagées de Jésus Retour en haut de page

Jésus a émaillé ses discours d´un grand nombre de paraboles qui étaient autant d´images reflétant l´univers quotidien de ses contemporains. En Matthieu 13 : 34-35, il est dit : « Jésus dit à la foule toutes ces choses en paraboles, et il ne lui parlait point sans parabole, afin que s´accomplisse ce qui avait été annoncé par le prophète : J´ouvrirai ma bouche en paraboles, je publierai des choses cachées depuis la création du monde. »

Les paraboles Jésus de Jésus avaient pour thème des éléments essentiels de son enseignement, par lesquels il dévoilait les mystères du royaume des cieux : « Le royaume des cieux est semblable à... » (Mt 13:1 sqq.).

Plus de quarante paraboles nous sont transmises dans les trois premiers Évangiles, au moyen desquelles le Fils de Dieu a rendus concrets des aspects essentiels de l´Évangile : la proximité du royaume de Dieu, le commandement de l´amour du prochain, la mentalité de l´être humain, l´avènement du Fils de l´homme.

En Jésus-Christ, le royaume de Dieu est présent

Dans la parabole du grain de sénevé, Jésus a montré les modestes débuts du royaume de Dieu et son expansion. Dans la parabole du levain, il a mis en évidence le fait qu´à la fin Christ imprégnera toute chose (Mt 13 : 31-33).

Les paraboles du trésor caché et de la perle de grand prix montrent l´homme qui discerne la richesse cachée en Christ et qui saisit la possibilité qui lui est offerte d´avoir part au royaume de Dieu (Mt 13 : 44-46).

Dans ce royaume de Dieu, ce « royaume des cieux [qui] est proche », Dieu se révèle comme étant l´aimant Père céleste. C´est ainsi que les paraboles de la brebis perdue, de la drachme perdue et du fils perdu (Lu 15 : 4-32) montrent la volonté réconciliatrice de Dieu et son amour pour le pécheur. Le Seigneur invite tous les hommes, sans aucun favoritisme, pour leur offrir d´avoir part à la communion avec lui.

L´amour du prochain

Les plus grands commandements de la Loi sont ceux de l´amour de Dieu et du prochain. Dans l´histoire du bon Samaritain (Lu 10 : 30-35), Jésus montre qui est ce prochain et ce qu´implique l´amour du prochain, à savoir : ne pas fermer les yeux sur la détresse d´autrui, mais aller porter secours. La parabole du jugement des nations (Mt 25 : 35-36) montre comment mettre ces choses en pratique.

La mentalité de l´être humain

La parabole du publicain et du pharisien (Lu 18 : 9-14) se focalise sur la mentalité de l´être humain : Non pas celui qui se licite de ses œuvres, mais celui qui s´approche humblement de Dieu, pour lui demander grâce, est justifié. La mentalité de l´être humain est aussi l´un des thèmes de la parabole du semeur et des terrains : elle montre que, pour bien recevoir la parole de Dieu, il faut avoir un cœur empli de crainte de Dieu (p. e. Luc 8 : 15).

La parabole du méchant serviteur a aussi pour thème la mentalité de l´homme : Elle traite du pardon et appelle ceux que Dieu a graciés à faire usage à leur tour de grâce et de miséricorde envers autrui. Quiconque reconnaît la grandeur de l´amour de Dieu ne peut faire autrement que de se réconcilier avec son prochain (Mt 18 : 21-35).

L´avènement du Fils de l´homme

Dans les paraboles de l´avènement du Fils de l´homme, Jésus a révélé des événements à venir. Le passage en Matthieu 24 : 37-39 fait un parallèle entre le temps qui précède son retour et l´époque de Noé : Le retour de Christ aura lieu soudainement. Dans ce sens, la parabole du voleur qui vient la nuit s´achève sur cette exhortation : « C´est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l´homme viendra à l´heure où vous n´y penserez pas » (Mt 24 : 44). Ce même message est véhiculé par la parabole des dix vierges (Mt 25 : 1-13) : Il s´agit de veiller, afin de ne pas être surpris par le retour soudain du Seigneur. Quant à la parabole des talents, elle appelle à mettre à profit le temps qui reste avant le retour de Christ (Mt 25 : 14-30).

Toutes ces paraboles permettent une meilleure compréhension des déclarations de Jésus au sujet de son retour, du salut et du jugement, de son règne à la fin des temps, des puissances de ce monde et de la vie éternelle qui est la véritable destinée de l´être humain.

Paroles imagées Retour en haut de page

Dans l´Évangile selon Jean se trouvent des paroles imagées qui expriment la nature de Jésus et sont ainsi une révélation du Fils de Dieu. Dans ses « Je suis... », il se présente comme étant le « pain de vie » (Jn 6 : 35) et la « lumière du monde » (Jn 8 : 12). Il est aussi la « porte » du salut (Jn 10 : 9), le « bon Berger » qui donne sa vie pour ses brebis (Jn 10 : 11), et il est le « cep » (Jn 15 : 5). Jésus-Christ est « la résurrection », « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 11 : 25 ; 14 : 6) ; lui seul donne accès à Dieu, le Père. Ces sept « Je suis... » montrent la revendication souverainement divine de Jésus : Il n´est pas seulement l´envoyé du Père, mais Dieu lui-même.

3.4.8.7 Jésus et la loi Retour en haut de page

Pour Israël, la loi mosaïque jouissait de l´autorité suprême : le fait de la respecter et de l´accomplir était considéré comme étant la clé de la relation de l´homme à Dieu. Jésus n´a pas aboli la loi, mais il a montré que son autorité était supérieure à celle de la loi, mieux, qu´il était maître de la loi.

Dans son Sermon sur la montagne (Mt 5-7), il a pris position par rapport à la loi, en présence de ses disciples et de la foule. Au moyen de ce qu´il est convenu d´appeler les « antithèses » (« Vous avez appris qu´il a été dit [...]. Mais moi, je vous dis ... »), par lesquelles il a précisé la loi et initié ses auditeurs à mieux comprendre la volonté de Dieu sous-jacente à la loi, il s´est présenté comme étant le seul à être habilité à interpréter la loi avec autorité.

En révélant ainsi le cœur de la loi mosaïque, il a mis en évidence le fait que la loi — ainsi que l´Ancienne Alliance tout entière — renvoyait à lui, et qu´il était venu l´accomplir. Par son obéissance, il a fait front á la désobéissance du premier homme ; en accomplissant la loi à la perfection, il a mis fin à la domination absolue du péché sur l´homme.

3.4.8.8 Jésus et ses apôtres Retour en haut de page

Pour diffuser l´Évangile, Jésus a choisi, dans le cercle de ses disciples, douze apôtres (Lu 6 : 12-16 ; Mc 3 : 14) qui ont constitué son plus proche entourage. Il cultivait avec eux une relation toute particulière de confiance. Alors que les autres disciples, ne l´ayant pas compris, l´ont quitté, les apôtres sont restés auprès de lui, professant qu´il est le Christ.

C´est à eux qu´il a donné l´exemple en matière d´humilité et de serviabilité, en leur lavant les pieds (Jn 13 : 4 sqq.). Seuls les Douze étaient avec lui, quand il a institué la cène (Lu 22 : 14 sqq.). C´est à eux qu´il a adressé ses discours d´adieux (Jn 13-16). C´est à eux encore qu´il a promis le Saint-Esprit. C´est à eux qu´il a fait savoir qu´il s´apprêtait à retourner auprès de son Père. C´est à eux qu´il a promis de revenir. C´est pour eux et pour tous ceux qui croiraient en lui par leur parole qu´il a intercédé dans la prière sacerdotale (Jn 17). Il s´est lui-même sanctifié pour eux, « afin qu´eux aussi soient sanctifiés par la vérité » (verset 19).

C´est à eux qu´il est apparu à plusieurs reprises après sa résurrection (Ac 1 : 2-3) et c´est à eux enfin qu´il a donné son ordre de mission avant de monter au ciel.

EN BREF Retour en haut de page

À l´aide de discours imagés, les paraboles, Jésus a thématisé des éléments essentiels de son enseignement. Les paraboles de Jésus visent son retour et la préparation en vue de celui-ci. (3.4.8.6)

Dans les paroles imagées de l´Évangile selon Jean, Jésus se montre vrai Dieu. (3.4.8.6)

En révélant ainsi le cœur de la loi mosaïque, Jésus a mis en évidence le fait que la loi et l´Ancienne Alliance tout entière renvoyaient à lui. Il était venu accomplir la loi. (3.4.8.7)

En vue de diffuser l´Évangile, Jésus a choisi douze apôtres dans le cercle de ses disciples. Il cultivait avec eux une relation particulière de confiance. C´est à eux qu´il s´est montré à plusieurs reprises après sa résurrection, et c´est à eux qu´il a donné l´ordre missionnaire avant de monter au ciel. (3.4.8.8)

3.4.9 Le temps de la Passion et la mort sacrificatoire de Jésus Retour en haut de page

Les Évangiles rapportent de manière détaillée les derniers jours qui ont précédé la mort sacrificatoire de Jésus.

Lorsque Jésus, monté sur un âne, est entré dans Jérusalem, la prophétie en Zacharie 9 : 9 s´est accomplie. En purifiant le temple, Jésus a montré que la maison du Seigneur est sacrée. Les discussions avec les pharisiens et les sadducéens se sont envenimées, au point qu´ils ont cherché à le faire périr (Lu 20).

L´onction de Jésus avec un parfum de nard pur a eu lieu, selon ses paroles, en vue de sa mort prochaine (Jn 12 : 7). Quelques-uns des témoins présents s´en sont irrités, parce qu´ils considéraient ce geste comme un gaspillage : La vente de ce nard aurait pu rapporter trois cents deniers en vue d´aider des pauvres. Judas Iscariot, l´un des douze apôtres, est allé trouver les principaux sacrificateurs qui lui ont proposé trente pièces d´argent pour qu´il trahisse Jésus, soit le prix d´un esclave (Ex 21 : 32). Ainsi s´est accompli la prophétie en Zacharie 11 : 12-13 : Le Seigneur a été pour ainsi dire placé au même rang qu´un esclave.

3.4.9.1 Jésus institue la Cène Retour en haut de page

A l´occasion de la Pâque juive, le Seigneur était en compagnie de ses douze apôtres. Tandis qu´ils étaient à table, le Fils de Dieu a institué la sainte cène : « Pendant qu´ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Il prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l´alliance, qui est répandu pour beaucoup, pour le pardon des péchés » (Mt 26 : 26-28). Dès lors, les paroles, à cause desquelles beaucoup de ses disciples s´étaient détournés du Seigneur, prennent tout leur sens : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l´homme, et si vous ne buvez son sang, vous n´avez point la vie en vous-mêmes » (Jn 6 : 53).

Au cours de ce repas, le Seigneur a désigné celui qui le trahirait. Ce dernier a aussitôt quitté le groupe. « Il faisait nuit » (Jn 13 : 30).

3.4.9.2 Jésus à Gethsémané Retour en haut de page

Après la Cène, Jésus est allé dans le jardin de Gethsémané avec les apôtres. La nature humaine du Fils de Dieu se révèle dans sa peur de la mort à la croix qui l´attend. Humble et résigné, il s´est mis à genoux pour prier avec ferveur : « Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (Lu 22 : 42). Un ange est alors apparu pour le fortifier. Jésus s´est entièrement soumis à la volonté de son Père, prêt à consentir le sacrifice de sa vie.

Jésus a ensuite été arrêté. C´est par un baiser que Judas Iscariot l´a désigné aux soldats. Le Seigneur n´a pas fait appel aux puissances célestes pour échapper à son arrestation, mais il bu la coupe que son Père lui avait donnée à boire (Jn 18 : 11). Les disciples, prenant la fuite, l´ont abandonné.

3.4.9.3 Jésus devant le sanhédrin Retour en haut de page

Le sanhédrin a jugé Jésus coupable de blasphème et l´a condamné à mort. C´est le fait qu´il affirmait être le Fils de Dieu qui était considéré comme un blasphème.

Pendant l´interrogatoire de Jésus devant le sanhédrin, Pierre a nié être un disciple de Jésus et le connaître (Lu 22 : 54-62). Ce reniement a aussi fait souffrir Jésus-Christ qui n´a cependant pas rejeté Pierre pour autant.

Après que Jésus avait été condamné à mort, Judas Iscariot, regrettant sa trahison, a voulu rendre les trente pièces d´argent aux principaux sacrificateurs : « J´ai péché, en livrant le sang innocent » (Mt 27 : 1-5). Ceux-ci refusant de reprendre leur argent, il l´a jeté dans le temple, puis il est allé se pendre. On peut déduire de ses propos que Judas n´avait pas souhaité la mort de Jésus-Christ. Bien que sa trahison ait constitué l´accomplissement des Écritures (Mt 27 : 9-10 ; Jé 32 : 9 ; Za 11 : 12-13), Judas n´en est pas moins responsable de ses actes.

3.4.9.4 Jésus devant Pilate et Hérode Retour en haut de page

Les Juifs ont conduit Jésus à la résidence de Ponce Pilate, le gouverneur romain, résidence dans laquelle les Juifs rigoureux ne pénétraient pas, pour ne pas se souiller (Jn 18 : 28). Jésus, lui, a dû entrer dans le prétoire.

Au cours de son interrogatoire par Ponce Pilate, Jésus a dit que son royaume n´était pas de ce monde et qu´il n´ambitionnait aucun pouvoir terrestre. Le jugeant innocent, Pilate l´a livré au roi Hérode. Ce jour-là, d´ennemis qu´ils étaient, Hérode et Pilate sont devenus amis (Lu 23 : 12) : les puissances temporelles se sont liguées contre le Seigneur.

Les Romains ont flagellé le Fils de Dieu. La foule a exigé qu´il fût crucifié, l´accusant de s´être rebellé contre l´empereur en se disant « Rois des Juifs », ce qui était punissable de mort (Jn 19 : 12). Pilate entrevoyait encore une possibilité de relâcher Jésus : Il a laissé à la foule le soin de décider s´il devait libérer Jésus ou Barabbas, un criminel. Excitée par les principaux sacrificateurs et les anciens, la foule a choisi Barrabas. Pour signifier qu´il ne se tenait pas pour responsable de ce qui allait suivre, Pilate s´est lavé les mains en présence de la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. » Et tout le peuple a répondu : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » (Mt 27 : 24-25). Puis Pilate a fait frapper Jésus une fois encore de verges, avant de le remettre aux soldats, pour qu´ils le crucifient.

Le gouverneur romain ayant été partie prenante dans la condamnation et l´exécution de Jésus, celles-ci ne sont pas imputables à Israël seulement, mais aussi à des païens. Par conséquent, c´est l´homme qui est coupable de la mort du Seigneur !

3.4.9.5 La crucifixion et la mort sacrificatoire de Jésus Retour en haut de page

Sur le chemin menant à Golgotha, une grande multitude de gens du peuple suivaient Jésus. S´adressant aux femmes qui pleuraient, le Seigneur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; mais pleurez sur vous et sur vos enfants » (Lu 23 : 28). Il annonçait ainsi la destruction ultérieure de Jérusalem.

Deux malfaiteurs étaient crucifiés en même temps que Jésus ; la croix de Jésus était dressée entre les deux. Ainsi s´est accompli le passage en Esaïe 53 : 12 : Le Seigneur a été mis au nombre des malfaiteurs. Les souffrances atroces de Jésus se sont muées en une cruelle agonie.

Les paroles que Jésus a proférées à la croix témoignent de sa grandeur divine. Alors même qu´il était en proie aux souffrances et à l´agonie, il a encore adopté une attitude de miséricorde, de pardon, d´intercession et de sollicitude envers autrui, manifestant ainsi l´amour et la grâce de Dieu.

La tradition de l´Église a classé les dernières paroles de Jésus, diversement rapportées dans les Évangiles, dans un ordre que nous respectons ci-après :

« Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu´ils font » (Lu 23 : 34)

Le Fils de Dieu, miséricordieux même à la croix, a intercédé auprès de son Père en faveur de tous ceux qui l´avaient fait crucifier, sans avoir conscience de la portée de leurs actes. Ce faisant, Jésus a accompli, d´une manière sans pareille, le commandement de l´amour des ennemis (Mt 5 : 44-45.48).

« Je te le dis en vérité, aujourd´hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lu 23 : 43)

Par ces paroles, le Seigneur s´est adressé au malfaiteur crucifié avec lui, qui avait imploré sa grâce, reconnaissant, face à la mort, en Jésus le Sauveur. Le paradis que le Seigneur ouvrait ainsi à ce pécheur repentant est, conformément à la représentation qu´on en avait alors, le séjour des justes et des pieux dans l´au-delà.

« Femme, voilà ton fils. » - « Voilà ta mère » (Jn 19 : 26-27) :

Face à la mort, Jésus a veillé au devenir de Marie, sa mère, en la confiant à son disciple Jean. Ce geste montre toute la sollicitude et l´amour de Christ s´engageant pour son prochain, au cœur même de sa propre détresse.

La tradition chrétienne voit en Marie le symbole de l´Église. Celle-ci est confiée à la garde et à la protection de l´apostolat représenté par Jean.

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m´as-tu abandonné ? » (Mc 15 : 34)

Par ces paroles extraites du Psaume 22, les Juifs pieux s´adressent à Dieu, à l´approche de leur mort. Ils déplorent ainsi d´une part le sentiment qu´ils ont de son éloignement, mais témoignent cependant d´autre part leur foi en sa toute-puissance et en sa grâce. Par ces mêmes paroles, Jésus s´est adressé à son Père.

Le Psaume 22 évoque par ailleurs les souffrances et la confiance en Dieu du juste ; de surcroît, il annonce, dans beaucoup de ses versets, la mort sacrificatoire de Christ et constitue ainsi un témoignage vétérotestamentaire de Jésus, le Messie.

« J´ai soif » (Jn 19 : 28)

Après que le Seigneur a dit ces mots, la parole en Psaumes 69 : 22 s´est accomplie : « Ils mettent du fiel dans ma nourriture, et, pour apaiser ma soif, ils m´abreuvent de vinaigre. » Au sens figuré, cela signifie que Jésus a dû boire le calice amer jusqu´à la lie ; ce faisant, il a accompli la volonté de son Père à la perfection.

« Tout est accompli » (Jn 19 : 30)

C´était environ à la neuvième heure, soit en début d´après-midi, que ces paroles ont été prononcées. Une étape capitale de l´histoire de la rédemption touchait à sa fin : Jésus a consenti le sacrifice de sa vie pour la rédemption des hommes. Sa mort sacrificatoire met un terme à l´Ancienne Alliance qui avait été conclue avec le peuple d´Israël seulement. La Nouvelle Alliance entre en vigueur (Hé 9 : 16), qui est aussi accessible aux païens.

« Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Lu 23 : 46)

Cette citation du passage en Psaumes 31 : 6 montre que, même en ces instants, Jésus-Christ faisait entièrement confiance à son Père.

Des événements dramatiques ont accompagné la mort du Seigneur : La terre a tremblé, des rochers se sont fendus, le voile qui, dans le temple, séparait le lieu très saint du lieu saint, s´est déchiré. Ce dernier fait signifie, d´une part, que la mort de Christ marque la fin du culte sacrificiel vétérotestamentaire qui n´a désormais plus de sens, car l´Ancienne Alliance est accomplie ; d´autre part, il indique aussi que, par la mort sacrificatoire de Jésus, « une route nouvelle et vivante [...] inaugurée pour nous au travers du voile, c´est-à-dire de sa chair » (Hé 10 : 19-20), donne libre accès au Père.

Impressionnés par tous ces événements, le centenier romain et les soldats qui gardaient Jésus se sont écriés : « Assurément, cet homme était Fils de Dieu » (Mt 27 : 54). Ainsi des païens, témoins de la mort de Jésus, ont-ils attesté qu´il était Fils de Dieu.

Joseph d´Arimathée, membre du sanhédrin, a demandé à Pilate de lui remettre le corps de Jésus, pour l´inhumer. Avec Nicodème, que le Seigneur avait naguère enseigné au sujet de la régénération d´eau et d´Esprit (Jn 3 : 5), il a déposé Jésus dans un sépulcre neuf taillé dans le roc. Une grande pierre a ensuite été roulée devant l´entrée du sépulcre que les principaux sacrificateurs ont fait surveiller par des soldats (cf. Matthieu 27 : 57-66).

Selon le témoignage des Écritures, Jésus a souffert et est mort en lieu et place des hommes ; ses souffrances et sa mort ont donc des effets salvateurs : « Et c´est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n´a point commis de péché, et dans la bouche duquel il ne s´est point trouvé de fraude ; lui qui, injurié, ne rendait point d´injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s´en remettait à celui qui juge justement ; lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris » (1 Pi 2 : 21-24).

Souffrant et mourant, Christ, le médiateur, réconcilie les hommes avec Dieu et crée la rédemption du péché et de la mort. Ainsi s´est accomplie la parole de Jean-Baptiste qui disait : « Voici l´Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jn 1 : 29). Par sa mort sacrificatoire, le Seigneur a brisé le pouvoir de Satan et triomphé de la mort (Hé 2 : 14). Ayant résisté à toutes les tentations de Satan, Jésus-Christ a pu, dans son impeccabilité, se charger des péchés de toute l´humanité (Es 53 : 6), pour acquérir, au prix de son sang, un mérite par lequel toutes les fautes peuvent être effacées : Sa vie, qu´il a donnée pour les pécheurs, en est la rançon. Sa mort sacrificatoire ouvre à l´homme le chemin d´accès à Dieu.

3.4.9.6 Indications vétérotestamentaires au sujet des souffrances et de la mort sacrificatoire de Jésus Retour en haut de page

Le passage en Esaïe 53 décrit le serviteur de Dieu qui est humilié et doit souffrir ; c´est à Jésus-Christ qu´il est fait allusion, « méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance » (verset 3). Son humiliation a pris fin par ses souffrances amères et sa mort : « Cependant, ce sont nos souffrances qu´il a portées, c´est de nos douleurs qu´il s´est chargé ; [...] Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c´est par ses meurtrissures que nous sommes guéris » (versets 4-5) : c´est le calvaire de Christ et sa mort sacrificatoire qui sont préfigurés ici.

Après la mort de Jésus, un soldat lui a enfoncé sa lance dans le côté, accomplissant ainsi la prophétie en Zacharie 12 : 10 : « Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu´ils ont percé. » Contrairement à ce qu´ils ont fait aux deux malfaiteurs crucifiés avec lui, les soldats n´ont pas brisé les jambes de Jésus ; ceci était préfiguré par la première Pâque, où Dieu avait ordonné la manière dont il fallait manger l´agneau (Ex 12 : 46 ; Jn 19 : 36).

Ces exemples montrent que l´Ancien Testament ne se contente pas de décrire le déroulement de l´histoire du peuple d´Israël : A le lire à partir de la croix, on reconnaît qu´il est focalisé sur Jésus-Christ. C´est en Jésus-Christ que l´Ancien Testament trouve son accomplissement (cf. aussi 1.2.5.2).

3.4.9.7 Les indications données par Jésus au sujet de ses souffrances et de sa mort Retour en haut de page

Les Évangiles rapportent qu´à diverses occasions le Seigneur a annoncé ses souffrances et sa mort ainsi que sa résurrection. Citons, pour l´exemple, celles-ci :

  • Après la profession de foi de Pierre en Jésus : « [Tu es] le Christ de Dieu », le Seigneur a révélé à ses disciples « qu´il fallait que le Fils de l´homme souffre beaucoup, qu´il soit rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu´il soit mis à mort, et qu´il ressuscite le troisième jour » (Lu 9 : 22).

  • Après les événements qui se sont déroulés sur la montagne de la Transfiguration, Jésus a enseigné à ses disciples : « Le Fils de l´homme sera livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et, trois jours après qu´il aura été mis à mort, il ressuscitera » (Mc 9 : 31).

  • Avant son entrée à Jérusalem, le Seigneur s´est adressé aux Douze, en leur disant : « ... le Fils de l´homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens, pour qu´ils se moquent de lui, le battent de verges, et le crucifient ; et le troisième jour il ressuscitera » (Mt 20 : 18-19).

  • Lorsque les scribes et les pharisiens ont voulu le voir faire un miracle, Jésus les a renvoyés à l´histoire du prophète Jonas : « Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d´un grand poisson, de même le Fils de l´homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre » (Mt 12 : 40).

  • Il s´est exprimé d´une manière semblable lors de la purification du temple : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai » (Jn 2 : 19). C´est seulement après sa résurrection que ses disciples ont compris qu´il avait parlé du temple de son corps (Jn 2 : 21-22).

3.4.9.8 Les indications au sujet de la mort sacrificatoire de Jésus dans les épîtres des apôtres Retour en haut de page

La mort sacrificatoire de Jésus et la voie, ouverte par elle, de la rédemption des hommes sont des thèmes majeurs des épîtres des apôtres. Ainsi est-il dit en I Jean 3 : 16 : « Nous avons connu l´amour, en ce qu´il a donné sa vie pour nous » (cf. 1 Pi 2 : 21-24).

L´épître aux Hébreux compare la Nouvelle Alliance à l´Ancienne et place le sacrifice de Christ au cœur de l´histoire de la rédemption. Les souverains sacrificateurs de l´Ancienne Alliance étaient pécheurs et mortels ; leur sacerdoce avait une fin. Jésus-Christ au contraire est exempt de péché et immortel ; son sacerdoce est éternel. Les sacrificateurs de l´Ancienne Alliance devaient sans cesse renouveler leurs sacrifices ; en revanche, le sacrifice de Christ a été consenti une fois pour toutes et est éternellement valable (Hé 9).

Si, dans leurs épîtres, les apôtres ont fait des déclarations au sujet de la mort sacrificatoire de Jésus, c´était aussi à cause des hérésies qui commençaient à se répandre. S´est développée ainsi l´idée d´un messager venu en ce monde en prenant simplement l´apparence humaine, sans souffrir ni mourir à la croix ; d´autres hérésies niaient la résurrection du Seigneur. A ceci, l´apôtre Paul oppose l´argument « que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; qu´il a été enseveli, et qu´il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures » (1 Co 15 : 3-4).

Dans II Corinthiens 5 : 19 est décrite la portée de la mort sacrificatoire de Jésus : « Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même. »

3.4.9.9 La croix Retour en haut de page

Jésus-Christ est au cœur de l´Évangile : par sa mort à la croix et sa résurrection, il a créé un salut éternel. La croix de Christ devient ainsi le symbole même de la démarche réconciliatrice de Dieu envers les hommes pécheurs. Les paroles de l´apôtre Paul en I Corinthiens 1 : 18 font état de compréhensions opposées de la mort à la croix : « Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés elle est une puissance de Dieu. » La mort à la croix était communément comprise comme l´échec, la fin ignominieuse d´un homme méprisé et exclu de la société humaine ; or, dans ce cas précis, cet échec apparent est en réalité, selon la sagesse de Dieu, une victoire fondant une œuvre de rédemption d´une grandeur inconcevable.

Par la résurrection, Dieu a confirmé le Crucifié comme étant le Christ (Ac 2 : 36) ; il n´y a de salut qu´en lui.

EN BREF Retour en haut de page

Les Évangiles décrivent en détail les derniers jours qui précèdent la mort sacrificatoire de Jésus-Christ : dans le cercle de ses apôtres, Jésus-Christ institue la sainte cène. Lors de son arrestation, il est trahi par Judas Iscariot. Le sanhédrin l´accuse de blasphème. (3.4.9.1; 3.4.9.2; 3.4.9.3)

En raison de l´intervention du gouverneur romain Ponce Pilate, la condamnation et l´exécution de Jésus ne sont pas du seul fait d´Israël ; des païens y ont aussi contribué. C´est donc l´homme qui est coupable de la mort du Seigneur. (3.4.9.4)

C´est en lieu et place des hommes que Jésus a souffert et qu´il est mort ; ses souffrances et sa mort sont donc salvifiques. Souffrant et mourant, Jésus-Christ, le Médiateur, réconcilie les hommes avec Dieu et crée la rédemption du péché et de la mort. Sa mort sacrificatoire à la croix ouvre aux hommes le chemin d´accès à Dieu. (3.4.9.5)

La mort sacrificatoire de Jésus confirme les indications vétérotestamentaires. Jésus avait lui-même annoncé ses souffrances et sa mort ainsi que sa résurrection. Les épîtres des apôtres décrivent l´importance et la signification de la mort sacrificatoire de Jésus. (3.4.9.6; 3.4.9.7; 3.4.9.8)

La croix de Christ devient le symbole même de la démarche réconciliatrice de Dieu envers les hommes pécheurs. (3.4.9.9)

3.4.10 L´activité de Jésus-Christ dans le séjour des morts Retour en haut de page

En I Pierre 3 : 18-20, il est dit qu´après sa mort à la croix le Fils de Dieu est allé prêcher à ceux qui avaient été désobéissants à l´époque de Noé. Il l´a fait en vue de leur proposer le salut : « Car l´Évangile fut aussi annoncé aux morts, afin qu´après avoir été jugés comme les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu par l´esprit » (1 Pi 4 : 6). L´agir salvifique de Christ englobe donc aussi les morts. Comme il s´était tourné vers les pécheurs sur la terre, le Fils de Dieu l´a fait aussi envers ceux qui, au cours de leur vie terrestre, n´avaient pas tenu compte de la volonté divine.

Depuis que Jésus a consenti le sacrifice de sa vie, la rédemption est possible aussi pour les morts (cf. 9.6). Lui-même a dit : « L´heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l´auront entendue vivront » (Jn 5 : 25).

Par sa mort sacrificatoire, le Fils de Dieu a privé le diable de la puissance de la mort (Hé 2 : 14-15). Lui, Jésus-Christ, détient les clés de la mort et du séjour des morts (Ap 1 : 18). « Détenir les clés » signifie exercer le pouvoir.

En Romains 14 : 9, il est dit : « Car Christ est mort et il est revenu à la vie, afin de dominer sur les morts et sur les vivants. » En sa qualité de Seigneur, il a été souverainement élevé au-dessus de tous par son Père : Dieu « lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu´au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre » (Ph 2 : 9-10).

L´entrée du Fils de Dieu dans le séjour des morts constitue le triomphe du vainqueur de Golgotha qui a brisé le pouvoir de la mort et l´a privée de son irrévocabilité.

EN BREF Retour en haut de page

L´agir salvifique de Christ englobe aussi les morts. (3.4.10)

Jésus-Christ détient les clés de la mort et du séjour des morts. L´entrée du Fils de Dieu dans le séjour des morts constitue le triomphe du vainqueur de Golgotha qui a brisé le pouvoir de la mort et l´a privée de son irrévocabilité. (3.4.10)

3.4.11 La résurrection de Jésus-Christ Retour en haut de page

La résurrection de Jésus-Christ est l´acte, sans précédent, accompli par la Trinité divine :

  • Il révèle, d´une part, le pouvoir de Dieu, le Père : C´est lui qui ressuscite Jésus d´entre les morts (Ac 5 : 30-32).

  • Il est, d´autre part, l´accomplissement de ces paroles de Dieu, le Fils : « J´ai le pouvoir de la [= ma vie] donner, et j´ai le pouvoir de la reprendre » (Jn 10 : 18).

  • Il atteste enfin l´activité de Dieu, le Saint-Esprit : « Et si l´Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d´entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d´entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous » (Ro 8 : 11).

Jésus-Christ est ressuscité, sans qu´aucun être humain n´ait été témoin de ce processus. Cependant, l´Écriture sainte fourmille de preuves de la résurrection du Fils de Dieu. L´une d´elles est le tombeau vide, attesté par des femmes et des hommes, disciples du Seigneur. D´autres preuves en sont les différentes apparitions du Seigneur, au cours des quarante jours qui séparent sa résurrection de son ascension. La résurrection de Jésus-Christ n´est pas un doux rêve de ses adeptes, dans le but de faire croire la postérité à un miracle ; elle ne relève pas non plus de la mythologie : La résurrection de Christ est une réalité historique ; elle a réellement eu lieu.

3.4.11.1 L´importance de la résurrection de Jésus-Christ en vue du salut Retour en haut de page

La résurrection de Jésus atteste le pouvoir de Dieu sur la mort. Ce pouvoir est immanent au Fils de Dieu.

La résurrection de Jésus-Christ est l´accomplissement à la fois de promesses vétérotestamentaires (Lu 24 : 44-46 ; Os 6 : 2) et de prédictions faites par le Fils de Dieu lui-même (Mc 9 : 30-31 ; 10 : 34).

Croire en Jésus-Christ sans croire à sa résurrection n´a pas de sens : « Et si Christ n´est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine » (1 Co 15 : 14). C´est la résurrection de Christ seulement qui fonde l´espérance du croyant en la vie éternelle, car elle crée la possibilité d´abolir la mort consécutive à la chute d´Adam dans le péché et la séparation d´avec Dieu qui en résulte pour l´homme (1 Co 15 : 21-22).

La profession de foi en Jésus comme étant le Christ et la foi en sa résurrection revêtent une importance fondamentale en vue du salut de l´homme (1 Pi 1 : 3-12). Cette foi en la résurrection de Christ comme prémices d´entre les morts constitue le fondement de la foi en la résurrection des morts en Christ et en la transformation des vivants lors de son retour : « Les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés » (1 Co 15 : 52).

3.4.11.2 Les apparitions du Ressuscité Retour en haut de page

Lorsque Marie de Magdala et d´autres femmes se sont rendues au sépulcre, au lever du jour, elles ont vu que la pierre avait été roulée de l´entrée et que le sépulcre était vide. Elles sont, par conséquent, les premiers témoins du fait que la résurrection de Jésus a eu lieu. Un ange leur a dit que Jésus était ressuscité (Mt 28 : 5-6). Par la suite, le Ressuscité s´est fait connaître à Marie de Magdala ; il est apparu à Pierre et aux autres apôtres.

Les apparitions du Seigneur postérieures à Pâques attestent que Jésus-Christ est réellement ressuscité. Il s´est montré à des personnes concrètes, nommément citées, qui l´ont reconnu. Dès lors, la spéculation, selon laquelle les disciples auraient subtilisé son corps pour faire croire qu´il était ressuscité, était privée de tout fondement (Mt 28 : 11-15).

Lors de ses apparitions, le Fils de Dieu ressuscité donnait des repères à ses disciples et leur indiquait ce qu´ils devraient faire à l´avenir. Il les enseignait et leur conférait des pouvoirs, des mandats et des missions.

Aux disciples qui faisaient route vers Emmaüs, le Seigneur a expliqué l´Écriture ; il a aussi rompu le pain avec eux (Lu 24 : 25-35).

Le soir du jour où il est ressuscité, il s´est présenté parmi ses disciples. Sa parole de salutation : « La paix soit avec vous ! » les a rassurés et réconfortés. Le Seigneur leur a donné la mission : « Comme le Père m´a envoyé, moi aussi je vous envoie. » En sa qualité de Ressuscité qui domine sur la mort et le péché, il a conféré aux apôtres mandat et pouvoir d´agir, en soufflant sur eux et en disant : « Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20 : 19-23).

En une autre occasion, le Seigneur est apparu à quelques disciples au bord du lac de Tibériade. L´apôtre Pierre s´est vu confier la mission de paître les agneaux et les brebis de Christ, c´est-à-dire de prendre soin de l´Église (Jn 21 : 15-17).

Le Seigneur ressuscité s´est montré à ses apôtres : « Il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu » (Ac 1 : 3 ; cf. Jn 21 : 1-14).

Ce témoignage de la résurrection de Christ, les apôtres l´ont apporté au monde. En I Corinthiens 15 : 6, l´apôtre Paul affirme que le Seigneur, le Ressuscité, a été vu par plus de cinq cents frères à la fois, puis il rapporte enfin qu´il l´a vu lui-même, faisant allusion à ce qui s´était passé aux portes de Damas (Ac 9 : 3-6), événement d´une qualité tout autre : il s´était agi d´une révélation, du haut du ciel, du Christ élevé. Est cependant témoin, au sens strict, de la résurrection de Christ celui-là seulement qui a vu Christ ici-bas, pendant la période allant de sa résurrection à son ascension.

3.4.11.3 Le corps de résurrection de Jésus-Christ Retour en haut de page

Le corps de résurrection de Jésus-Christ est un corps glorieux. Sa résurrection n´est pas synonyme de retour à l´existence terrestre ; elle est fondamentalement différente du retour à la vie de Lazare par exemple (Jn 11 : 17-44), qui est mort une seconde fois par la suite. Christ, le Ressuscité, a définitivement échappé à la mort : Nous savons « que Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n´a plus de pouvoir sur lui » (Ro 6 : 9). Dieu a ressuscité Jésus, sans abandonner son corps à la corruption (Ac 13 : 34-35).

Christ vit par la puissance de Dieu (2 Co 13 : 4). Après sa résurrection, son corps glorieux échappe à la finitude et à la mortalité propres à la chair, pour n´être plus lié ni à l´espace ni au temps. C´est revêtu de ce corps que le Seigneur s´est présenté parmi ses disciples (Lu 24 : 36), qu´il a traversé des portes fermées (Jn 20 : 19.26), rompu le pain avec ses disciples (Lu 24 : 30), leur montrant les marques de ses plaies et mangeant avec eux (Lu 24 : 40-43). Il leur a montré de cette sorte qu´ils n´avaient pas affaire à un « esprit », mais bel et bien à Jésus-Christ, dans sa présence corporelle.

C´est à ce corps de résurrection de Christ que l´apôtre Paul compare le corps que revêtiront les morts en Christ après leur résurrection. Il s´agit d´un corps spirituel qui ressuscitera en gloire et en force (1 Co 15 : 42-44). Lors de leur transformation, au retour de Christ, les vivants recevront un corps semblable au corps glorieux de Christ (Ph 3 : 21).

3.4.12 L´ascension de Jésus-Christ Retour en haut de page

Quarante jours après sa résurrection, Jésus-Christ, quittant le cercle de ses apôtres, est monté au ciel, auprès de son Père. Les dernières injonctions qu´il leur a faites ont été « de ne pas s´éloigner de Jérusalem, mais d´attendre ce que le Père avait promis », car « dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit » (Ac 1 : 4-5).

Tandis qu´il les bénissait, il a été élevé au ciel, et une nuée l´a dérobé à leurs yeux. Ils le suivaient encore des yeux, lorsque deux hommes vêtus de blanc sont apparus pour leur dire : « Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l´avez vu allant au ciel » (Ac 1 : 11). A la différence de la résurrection qui a eu lieu sans témoin, les apôtres ont directement assisté à l´ascension de Jésus-Christ. Ils ont vu que le Ressuscité a été élevé et est retourné auprès du Père. La nature humaine du Seigneur est définitivement entrée dans la gloire divine. Les paroles se sont accomplies : « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père » (Jn 16 : 28).

En Marc 16 : 19, il est dit : « Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s´assit à la droite de Dieu. » Contrairement au souverain sacrificateur de l´Ancienne Alliance, il n´est pas entré dans un sanctuaire fait de main d´homme, « mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu » (Hé 9 : 24). A la droite de Dieu, il défend ses élus (Ro 8 : 33-34).

L´image du Christ assis à la droite de Dieu montre qu´il a part à la plénitude du pouvoir et à la gloire de Dieu, le Père. Or, cette gloire, il la partagera à l´avenir avec les siens : « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m´as donnés soient aussi avec moi, afin qu´ils voient ma gloire » (Jn 17 : 24). Cela se produira, lorsque Christ prendra les siens, parmi les morts et les vivants, auprès de lui, et qu´ils seront alors pour toujours avec lui (1 Th 4 : 15-17).

EN BREF Retour en haut de page

La résurrection de Jésus-Christ est un acte accompli par la Trinité divine. Il s´est produit sans aucun témoin ; en revanche, le Ressuscité a été vu par de nombreux témoins. Sa résurrection n´est ni un doux rêve ni ne relève de la mythologie : elle a réellement eu lieu. (3.4.11)

Grâce à la résurrection de Jésus, le croyant est légitimement en droit d´espérer en la vie éternelle : la possibilité est ainsi créée d´abolir la mort due à la chute d´Adam dans le péché et la séparation d´avec Dieu qui en a résulté pour l´homme. (3.4.11.1)

La foi en la résurrection de Christ, les prémices, est le fondement de la foi en la résurrection des morts en Christ et en la transformation des vivants lors de son retour (3.4.11.1)

Le Seigneur ressuscité apparaît aux hommes et aux femmes qui sont ses disciples ; le Nouveau Testament atteste à de nombreuses reprises leurs rencontres avec le Ressuscité. Ce témoignage de la résurrection de Christ, les apôtres l´ont diffusé à travers le monde. (3.4.11.2)

Après la résurrection, le corps glorieux de Jésus échappe à la finitude et à la mortalité de la chair ; il n´est lié ni à l´espace ni au temps. (3.4.11.3)

Quarante jours après sa résurrection, Jésus-Christ a quitté le cercle de ses apôtres pour monter vers Dieu, son père, au ciel : la nature humaine du Seigneur est ainsi entrée définitivement dans la gloire divine. (3.4.12)

A la différence de la résurrection qui a eu lieu sans témoin, les apôtres ont directement assisté à l´ascension de Jésus-Christ, lors de laquelle son retour leur a été promis. (3.4.12)

3.4.13 Jésus-Christ, la tête de l´Église Retour en haut de page

Jésus-Christ est retourné auprès de son Père ; par le Saint-Esprit, il est présent sur terre même après son ascension. Lui, à qui tout pouvoir est donné dans le ciel et sur la terre, tient ainsi sa promesse : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu´à la fin du monde » (Mt 28 : 20). Le Saint-Esprit glorifie Christ (Jn 16 : 14) et atteste sa présence dans l´Église.

L´apôtre Paul utilise à diverses reprises l´image du « corps de Christ » pour désigner l´Église. Dans un hymne, un chant de louange en l´honneur de Dieu, Christ est ainsi célébré comme étant « la tête du corps de l´Église » (Col 1 : 18).

L´Église du Seigneur a beaucoup de membres tout en n´étant qu´un seul corps : « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps » (1 Co 12 : 13). Ce symbolisme montre que l´Église du Seigneur n´est ni une institution ni une organisation. L´Église du Seigneur est bien plus que la somme de ses membres : elle est un organisme vivant dirigé par Christ, sa tête. Elle est don de Dieu ; l´homme ne peut pas en disposer à sa guise (cf. 6).

3.4.14 Jésus-Christ, le chef de la création Retour en haut de page

Selon Éphésiens 1 : 20-23, Christ est placé à la tête de toutes choses, « au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui peut être nommé, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. » Étant le « Logos » (cf. 3.4.2), Christ est le premier-né de toute la création : « En lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, [...]. Tout a été créé par lui et pour lui » (Col 1 : 16). Par lui, Dieu a créé l´univers (Hé 1 : 2). En sa qualité de chef de la création, Christ conduit l´être humain voué au péché hors de la servitude de la corruption dans la glorieuse liberté des enfants de Dieu (Ro 8 : 19-22). Cela se révélera aussi à l´avantage de la créature et se réalisera dans la nouvelle création : « La mort ne sera plus ; il n´y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu » (Ap 21 : 4).

EN BREF Retour en haut de page

Par le Saint-Esprit, Jésus-Christ est présent sur la terre même après son ascension. (3.4.13)

Le Nouveau Testament véhicule l´image du « corps de Christ ». Elle n´est ni une institution ni une organisation, mais un organisme vivant dirigé par Christ, sa tête. (3.4.13)

Étant le « Logos », Christ est le premier-né de toute la création. C´est par lui que Dieu a créé l´univers. (3.4.14)

3.4.15 La promesse du retour de Jésus-Christ Retour en haut de page

La promesse du retour de Jésus-Christ est un élément central du kérygme. Les expressions : « jour du Seigneur », « jour de Christ », « avènement de notre Seigneur », « manifestation de la gloire de Christ », « apparition de notre Seigneur », « retour du Seigneur » décrivent toutes le même événement : Christ revient pour prendre les siens d´entre les morts et les vivants auprès de lui. Cet événement n´est pas le Jugement Dernier, mais l´enlèvement de l´Épouse de Christ pour les noces de l´Agneau (Ap 19 : 7).

Ils sont variés, les témoignages bibliques au sujet de la promesse du retour de Christ et ils se retrouvent tout au long du Nouveau Testament :

  • C´est d´abord le Seigneur lui-même qui a dit à ses apôtres : « Et, lorsque je m´en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi » (Jn 14 : 3). Et d´appeler ses disciples à la vigilance et à la préparation : « Vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l´homme viendra à l´heure où vous n´y penserez pas » (Lu 12 : 40). Les paraboles de la venue du Fils de l´homme (cf. 3.4.8.6) mettent l´accent sur le fait que le jour de Christ aura lieu soudainement et produira une séparation : Certains seront acceptés, d´autres laissés.

  • Ce sont ensuite les anges qui, lors de l´ascension de Jésus, annoncent son retour (Ac 1 : 11).

  • La promesse du retour de Christ est enfin confirmée dans les épîtres des apôtres : Ainsi par exemple le passage en I Jean 3 : 2 donne-t-il une description concise de l´avenir grandiose des enfants de Dieu qui, parvenus à la perfection, seront semblables au Seigneur. L´apôtre Jacques, lui, exhorte à patienter jusqu´à la venue du Seigneur, « car l´avènement du Seigneur est proche » (Ja 5 : 8). L´auteur de l´épître aux Hébreux appelle également à la patience : « Encore un peu, un peu de temps, celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas » (Hé 10 : 37). Christ « apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l´attendent pour leur salut » (Hé 9 : 28).

  • La seconde épître de Pierre est dirigée contre tous ceux qui nient l´accomplissement de la promesse du retour de Christ ; elle exclut aussi tout retard dans son accomplissement (2 Pi 3 : 9).

  • L´apôtre Paul confirme la promesse du retour de Christ et en fait mention à maintes reprises dans ses épîtres. Il y formule des déclarations concrètes au sujet de la résurrection des morts en Christ et de la transformation des vivants qui auront lieu au jour du Seigneur (1 Th 4 : 13-18). Ce jour viendra comme un voleur dans la nuit (1 Th 5 : 2). Sa première épître aux Corinthiens, l´apôtre la conclut par cette salutation : « Maranatha ! », c´est-à-dire : « Notre Seigneur vient » (1 Co 16 : 22).

  • Dans l´Apocalypse de Jean, c´est à nouveau le Fils de Dieu qui révèle « les choses qui doivent arriver bientôt » (Ap 1 : 1). L´appel : « Voici, je viens bientôt ! » est le message central de l´Apocalypse ; l´Esprit et l´Épouse y répondent en ces termes : « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22 : 20).

Les passages bibliques cités ci-dessus parlent du retour de Christ comme d´un événement proche et certain, vecteur du salut et de la communion avec Christ, et, par conséquent, source de réconfort dans les détresses (Ro 8 : 17-18). La promesse du retour de Christ est ainsi une Bonne Nouvelle adressée à tous les hommes. Ceux qui auront reçu Christ, qui porteront en eux son Esprit et sa vie, et qui, en dépit de leur condition de pécheurs, se seront accrochés à la parole : « Christ en vous, l´espérance de la gloire » (Col 1 : 27) vivront la réalisation de cette promesse.

EN BREF Retour en haut de page

La promesse du retour de Christ est l´élément central de la proclamation néotestamentaire. Il convient de distinguer ce retour de Christ du Jugement Dernier. Christ revient pour prendre auprès de lui, d´entre les morts et les vivants, ceux qui sont animés de son Esprit et de sa vie. (3.4.15)

Les témoignages au sujet du retour de Christ sont présents tout au long du Nouveau Testament. Il y est décrit comme un événement proche et certain. (3.4.15)

3.5 Dieu, le Saint-Esprit Retour en haut de page

L´Écriture sainte rend témoignage, en de nombreux passages, de l´Esprit-Saint, de l´Esprit de Dieu. Elle atteste que seul l´Esprit de Dieu est en mesure de susciter la connaissance de Dieu : « Personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n´est l´Esprit de Dieu » (1 Co 2 : 11). L´apôtre Paul attribue au Saint-Esprit seul la révélation de la connaissance que Jésus est le Seigneur : « [...] personne ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n´est par le Saint-Esprit » (1 Co 12 : 3).

Dans l´article 3 de la confession de foi, il est dit : « Je crois au Saint-Esprit », ce qui correspond aux termes du symbole des Apôtres (cf. 2.2.1). La formulation du symbole de Nicée-Constantinople est plus détaillée : « Je crois en l'Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui procède du Père et du Fils, qui reçoit même adoration et même gloire, qui a parlé par les Prophètes. »

Le Saint-Esprit est vrai Dieu. Il procède du Père et du Fils et vit en éternelle communion avec eux. Il participe à la création (cf. 3.3.1) et à l´histoire de la rédemption. Le Saint-Esprit est une Personne divine (cf. 3.3.1) à qui sont dues même adoration et même gloire qu´au Père et au Fils.

Dans la Bible, le Saint-Esprit est aussi désigné par les dénominations suivantes : « Esprit de Dieu » (Ge 1 : 2 ; Ro 15 : 19 notamment), « Esprit de l´Eternel » (1 S 16 : 13), « Esprit du Seigneur » (2 Co 3 : 17), « Esprit de vérité » (Jn 16 : 13), « Esprit de [Jésus-] Christ » (Ro 8 : 9 ; Ph 1 : 19), « Esprit du Fils » (Ga 4 : 6) et encore « Esprit de gloire » (1 Pi 4 : 14).

Le Nouveau Testament parle du Saint-Esprit comme étant le consolateur qui demeure éternellement (Jn 14 : 16) et aussi une « puissance » et un « don de Dieu » (Ac 1 : 8 ; 2 : 38). Cette puissance de Dieu est promise et envoyée par le Père et le Fils. C´est sous la forme de puissance et de don que le Saint-Esprit est dispensé lors du saint-scellé qui, avec le saint baptême d´eau, constitue la régénération d´eau et d´Esprit, par laquelle le croyant obtient la filiation divine.

3.5.1 Le Saint-Esprit, Personne divine Retour en haut de page

Dieu s´est révélé à l´être humain dès le commencement (cf. 1.1). Dès la création, Dieu parle et agit comme une personne. Cette personnalité est intrinsèque à la nature de Dieu (cf. 3.2.4) et se révèle dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Comme le Père et le Fils, le Saint-Esprit est locuteur et régnant, interlocuteur et adoré ; il est aussi « Seigneur » (2 Co 3 : 17).

Le Saint-Esprit participe de la majesté divine. On peut déduire, de l´indication de l´apôtre Pierre en Actes 5 : 3-4, que mentir au Saint-Esprit, c´est mentir à Dieu. Le Saint-Esprit est une Personne, puisqu´il envoie des hommes annoncer l´Évangile (Ac 13 : 4), qu´il peut se communiquer à l´esprit humain (Ro 8 : 16) et qu´il représente le priant devant Dieu (Ro 8 : 26).

L´action du Saint-Esprit est perceptible dans

  • l´incarnation de Jésus-Christ,

  • les révélations divines passées et présentes,

  • l´envoi et l´activité des apôtres,

  • les sacrements,

  • la parole prêchée, et plus particulièrement dans l´entretien de la promesse de Christ de revenir.

3.5.1.1 Le Saint-Esprit dans l´unité avec le Père et le Fils Retour en haut de page

Le symbole de Nicée-Constantinople (cf. 2.2.2) dit que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. Le Père et le Fils sont également mandants du Saint-Esprit, selon ces paroles de Jésus : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l´Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi » (Jn 15 : 26). Le Saint-Esprit vient du Père (Jn 14 : 26) et est envoyé par le Fils, dont il procède donc également (Jn 16 : 7). Par conséquent, le Saint-Esprit est à la fois l´Esprit du Père et l´Esprit du Fils. C´est ce qu´expriment aussi ces paroles de Jésus : « Il me glorifiera, parce qu´il prendra de ce qui est à moi, et vous l´annoncera. Tout ce que le Père a est à moi » (Jn 16 : 14-15).

C´est seulement en tenant compte de son unité de nature avec le Père et le Fils que l´on peut comprendre ce qu´est le Saint-Esprit. Comme le Père et le Fils, le Saint-Esprit est « vrai Dieu du vrai Dieu ». Il est incréé et de même nature que le Père et le Fils, et, comme eux, il agit éternellement.

3.5.1.2 Le Saint-Esprit et l´incarnation du Fils de Dieu Retour en haut de page

L´incarnation de Dieu en Jésus-Christ est un événement capital de l´histoire de la rédemption. La vierge Marie est devenue enceinte par la vertu du Saint-Esprit (Mt 1 : 18 ; Lu 1 : 35). Cette déclaration biblique est reprise dans la confession de foi néo-apostolique en les termes : « Je crois en Jésus-Christ, [...] qui a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la vierge Marie. »

C´est aussi le Saint-Esprit qui atteste l´envoi du Fils. L´autorité divine du Fils de Dieu fait homme est rendue visible par la descente de l´Esprit sur Jésus lors de son baptême dans le Jourdain (Mt 3 : 16-17 ; Jn 1 : 32-34). Ainsi s´accomplit à l´égard de Jésus, selon sa nature humaine, l´onction du Saint-Esprit, par laquelle Dieu confirme Jésus comme étant le Messie, l´ « Oint ». Dans la maison de Corneille, l´apôtre Pierre a enseigné ceci : « Vous savez ce qui est arrivé dans toute la Judée, après avoir commencé en Galilée, à la suite du baptême que Jean a prêché ; vous savez comment Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth... » (Ac 10 : 37-38). Les Évangiles attestent que le Saint-Esprit est présent à demeure en le Fils de Dieu incarné (notamment Lu 4 : 1.14.18.21).

EN BREF Retour en haut de page

La Bible atteste que seul l´Esprit de Dieu est en mesure de susciter la connaissance de Dieu. (3.5)

Le Saint-Esprit est vrai Dieu. Il procède du Père et du Fils et vit en éternelle communion avec eux. Le Saint-Esprit est une Personne divine à qui reviennent même adoration et même gloire qu´au Père et au Fils. (3.5)

Le Nouveau Testament parle du Saint-Esprit comme étant le « Consolateur » qui demeure éternellement et aussi une « puissance » et un « don de Dieu ». C´est sous la forme de puissance et de don que le Saint-Esprit est dispensé lors du saint-scellé. (3.5)

La personnalité est intrinsèque à la nature de Dieu et se révèle dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit. (3.5.1)

Le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. Comme le Père et le Fils, le Saint-Esprit est vrai Dieu du vrai Dieu. Il est incréé et de même nature que le Père et le Fils, et, comme eux, il agit éternellement. (3.5.1.1)

L´incarnation de Dieu en Jésus-Christ est l´œuvre du Saint-Esprit, car c´est par sa vertu que la vierge Marie est devenue enceinte. Le Saint-Esprit a attesté l´envoi du Fils lors du baptême de Jésus dans le Jourdain. Ainsi s´est accompli à l´égard de Jésus, selon sa nature humaine, l´onction du Saint-Esprit, par laquelle Dieu confirme Jésus comme étant le Messie, l´ « Oint ». (3.5.1.2)

3.5.2 Le Saint-Esprit, puissance de Dieu — Le don du Saint-Esprit Retour en haut de page

Le mot grec « pneuma », généralement traduit par « esprit », tout comme l´hébreu « ruah » et le latin « spiritus », signifient notamment : « vent, souffle, haleine, force vitale ». C´est en Genèse 2 : 7 qu´il est question de l´Esprit comme du « souffle de vie ». Il produit la vie et prouve ainsi qu´il est une force vitale divine.

Au fil de l´histoire de la rédemption, l´Esprit de Dieu est reconnaissable comme étant une puissance qui s´empare de l´homme et le rend capable d´être un instrument de Dieu. Cette puissance est en mesure d´influencer l´être humain, de le remplir, voire de le renouveler (Tit 3 : 5).

Jésus-Christ agissait dans la puissance de l´Esprit ; il était « revêtu de la puissance de l´Esprit » (Lu 4 : 14 ; 5 : 17). Peu avant son ascension, le Ressuscité a fait la promesse à ses apôtres : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous » (Ac 1 : 8).

Après son discours de la Pentecôte, l´apôtre Pierre a promis à ceux qui se feraient baptiser qu´ils recevraient le don du Saint-Esprit (Ac 2 : 38).

Ce don, Dieu l´accorde par l´imposition des mains et la prière d´un apôtre, comme le montrent, de manière exemplaire, les faits qui se sont déroulés en Samarie (Ac 8 : 14-17). Le croyant est ainsi rempli à la fois du Saint-Esprit et de l´amour de Dieu (Ro 5 : 5).

Il faut faire la distinction entre le Saint-Esprit, don de Dieu, et le Saint-Esprit, Personne de la Trinité divine. Le don du Saint-Esprit qui est transmis au croyant procède de Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

3.5.3 Témoignages de l´activité du Saint-Esprit aux temps vétérotestamentaires Retour en haut de page

Puisqu´il existe éternellement dans l´unité avec le Père et le Fils, le Saint-Esprit a agi et agit encore dans la création et l´histoire de la rédemption. Aussi l´Écriture sainte atteste-t-elle à de multiples reprises l´activité de cet Esprit aux temps vétérotestamentaires ; or, à cette époque-là, nul n´avait encore eu connaissance de la Trinité divine, et il n´y avait pas de transmission de l´Esprit, au sens néotestamentaire du terme. Au temps de l´Ancienne Alliance, le Saint-Esprit est à l´origine de promesses qui concernaient la venue du Messie et l´instauration de la Nouvelle Alliance.

3.5.3.1 L´Esprit de Dieu Retour en haut de page

« La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l´abîme, et l´Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » (Ge 1 : 2). Cette indication montre que la Trinité divine - à savoir le Père, le Fils et le Saint-Esprit - déploie une activité créatrice (cf. Ge 1 : 26).

Lorsque l´Ancien Testament parle de l´ « Esprit de Dieu », il désigne le Saint-Esprit. Celui-ci n´y est pas encore mis en lumière dans sa dimension de Personne divine, mais il y est décrit comme une force qui dispense la vie.

Des exemples de l´activité de l´Esprit de Dieu sont parvenus jusqu´à nous du temps de Moïse (Ex 31 : 3 ; No 11 : 25-29), et des Juges en Israël (Jg 3 : 10 ; 6 : 34 ; 11 : 29 ; 13 : 25) qui, saisis par l´Esprit de Dieu, ont conduit le peuple de l´Eternel avec force et courage au cours des guerres qui l´opposaient à ses ennemis.

De même, des rois du peuple d´Israël ont été remplis de l´Esprit de Dieu, notamment Saül (1 S 10 : 6) et David (1 S 16 : 13). Par la suite, Jésus-Christ évoquera l´activité du Saint-Esprit à travers le roi David, en disant : « David lui-même, animé par l´Esprit-Saint, a dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu´à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied » (Mc 12 : 36). Ici comme dans d´autres passages encore du Nouveau Testament (Ac 1 : 16 et 4 : 25 notamment), il devient évident que David, inspiré par le Saint-Esprit, donnait déjà des indications au sujet de Jésus-Christ.

Aux temps vétérotestamentaires, le Saint-Esprit remplissait l´être humain épisodiquement seulement et ne restait pas à demeure en lui, sous la forme d´un don sacramentel, comme c´est le cas sous la Nouvelle Alliance (1 S 16 : 14 ; Ps 51 : 13).

3.5.3.2 L´activité du Saint-Esprit à travers les prophètes vétérotestamentaires Retour en haut de page

Tant l´Ancien que le Nouveau Testament attestent que le Saint-Esprit a agi et parlé à travers les prophètes (Ez 11 : 5 ; Mi 3 : 8 ; Za 7 : 12 ; Ac 28 : 25). Le Nouveau Testament souligne le fait que les prophètes annonçaient Jésus-Christ : « Mais Dieu a accompli de la sorte ce qu´il avait annoncé d´avance par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ devait souffrir » (Ac 3 : 18).

EN BREF Retour en haut de page

Jésus-Christ agissait dans la puissance de l´Esprit. Avant son ascension, il a promis aux apôtres que la puissance du Saint-Esprit surviendrait sur eux. (3.5.2)

Le don du Saint-Esprit, Dieu l´accorde par l´imposition des mains et la prière d´un apôtre. Il convient de faire la distinction entre le Saint-Esprit, don de Dieu, et le Saint-Esprit, Personne de la divinité. (3.5.2)

Aux temps vétérotestamentaires, le Saint-Esprit remplissait l´être humain épisodiquement seulement et ne restait pas à demeure en lui, sous la forme d´un don sacramentel, comme c´est le cas sous la Nouvelle Alliance. (3.5.3)

Des exemples de l´activité du Saint-Esprit sont parvenus jusqu´à nous du temps de Moïse et de celui des juges et des rois en Israël ; le Saint-Esprit agissait aussi à travers les prophètes. (3.5.3.1; 3.5.3.2)

3.5.4 Jésus-Christ promet la venue du Saint-Esprit Retour en haut de page

Avant de retourner auprès de son Père, Jésus-Christ a annoncé à ses apôtres la venue du Saint-Esprit, du « Consolateur », de « l´Esprit de vérité ». Il a également promis que le Saint-Esprit serait l´assistance divine et la puissance d´en haut transmise aux siens.

Jésus a encore dit que son départ de ce monde était la condition préalable à la venue du Saint-Esprit en qualité de consolateur (Jn 16 : 7). De même, la transmission du Saint-Esprit sous la forme de don a seulement pu avoir lieu après que Christ avait été glorifié par sa mort, sa résurrection et son retour auprès du Père (Jn 7 : 39).

3.5.4.1 Le Consolateur Retour en haut de page

Jésus-Christ assiste les siens et intercède en leur faveur (Mt 28 : 20 ; 1 Jn 2 : 1). Dans ses discours d´adieux qui ont précédé son arrestation et sa crucifixion, il a promis la venue d´un autre consolateur, le « Paraclet » (du grec « parakletos » : « soutien, intercesseur, défenseur ou consolateur) : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu´il demeure éternellement avec vous [...]. Mais le consolateur, l´Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jn 14 : 16.26). Le Saint-Esprit est cet « autre » consolateur et soutien qui reste dans l´Église. Il rend témoignage de Jésus-Christ et le glorifie (Jn 16 : 14).

Depuis l´ascension du Seigneur et l´effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte, ce dernier entretient l´Évangile parmi les imitateurs de Christ et les assiste (Mt 10 : 19-20).

3.5.4.2 L´Esprit de vérité Retour en haut de page

Jésus-Christ a aussi appelé l´Esprit-Saint « l´Esprit de vérité » (Jn 15 : 26). Cet Esprit met en évidence ce qui est agréable à Dieu et ce qui est contraire à sa volonté : « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement » (Jn 16 : 8). Le Saint-Esprit révèle ce qui vérité et ce qui est mensonge (Ac 13 : 9-10).

Au cours de son ministère public, le Seigneur n´a pas révélé de manière exhaustive toute la vérité et tout le cours de l´histoire de la rédemption, mais il a évoqué des révélations ultérieures du Saint-Esprit : « J´ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l´Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu´il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir » (Jn 16 : 12-13). C´est de cette manière que le Saint-Esprit continue d´agir actuellement (cf. 1.3).

Tout ce que l´Esprit de vérité révèle a trait à la nature et à l´œuvre de Christ. C´est ainsi qu´il atteste que le Fils de Dieu est Seigneur (1 Co 12 : 3) ; il professe que Jésus-Christ est venu en chair (1 Jn 4 : 2) et transmet la connaissance que celui-ci est le Fils qui procède du Père et qu´il reviendra.

3.5.4.3 La puissance d´en haut Retour en haut de page

Avant son ascension, le Seigneur ressuscité a promis à ses apôtres : « Et voici, j´enverrai sur vous ce que mon Père a promis ; mais vous, restez dans la ville jusqu´à ce que vous soyez revêtus de la puissance d´en haut » (Lu 24 : 49). Par ces mots, il annonçait l´effusion du Saint-Esprit, comme Dieu l´avait déjà promise par la bouche du prophète Joël (Joë 2 : 28-29). Cette promesse s´est réalisée à la Pentecôte, marquant aussi le début du ministère public des apôtres.

L´expression : « puissance d´en haut » (du grec : « dynamis » = force) évoque l´activité du Saint-Esprit qui remplit, anime et fortifie, et renvoie à une intervention puissante de Dieu. Comme le Père et le Fils se révèlent dans le monde historique, la révélation de Dieu dans le Saint-Esprit a lieu à la Pentecôte, sous la forme d´un événement de l´histoire de la rédemption. Le Saint-Esprit conforte l´Église de Christ dans ses efforts en vue de mener une vie agréable à Dieu et de se préparer de cette sorte au retour de Christ.

EN BREF Retour en haut de page

Jésus-Christ, qui assiste ses disciples et intercède en leur faveur, a promis un autre consolateur. Celui-ci témoigne de lui et le glorifie ; il entretient l´Évangile parmi les imitateurs de Christ et assiste l´Église. (3.5.4; 3.5.4.1)

Jésus-Christ a désigné le Saint-Esprit comme étant « l´Esprit de vérité ». Le Saint-Esprit révèle ce qui est vérité et ce qui est mensonge. (3.5.4.2)

Jésus a annoncé des révélations futures du Saint-Esprit qui ont toutes trait à la nature et à l´œuvre de Jésus-Christ. (3.5.4.2)

L´expression : « puissance d´en haut » renvoie à l´intervention puissante de Dieu à travers l´activité du Saint-Esprit. (3.5.4.3)

La révélation de Dieu dans le Saint-Esprit a eu lieu à la Pentecôte. Elle marque le début du ministère public des apôtres. (3.5.4.3)

3.5.5 Le Saint-Esprit et l´Église Retour en haut de page

Les épîtres néotestamentaires parlent de la présence du Saint-Esprit dans les communautés de l´Église chrétienne primitive. Jésus-Christ a promis à ses disciples la venue du Saint-Esprit en qualité de soutien et de consolateur, et il l´a envoyé. L´Église est qualifiée de « maison de Dieu », d´ « habitation de Dieu » ou de « temple de Dieu » (1 Ti 3 : 15 ; Ep 2 : 22 ; 2 Co 6 : 16).

Sous l´Ancienne Alliance, le temple était la résidence de Dieu parmi son peuple (1 R 8 : 13). Cette image est reprise dans le Nouveau Testament pour montrer la présence durable de Dieu et, par là-même, la présence du Saint-Esprit dans l´Église. Il incombe aux fidèles de s´édifier, comme des pierres vivantes, pour former une maison spirituelle (1 Pi 2 : 5).

3.5.5.1 L´effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte Retour en haut de page

L´effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte révèle que Dieu est trine : il est Père, Fils et Saint-Esprit (cf. 3.1.1). Envoyé par le Père et le Fils, le Saint-Esprit a rempli les apôtres et tous ceux qui étaient avec eux.

L´Église de Christ (cf. 6.4.2) devient ainsi expérimentable dans l´histoire. Cet événement montre que le Saint-Esprit est la condition nécessaire à l´existence de l´Église : L´Église et le Saint-Esprit sont indissociables.

Dans les communautés dirigées par des apôtres, le Saint-Esprit est présent à demeure ; elles sont emplies de la vie divine qui se manifeste dans l´activité et la parole des apôtres, et qui doit aussi transparaître dans les paroles et les actes de chaque croyant (Ro 8 : 14).

Par la réception du don du Saint-Esprit, l´être humain, devenu enfant de Dieu, est en communion avec la Trinité divine. Lors du retour de Christ, cette communion parviendra à sa perfection pour tous ceux qui seront enlevés vers le Seigneur.

3.5.5.2 L´activité du Saint-Esprit dans les sacrements Retour en haut de page

L´efficacité salvifique inhérente aux sacrements est fondée sur le fait que les trois Personnes divines agissent en eux.

Le Saint-Esprit est, par conséquent, aussi la force agissante dans le saint baptême d´eau : Dieu (le Père, le Fils et le Saint-Esprit) fait sortir le candidat au baptême de son éloignement d´avec lui (cf. 8.1).

La consécration du pain et du vin pour la sainte cène est possible seulement parce que le Saint-Esprit agit dans cet acte : la puissance du Saint-Esprit crée une réalité divine au moyen de paroles prononcées par un homme. Une sainte cène pleinement valable, c´est-à-dire la véritable présence du corps et du sang de Christ, est possible à la condition qu´elle soit portée par la puissance du Saint-Esprit et que la consécration des espèces de la sainte cène soit faite par mandat de l´apôtre (cf. 8.2.12).

La transmission du don du Saint-Esprit par les apôtres a lieu par le sacrement du saint-scellé, qui est le baptême de l´Esprit. L´être humain y reçoit le don de la puissance, de la vie et de l´amour de Dieu. Par la régénération d´eau et d´Esprit, le Saint-Esprit opère l´installation à demeure de Dieu dans l´homme (Ro 8 : 9).

3.5.5.3 L´activité du Saint-Esprit dans l´apostolat Retour en haut de page

Les apôtres exercent leur ministère dans la puissance du Saint-Esprit. L´activité du Saint-Esprit confère une autorité particulière à leurs actes. Cela se manifeste à l´évidence dans la véritable administration et dispensation des sacrements, dans la véritable proclamation de l´Évangile sur la base de l´Écriture sainte, dans l´entretien de la promesse du retour de Christ et, par là, dans la préparation de son Épouse en vue de son retour. A travers les apôtres actuels, le Saint-Esprit œuvre dans la même plénitude qu´au temps des premiers apôtres.

EN BREF Retour en haut de page

Le Saint-Esprit était présent dans les communautés de l´Église primitive. L´Église est désignée par les termes de « maison de Dieu », « habitation de Dieu » ou « temple de Dieu » qui illustrent la présence du Saint-Esprit dans l´Église. (3.5.5)

Le Saint-Esprit est la condition nécessaire à l´existence de l´Église : L´Église et le Saint-Esprit sont indissociables. (3.5.5.1)

La transmission du don du Saint-Esprit par les apôtres a lieu par le sacrement du saint-scellé, qui est le baptême de l´Esprit. Le Saint-Esprit est aussi la force agissante dans les sacrements du saint baptême d´eau et de la sainte cène. (3.5.5.2)

Les apôtres exercent leur ministère dans la puissance du Saint-Esprit. (3.5.5.3)