Catéchisme

13 Le chrétien néo-apostolique et sa vie dans la foi

13.1 La prière Retour en haut de page

Dans de nombreuses religions, les prières expriment l´attachement à un être supérieur. D´une manière générale, la prière est une expression de la piété.

Pour le chrétien, la prière est une possibilité offerte par Dieu à l´homme d´entrer en contact avec lui. En priant, le croyant fait l´expérience suivante : Dieu est présent, il m´entend, il me répond. Dans cette démarche, l´homme croyant s´incline humblement devant la majesté et l´amour de Dieu. Il existe un rapport étroit entre la prière et l´Esprit-Saint (Ro 8 : 26).

Dans l´Ancien et le Nouveau Testament, la prière est l´expression orale de la foi en ce Dieu qui s´est révélé comme étant le Créateur, le Conservateur et le Rédempteur. C´est Dieu qui s´est adressé en premier à l´homme, et c´est pourquoi la prière est toujours réponse de l´homme à la parole qui émane de Dieu.

La représentation imagée de la prière comme étant la « respiration de l´âme » montre la nécessité de la prière pour l´entretien de la foi. Une foi sans prière n´est pas vivante. Prier, c´est exprimer son amour et son respect pour Dieu. Le priant adresse ses suppliques à Dieu, animé de la certitude que le Tout-Puissant disposera toute chose en vue de son bien et de son salut.

13.1.1 La prière dans l´Ancien Testament Retour en haut de page

En Genèse 4 : 26 figure une première indication biblique au sujet de la prière : « C´est alors que l´on commença à invoquer le nom de l´Eternel. » Est mise ainsi en évidence une caractéristique dès lors propre à toute prière : L´homme s´adresse à Dieu et l´appelle, animé de la foi ferme que Dieu l´entend.

Une exhortation est lancée en Psaumes 95 : 6 : « Adorons ! » (Bible Darby). De nombreux hymnes et psaumes vétérotestamentaires témoignent de cette adoration ; citons, pour l´exemple, le cantique de Moïse : « Car je proclamerai le nom de l´Eternel. Rendez gloire à notre Dieu ! Il est le rocher ; ses œuvres sont parfaites, Car toutes ses voies sont justes ; C´est un Dieu fidèle et sans iniquité, Il est juste et droit » (De 32 : 3-4).

« Louez l´Eternel ! Louez l´Eternel, car il est bon, Car sa miséricorde dure à toujours ! » (Ps 106 : 1). On rend grâces au Dieu éternel dans la prière, en le louant et en le célébrant.

« O Dieu ! crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé. Ne me rejette pas loin de ta face, ne me retire pas ton Esprit saint. Rends-moi la joie de ton salut, et qu´un esprit de bonne volonté me soutienne ! » (Ps 51 : 12-14) : outre celles qui concernent la vie terrestre, de telles demandes précisément témoignent de ce qui est important aux yeux du priant animé d´une grande foi.

« Moïse pria pour le peuple » (No 21 : 7), lorsque Dieu avait envoyé des serpents brûlants en réaction à l´insatisfaction des Hébreux. L´intercession est l´expression de l´amour du prochain et de la miséricorde.

Le livre des Psaumes reflète la richesse spirituelle de la prière vétérotestamentaire qui annonce déjà la prière néotestamentaire. La prière d´Anne en est un exemple : Elle implore Dieu de lui accorder un fils ; l´Écriture sainte dit qu´elle « répandait son âme devant l´Eternel » (1 S 1 : 15). La prière d´action de grâces qu´elle prononce après avoir été exaucée est un modèle de louange sincère de Dieu ; par sa teneur, elle se rapproche du « cantique de Marie », le « Magnificat » (1 S 2 : 1-10 ; Lu 1 : 46-55).

13.1.2 Jésus enseigne à prier Retour en haut de page

Par Jésus-Christ, la relation de l´homme à Dieu s´est fondamentalement modifiée. Sur la base de cette nouvelle relation, le Seigneur enseigne une manière de prier jusque- inconnue : C´est, d´une part, la prière de l´enfant qui parle avec Dieu, son Père céleste et aimant (Mt 6 : 9) et, d´autre part, la prière « en esprit et en vérité » (Jn 4 : 24).

Les disciples de Jésus étaient des Juifs pieux ; la démarche de la prière leur était ainsi familière, mais ils voulaient apprendre à prier comme lui. Aussi l´un d´eux lui a-t-il demandé : « Seigneur, enseigne-nous à prier » (Lu 11 : 1), ce sur quoi Jésus leur a appris le « Notre Père » (cf. 12.1.7).

Le Sermon sur la montagne comporte quelques indications au sujet de la prière (Mt 6 : 5-8) : il ne faut pas prier de manière ostentatoire ni multiplier les vaines paroles, car « votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. » La prière doit bien plutôt venir du cœur.

Dans trois paraboles, Jésus met en évidence des aspects importants de la prière : dans celle de l´ami importun, il montre qu´une prière insistante est efficace (Lu 11 : 5-10) ; celle de la veuve et du juge exhorte à la persévérance et à la patience dans la prière (Lu 18 : 1-8), tandis que celle du publicain et du pharisien montre l´importance de l´humilité lors de la prière (Lu 18 : 10-14).

En Luc 21 : 36, le Seigneur donne une indication au sujet de la prière en vue de son retour : « Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d´échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l´homme. » La vigilance est ainsi associée à la prière dans la perspective de l´avènement de Jésus-Christ.

13.1.3 Les prières de Jésus Retour en haut de page

L´Evangile selon Luc rapporte que Jésus a prié spécialement avant certains événements déterminants. Il a notamment prié

  • avant que le Saint-Esprit descende sur lui (Lu 3 : 21-22) ;

  • avant de choisir les douze apôtres (Lu 6 : 12) ;

  • avant de désigner Pierre comme étant le roc, sur lequel il bâtirait son Église (Lu 9 : 18-21 ; cf. Mt 16 : 13-20) ;

  • avant que le Père ne le glorifie sous les yeux de témoins d´ici-bas et de l´au-delà (Lu 9 : 28-36) ;

  • avant le début de ses souffrances amères (Lu 22 : 41-46) ;

  • avant de mourir à la croix (Lu 23 : 46).

Les Évangiles attestent la richesse des prières de Jésus : il s´est souvent retiré à l´écart pour dialoguer avec son Père (p. e. Mt 14 : 23 ; Mc 1 : 35). Il le louait (Mt 11 : 25-27) et le remerciait avant même d´avoir été exaucé par lui (Jn 11 : 41-42).

En Jean 17 est consignée sa prière sacerdotale. L´intercession en faveur des apôtres et de l´ÉgliseCe n´est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un » - Jn 17 : 20-21) montre comment Jésus-Christ se fait notre avocat devant son Père céleste (1 Jn 2 : 1).

Jésus a prié avant ses souffrances. S´agenouillant, il s´est soumis humblement à la volonté de son Père : « Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. » Cette prière était un combat de l´âme, et Dieu n´y est pas passé outre : un ange est venu fortifier Jésus (Lu 22 : 41-44). Même attaché à la croix, il a encore prié pour ses bourreaux (Lu 23 : 34), et ses dernières paroles avant de mourir étaient encore une prière : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Lu 23 : 46).

13.1.4 La prière des premiers chrétiens Retour en haut de page

Le passage en Actes 4 : 23-31 donne un aperçu de la ferveur des prières dans les communautés chrétiennes primitives. Dès le début, les premiers chrétiens cultivaient la pratique des prières communes (Ac 1 : 14). Il est fait mention de prières ferventes dans le contexte d´événements majeurs comme, par exemple, lors de l´élection de Matthias à l´apostolat ou lors de l´institution des sept premiers diacres (cf. 7.5) ; les apôtres confrontés à des situations périlleuses faisaient aussi l´objet de prières ardentes (Ac 1 : 24-25 ; 6 : 6 ; 12 : 12).

Les épîtres des apôtres soulignent l´importance de la prière (Ja 5 : 15-16). Les apôtres rappelaient qu´ils priaient pour les communautés (Ep 1 : 16-23) et exhortaient les fidèles à persévérer dans les prières (1 Th 5 : 17).

Il ressort, du passage en I Timothée 2 : 1 que les prières des fidèles devaient inclure tous les hommes : « J´exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes. »

13.1.5 La prière des chrétiens néo-apostoliques Retour en haut de page

La prière en commun au cours du service divin joue un rôle essentiel : Après l´invocation trinitaire de Dieu, débute la prière introductive, dans laquelle sont exprimées l´adoration, la louange et l´action de grâces pour la protection et l´accompagnement divins, les demandes et les intercessions. La prière du Fils de Dieu, le « Notre Père », est récitée par toute l´assemblée. Avant la consécration des hosties est prononcée la prière d´actions de grâces, qui exprime la reconnaissance pour le sacrifice de Christ, le pardon des péchés, l´envoi des apôtres et la promesse du retour de Christ. La prière finale du service divin comporte l´action de grâces à Dieu pour tout ce qu´il a accordé à l´assemblée au cours du service divin et la demande de sa protection et de sa présence aux côtés des fidèles sur toutes leurs voies ; elle exprime leur désir ardent de voir poindre le jour du Seigneur ; des intercessions y sont faites pour les fidèles et pour tous les hommes, et, de surcroît, y sont implorés l´agrément des sacrifices et la bénédiction de ceux qui les ont consentis.

Outre les prières communes au cours des services divins, les chrétiens néo-apostoliques prient aussi à titre individuel. Ils débutent et terminent chaque journée par la prière ; ils prient aussi avant chaque repas. Au long de la journée, ils s´adressent régulièrement à Dieu pour sentir sa présence et chercher son secours. Dans les familles, les parents prient avec leurs enfants, les initiant ainsi à avoir leur propre vie de prière.

Il n´y a pas de forme imposée pour la prière ; néanmoins, elle peut gagner en ferveur notamment quand on ferme les yeux, quand on joint les mains ou que l´on s´agenouille. Ce faisant, le priant s´isole de l´agitation du quotidien, marque une pause et se prosterne humblement devant Dieu.

Il n´est pas nécessaire de prier en termes choisis ; Dieu connaît le cœur de celui qui prie. Si la disposition de ce dernier est faite d´humilité, de foi, de confiance et d´amour pour lui, le Tout-Puissant prend plaisir à sa prière. Le priant n´a pas besoin de s´exprimer à voix haute ; même les prières silencieuses parviennent jusqu´à Dieu.

D´une manière générale, la prière se compose de l´adoration, d´actions de grâces, de demandes et d´intercessions. Le fait d´avoir conscience de la majesté de Dieu et de la grâce de pouvoir l´appeler son Père (Ro 8 : 15) incite le priant à adorer Dieu. Ses actions de grâces incluent tout ce qui procède de la bonté de Dieu, notamment et surtout les grandes choses que Dieu a faites et continue de faire à l´égard de l´homme par l´efficacité de sa parole, de sa grâce et des sacrements. On le remerciera de surcroît pour tous ses dons terrestres tels que la nourriture, le vêtement, le toit ainsi que la protection de ses anges. Dans ses demandes, le priant soumet à Dieu toutes ses préoccupations et l´implore de le garder dans la foi et de l´aider au quotidien. La demande le plus importante porte sur le proche retour de Christ et sur la dignité qu´il requiert. Les intercessions ne se limitent pas aux besoins de la famille ou de la communauté, mais incluent tous ceux qui ont besoin de l´aide de Dieu, que ce soit ici-bas ou dans l´au-delà.

Chaque prière ne doit pas nécessairement se composer de ces quatre éléments : Dieu entend aussi le soupir que nous arrache une situation particulière, à laquelle nous sommes confrontés. Les dépressions, les états d´angoisse, les douleurs physiques ou une tristesse profonde peuvent nous empêcher d´ordonner nos pensées en vue de formuler une prière ; pour autant, Dieu ne prive pas le priant de son aide et de sa proximité. À ce sujet, il est dit, en Romains 8 : 26 : « De même aussi l´Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu´il convient de demander dans nos prières. Mais l´Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. » Dans semblable situation, le fait de dire le « Notre Père » ou un psaume, par exemple le Psaume 23, peut aussi s´avérer d´une grande utilité.

La prière s´achève par le mot hébreu : « Amen », qui signifie : « Ainsi soit-il ». Que l´on ait prononcé sa propre prière ou accompagné en esprit la prière de quelqu´un d´autre importe peu.

13.1.6 Les effets de la prière Retour en haut de page

Le fait de prier sciemment permet à l´homme de prendre conscience de son entiére dépendance de Dieu. La disposition du priant se caractérise par une confiance d´enfant, l´humilité et la crainte de Dieu ; elle s´exprime notamment dans des formulations comme : « ... au nom de Jésus... »

L´exaucement d´une demande formulée lors d´une prière fortifie la foi et augmente la reconnaissance du priant. Celui-ci fait cependant aussi l´expérience que toutes ses prières ne sont pas exaucées, mais cela n´entame pas sa confiance : il reste animé de la certitude que Dieu entend chacune de ses prières et qu´en fin de compte, il dispose toute chose pour le bien de ceux qui l´aiment (Ro 8 : 28).

EN BREF Retour en haut de page

La prière est la réponse de l´homme à la parole qui émane de Dieu. En priant, le croyant vérifie que Dieu est présent, qu´il écoute et qu´il répond. (13.1)

Les psaumes livrent un témoignage majeur de la prière vétérotestamentaire ; s´y expriment l´adoration de Dieu, l´action de grâces, la demande et l´intercession. (13.1.1)

Jésus-Christ a enseigné à prier comme un enfant qui s´adresse à Dieu en lui disant : « Père », et aussi à le faire « en esprit été en vérité. » La prière du « Notre Père », qu´il a enseignée, est le modèle de la prière du chrétien. (13.1.2)

Les Évangiles témoignent de la richesse des prières de Jésus. Jean 17 rapporte la prière sacerdotale, dans laquelle Jésus a intercédé en faveur des apôtres et de l´Église. (13.1.3)

Dès le début, les premiers chrétiens ont cultivé les prières communes. (13.1.4)

Outre les prières communes qui émaillent le service divin, le chrétien néo-apostolique pratique les prières individuelles. (13.1.5)

La teneur de la prière est l´adoration, l´action de grâces, la demande et l´intercession. La demande la plus importante est celle qui concerne le proche retour de Jésus-Christ et la dignité requise par cet événement. (13.1.5)

13.2 L´esprit de sacrifice Retour en haut de page

Par « esprit de sacrifice », on entend la disposition intérieure de l´homme à mettre ses forces et ses dons au service d´autrui, en renonçant totalement ou partiellement à ses propres intérêts.

La notion de « sacrifice » recouvre différents aspects. Sont généralement appelés « sacrifices » les offrandes faites à un être supérieur ou encore les actes accomplis par des personnes qui se dévouent pour autrui. Donner de l´argent pour des œuvres religieuses, c´est aussi consentir un sacrifice.

Le sacrifice est expression de vénération de Dieu, de reconnaissance, de don de soi et de dévouement.

13.2.1 Du culte sacrificiel vétérotestamentaire à la consécration de la vie à Dieu Retour en haut de page

Les sacrifices et le culte sacrificiel ont joué un rôle capital dans la plupart des religions de l´Antiquité, y compris dans le judaïsme. Les sacrifices visaient à gagner les faveurs de la divinité, à détourner les châtiments et à créer la réconciliation. Les sacrifices étaient consentis sous toutes sortes de formes.

Les premiers sacrifices évoqués dans la Bible sont consentis par les fils d´Adam et d´Ève : Caïn offre des fruits de la terre et Abel tue des animaux de son troupeau (Ge 4 : 3-4). Dieu considère les deux hommes et leurs sacrifices : il approuve l´offrande qu´Abel lui a faite dans un acte de foi et rejette Caïn et son sacrifice ( 11 : 4 et Ge 4 : 4-5). Dieu ne prend donc pas plaisir à tout sacrifice ; ce qui est déterminant pour qu´il agrée un sacrifice, c´est la disposition de celui qui le lui consent.

La loi mosaïque prescrivait un culte sacrificiel complexe et strictement ritualisé qui se composait d´holocaustes, d´offrandes et de libations, de sacrifices d´actions de grâces et de sacrifices expiatoires et de culpabilité offerts à Dieu ( 1 à 7). Outre les sacrifices quotidiens du matin et du soir, les sacrificateurs offraient, certains jours de l´année, des sacrifices pour le peuple qui servaient à couvrir les péchés du peuple d´Israël. À côté de ces sacrifices, il y avait aussi des sacrifices que l´individu offrait à diverses fins, par exemple pour des péchés involontaires ( 4 sqq.) ou pour les souillures du corps ( 15 : 14 sqq.)

Tout ce culte sacrificiel de l´Ancien Testament, déterminé selon la volonté de Dieu, est devenu définitivement caduc à la suite du sacrifice de Christ ( 8 - 10 : 18).

Sous la Nouvelle Alliance, les sacrifices prennent une autre dimension. Ainsi l´apôtre Paul exhorte-t-il les chrétiens à offrir leurs « corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu » (Ro 12 : 1). Il s´agit donc de mener sa vie conformément aux exigences de l´Evangile : Le chrétien consacre sa vie entière à Dieu.

13.2.2 Jésus-Christ, le modèle de l´esprit de sacrifice Retour en haut de page

La conception du sacrifice exposée en Romains 12 : 1 est à considérer à la lumière du fait que Jésus-Christ a offert son corps en sacrifice, c´est-à-dire qu´il s´est donné soi-même en offrande et en sacrifice, par amour pour les hommes (Ep 5 : 2 ; 10 : 10). Aux yeux du croyant, le sacrifice de Jésus est saint et incomparable. Il sait que seul le sacrifice de Christ a des effets salvifiques.

Quand bien même aucun autre sacrifice ne saurait être comparé avec celui du Seigneur, l´esprit de sacrifice dont il a fait preuve tient lieu de modèle à imiter.

Dès avant ses souffrances et sa mort, l´esprit de sacrifice de Christ s´est révélé dans son humiliation de soi-même (Ph 2 : 6-8). Son amour et son dévouement s´étaient déjà manifestés dans le fait qu´il avait quitté la gloire auprès de son Père, qu´il s´était dépouillé de sa divinité pour s´abaisser à revêtir la nature humaine. L´apôtre Paul fait de cette disposition la ligne de conduite pour tout chrétien : « Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l´humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres » (Ph 2 : 3-4). Or, cela exige un esprit de sacrifice qui doit aussi transparaître dans la vie des communautés et de l´Église.

13.2.3 Un esprit de sacrifice dicté par la foi, la reconnaissance et l´amour Retour en haut de page

Dans son sens chrétien, le sacrifice n´est pas un devoir accompli sous la contrainte ; il ne doit pas non plus être consenti dans l´attente d´une contrepartie, mais volontairement, dans une démarche de foi, de reconnaissance et d´amour. Si on le consent dans cette disposition, le sacrifice, même s´il exige un grand engagement, n´est plus perçu comme tel. Il arrive donc souvent que les croyants ne considèrent pas comme étant un fardeau, mais plutôt comme étant un privilège le fait de mettre leurs dons et forces au service du bien de l´Église et du prochain.

L´esprit de sacrifice procède de l´amour. Si la disposition à consentir des sacrifices est sous-tendue par l´amour, on accomplit la volonté de Dieu et on agit dans l´esprit de Jésus.

Partager ce que l´on a reçu, sous forme de dons matériels ou immatériels, c´est signifier sa reconnaissance et son amour. En Hébreux 13 : 16, on lit l´exhortation suivante : « Et n´oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c´est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir. »

L´esprit de sacrifices s´exprime de multiples manières. Une grande partie des activités de la communauté est possible grâce à l´esprit de sacrifice de ses membres qui agissent par conviction et amour pour Dieu et son Œuvre. De nombreux frères et sœurs en la foi mettent ainsi, sans dédommagement, une partie non négligeable de leur temps de loisirs, de leurs forces et de leurs talents au service de Dieu et de la communauté des fidèles : beaucoup d´entre eux s´investissent dans les activités musicales et pédagogiques de l´Église, d´autres se chargent d´entretenir les abords et l´intérieur des églises, de décorer l´autel et d´exécuter d´autres tâches encore. À peu d´exceptions près, les ministres de l´Église œuvrent bénévolement ; les services divins, les dispensations des sacrements et des bénédictions ainsi que les cérémonies funèbres sont assurés gratuitement. Les familles et les malades font l´objet d´un suivi régulier, et une attention particulière est accordée aux personnes âgées, handicapées et vivant seules. C´est une manière de mettre en œuvre le double commandement de l´amour.

Par ailleurs, il faut aussi répondre à l´appel de pratiquer le bien envers les frères et sœurs confrontés à la détresse (Ga 6 : 10). Quant à l´amour du prochain, il incite à assister toute personne en détresse (Mt 25 : 34-46) et à apporter de l´aide en cas de catastrophe ; cela peut aussi se faire sous forme de dons en argent et en nature. Les organisations d´aide, soutenues par l´Église dans le cadre de ses responsabilités dans le domaine social, et au travers desquelles elle fournit des secours d´urgence à l´échelle mondiale, sont aussi financées, par principe, par des contributions bénévoles.

Pour les chrétiens néo-apostoliques, l´esprit de sacrifice est une affaire de cœur. Le fidèle a à cœur d´exprimer sa reconnaissance à Dieu et son amour pour lui au moyen de dons concrets (des offrandes), que ce soit de l´argent ou des produits de la terre. Pour cette démarche, il peut se référer à la « dîme » dont il est question en Malachie 3 : 10. D´ordinaire, l´offrande est déposée dans les troncs disposés à cet effet lors des services divins et des autres manifestations de l´Église ou virée sur des comptes bancaires de l´Église. Dans beaucoup de régions, les fidèles consentent une offrande spéciale à l´occasion du dimanche d´actions de grâces.

Tous ces moyens financiers sont offerts librement et, la plupart du temps, anonymement. Grâce à ces dons, l´Église peut régler toutes ses dépenses sans recourir à un impôt cultuel ou réclamer une cotisation à ses membres. L´offrande est une expression de reconnaissance envers Dieu et une contribution à l´édification et à l´achèvement de son Œuvre.

En matière de sacrifices, c´est la disposition du donateur qui importe. Un jour, Jésus « vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc. Il vit aussi une pauvre veuve, qui y mettait deux petites pièces. Et il dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres ; car c´est de leur superflu que tous ceux- ont mis des offrandes dans le tronc, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu´elle avait pour vivre » (Lu 21 : 1-4).

Au sens plus large, un autre sacrifice que peuvent consentir les croyants consiste à offrir leur cœur : il faut comprendre par l´engagement de tous leurs dons et forces ainsi qu´une entière confiance en Dieu. Dans certains cas, c´est aussi un sacrifice que de soumettre sa propre volonté à celle de Dieu. Ce sont des « victimes spirituelles » que l´apôtre Pierre appelait à offrir (1 Pi 2 : 5). Par-delà toutes ces choses, les fidèles consacrent beaucoup de temps et de forces au service de Dieu et de son Œuvre et s´imposent ainsi maints renoncements. En conclusion, on peut dire que tout ce que le croyant fait par amour pour Dieu ou tout ce à quoi il renonce pour lui est un sacrifice.

13.2.4 Sacrifice et bénédiction Retour en haut de page

Dieu prend plaisir aux sacrifices qui lui sont consentis dans la bonne disposition de cœur. Une bénédiction y est liée. « Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment. Que chacun donne comme il l´a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. Et Dieu peut vous combler de toutes ses grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre » (2 Co 9 : 6-8). De ces paroles, on peut déduire que les sacrifices n´entraînent pas nécessairement une bénédiction matérielle perceptible. La foi permet de reconnaître que les sacrifices consentis d´un cœur pur entraînent une bénédiction, même